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DES ESSENCES

t° Considérations générales. — Les essences (2) sont des sécrétions végétales qui se volatilisent sans décomposition à une température de 150 à 160 degrés. Leur couleur est variable et semble

(1) Officia., Benzoinum.

(2) Huiles essentielles ou volatiles.

dépendre des matières qu’elles tiennent en dissolution. La lumière augmente leur nuance et les altère.

A la température ordinaire, elles absorbent l’oxygène et forment souvent un peu d’acide carbonique. Elles sont très-inflammables et brûlent avec une flamme fuligineuse.

On peut en extraire les principes immédiats qui constituent les corps gras proprement dits.

Plusieurs laissent déposer des cristaux qui ont beaucoup de rapport avec le camphre.

On a distingué les essences en deux groupes : les liquides et les solides. Les premières, qui sont les plus nombreuses, ont reçu le nom d 'élœoptènes; les secondes sont dites stéuroptènes.

On a reconnu que les essences sont constituées par (rois sortes de mélanges : élœoptènes avec élœoptènes; élœoptènes avec stéaroptènes, et stéaroptènes dvec stéaroptènes. Il est souvent fort difficile de séparer ces différents composés les uns des autres, parce qu’ils ont une grande similitude de propriétés (Soubeiran).

La densité des essences est tantôt plus grande, tantôt plus faible que celle de l’eau ; elle varie de 0,739 à 1 ,096.

Quant à leur composition ultime, les essences peuvent être divisées en : t° hydrocarbonées, 2° oxygénées, 3° sulfurées.

Les essences hydrocarbonées existent dans le tissu végétal, tantôt sans mélange avec d’autres huiles essentielles (ex. : la térébenthine), tantôt mélangées avec des essences oxygénées (exemple : essence de girofle).

Les essences oxygénées semblent quelquefois des combinaisons d’eau et d’essence.

Les essences sulfurées présentent une odeur souvent désagréable (ex. : essence d’oignon).

Le mode d’extraction des essences varie suivant qu’elles sont légères ou pesantes.

On se sert pour les premières du récipient florentin. C’est un vase en forme de carafe, dont le col va en se rétrécissant. A la base, se trouve un bec qui s’élève le long du col principal, mais qui ne monte pas aussi haut que l’ouverture. On distille à la manière ordinaire. L’huile, plus légère que l’eau, se rassemble dansle col, et l’eau sort par le bec. M. Amblard a conseillé de fermer le col du récipