BOT. MED
primé, rousslilre, indéhiscent, membraneux. Graines oblongues, un peu arquées, à surface rugueuse, bosselée, balsamifère.
2° Baume de Toi.u (I). — On le retire par des incisions faites au tronc de l’arbre. On l’enferme dans des calebasses ou dans des boîtes cylindriques de fer-blanc.
Fig. 102. — Myrosperme baumier.
Ce baume est solide, cassant, mou. Quand la température s’élève, il coule comme de la poix. 11 est imparfailement transparent et roussâtre.
11 est composé de résine, d’huile volatile, d’acide benzoïque (Kopp). Sa résine est formée de deux résines : l’une qui fond à -|- 60°, et qui est très-soluble dans l’alcool ; l’autre qui ne fond qu’au-dessus de 100°, et qui est peu soluble dans l’alcool.
(I) Officin. , Balsamum Tolutanum, Balsamum solidum; -vulgairement Baume d’ Amérique, Baume de Carthagène, Baume sec, Baume dur.
BAUME DU PÉROU. 3t>3
3° Propriétés et usages. — Son odeur est Irès-suave. Sa saveur est âcre et balsamique.
Ce baume est un médicament stimulant. On en fait usage surtout dans les catarrhes pulmonaires chroniques et les phlegmasics anciennes du larynx.
Ou l’administre en pilules, en tablettes, en cigarettes, en sirop, en teinture, en crème pectorale. On en forme aussi des clous fumants.
§ IB. — Un ICitnnic «lu Pérou.
1° Plantes. — Deux autres espèces de Myrospermes fournissent cette seconde sorte de baume : 1° le Myrosperme pubescent (t), 2° le Myrosperme péruifère (2). La première espèce se trouve près de Carthagène, et la seconde dans le Pérou, la Nouvelle- Grenade, la Colombie et près de Mexico.
Caractères. — Ces deux Myrospermes diffèrent du Baumier : le Myrosperme pubescent, par des rameaux et des pétioles velus, et par des feuilles presque membraneuses, pubescenles en dessous ; le Myrosperme péruifère, par des rameaux et des pétioles glabres et par des feuilles coriaces, non pubescenles.
2° Baumes (3). — On connaît deux baumes du Pérou , le mou et le sec.
Le premier, appelé baume de San-Salvador (4), est celui du Myrosperme pubescent. Il offre la consistance d’un sirop épais et une couleur d’un brun rouge très-foncé. Il est composé d'une huile particulière, de résine, d’acide benzoïque, d’une matière extractive (Stolze).
Le baume du Pérou sec (5) est celui du Myrosperme péruifère. 11 est solide, d’un blond rougeâtre ou brunâtre et d’une cassure comme cristalline. 11 paraît plus rare que le précédent. Il est contenu dans de petits cocos du poids de 120 à 200 grammes, fermés souvent avec un morceau de rachis de maïs.
3° Propriétés et usages. — Odeur aromatique 'assez forte dans les deux espèces, très-agréable dans la seconde. Saveur âcre, amère et presque insupportable dans le baume mou; peu âcre, douce et parfumée dans le baume sec.
(t) Myrospermùm pubescens DC. [Myroxylon pubescens Kunlh).
(2) Myrospermùm peruiferum DC. [Myroxylon peruiferum Linn. f., M. pedicellatum Lam.).
(3) Officin., Balsamum Peruvianum.
(4) Officin., Balsamum fuscum, Balsamum nigrum ; vulgairement Baume liquide du commerce.
(5) Vulgairement Baume du Pérou en coco.
Les propriétés de ces baumes sont à peu près les mômes que celles du baume de Tolu ; mais on s’en sert plus rarement.
§ 111.— Un Liquiilanibar.
1° Plante. — Le genre Liquidambar, auquel appartient l’arbre qui fournit cet autre baume , est un ancien genre qui a des rapports avec les Platanées. 11 offre pour caractères : Des fleurs monoïques, les mâles formant de petites grappes rameuses sans calice, ni corolle, avec un grand nombre d’étamines; les femelles composant des chatons globuleux très-denses. Leur calice est évasé, gamosépale, tronqué et inégal; il renferme deux ovaires uniloculaires soudés inférieurement, portant chacun un long style et un stigmate recourbé. Le fruit se compose de deux carpelles secs, terminés par une longue pointe recourbée au sommet, uniloculaires et s’ouvrant par leur côté interne; ils contiennent plusieurs graines ailées.
L’espèce dont il va être question est désignée sous le nom de Liquidambar d’Amérique (1). Elle croît dans la Louisiane, la Floride et le Mexique.
Description. — Le Liquidambar d’Amérique est un grand arbre qui ressemble à un Érable. Ses rameaux sont rougeâtres pendant leur jeunesse ; ses feuilles fasciculées ou alternes, pétiolées, palmées à 5 ou 7 lobes divergents, allongés, très-pointus, finement dentés, verts des deux côtés et un peu visqueux. Dans l’aisselle des nervures se trouvent des poils abondants. Les grappes florales sont plus courtes que les feuilles. Fruits hérissés de pointes.
2° Baume. — On connaît deux sortes de liquidambars : t° le liquide , 2° le mou.
1° Le liquidambar liquide (2) s’obtient par des incisions faites à l’arbre. Le baume est reçu immédiatement dans des vases.
11 a la consistance d’une huile épaisse. Il est transparent et d’un jaune d’ambre ; il contient une grande quantité d’acides benzoïque et cinnamique.
2° Le liquidambar mou (3) est retiré de l’écorce où il s’est épaissi, ou du fond des vases contenant l’autre variété, dans lesquels il s’est déposé.
11 est opaque et blanchâtre.
3° Propriétés et usages. — Odeur forte, moins sensible que
(1) Liquidambar styraciflua Liun.; vulgairement, au Mexique, Copalme.
(2) Officiu., Ambra liquida, huile de Liquidambar .
(3) Ofücin ..Liquidambar blanc.
BAUMES STORAX. 3<io
celle du précédent, parfumée. Saveur aromatique, d’abord assezdouce, puis âcre à la gorge.
11 est très- peu usité.
§ IV. — Du Styrax.
1° Plante. — Ce baume est fourni par une autre espèce de Liquidambar appelé oriental (t) ; celle-ci de l’Éthiopie et de l’Arabie.
Caractères. — Le Liquidambar oriental diffère de l’espèce précédente par des feuilles moins grandes, à lobes plus courts et moins pointus; elles n’ont pas de poils dans les aisselles des nervures. Les fruits sont plus petits et offrent moins de pointes.
2° Baume. — Le styrax, ou styrax liquide (2), s’obtient en faisant bouillir dans de l’eau de mer l’écorce du Liquidambar oriental. On recueille le baume qui vient nager à la surface (Petiver).
Le styrax a la consistance du miel : il est opaque, mat et d’un gris clair un peu brunâtre. 11 se forme souvent à sa surface une matière brune un peu luisante. L’alcool froid le dissout très-imparfaitement.
11 contient une matière particulière ( slyracine ).
3° Propriétés et usages. — Odeur forte, aromatique et peu agréable. Saveur prononcée, mais sans âcrelé.
Lepage lui attribue les mômes propriétés qu’au baume de copahu; il est peu employé.
On l’administre en bols, en pilules et en onguent.
§ V. — Du Storax.
1° Plante. — Ce baume est un produit de VAliboufier officinal (3), arbre qui croît dans l'Orient et dans le midi de l’Europe.
Nous devons dire toutefois que la plupart des storax que l’on trouve dans le commerce moderne ne proviennent pas de cet arbre ; mais on ignore leur origine.
Description. — VAliboufier s’élève de 5 à 9 pieds. Ses feuilles sont alternes, péliolées, ovales, entières, molles, pubescentes des deux côtés, mais surtout inférieurement. Les fleurs sont réunies par 3 ou 4 à l’extrémité des rameaux, formant des grappes simples plus courtes que les feuilles; elles ressemblent à celles de
(1) Liquidambar Orientalis Lion.
(?) Ofticin., Styrax liquidus , Occidentalis vel communis .
(3) Styrax officiant U Linn.; vulgairement Aliboufier , Aligoufier, Styrax officinal.
l’Oranger. Le calice est court, presque cupuliforme. La corolle est blanche et a 5 ou G lobes profonds et étroits. Les étamines sont au nombre de 10 à 16, et présentent des filets soudés par la base. Le fruit est globuleux, sec et tomenteux, à une seule loge ; il contient de 2 à 4 graines fauves.
2° Baume. — Le storax (I) est obtenu, soit en recueillant le baume qui s’écoule naturellement du tronc de l’arbre, soit des incisions qu’on y a pratiquées.
Ce baume est solide, mou ou cassant. On en distingue deux sortes, celui en larmes et celui en pains.
Le premier est probablement le baume qui s’écoule naturellement : ce sont de petits grains transparents. Le second est en masses, delà grosseur du poing, rougeâtres ou d’un rouge brun : c’est le baume produit artificiellement. Il a moins de pureté que le précédent.
3° Propriétés et usages. — Odeur forte et suave. Elle participe de celle du liquidambar et de celle de la vanille. Saveur douce, aromatique, un peu amère.
Ses propriétés sont celles des autres baume s. Il est stimulant. On le croyait bon contre la phthisie pulmonaire (Morton).
On l’administre en pilules et en fumigations. 11 entre dans la thériaque, le diascordium et 1 a mithridate . On s’en sert principalement à l’extérieur comme topique.
§ VI. — l9u Benjoin.
t° Plante. — On a ignoré pendant longtemps la véritable origine de ce baume. Commelin le croyait produit par un Laurier de la Virginie (2), et Lamarck par un Badamier de l’île Maurice (3). Tiryander a prouvé qu’on le retire d’une espèce d ’Aliboufier qu’il a nommée Aliboufier benzoin (4). Cet arbre croît dans les îles de la Sonde et dans la presqu'île de Malacca.
Caractères. — Y.’ Aliboufier benzoin diffère de Y Aliboufier officinal par ses feuilles oblongues, et non ovales, par sesgrappes composées, et non simples, plus longues que les feuilles, et non plus courtes.
(1) Offiein., Styrax calamite; vulgairement Styrax solide.
(2) Laurus Benzoin Lien. (/.. pseudobenzoin Midi.).
(3) TerminalicC Benzoin Linn. f. ( Croton Benzoe Linn. Mant., T erminalia angustifolia Jacq.).
(4) Styrax Benzoin Dryand .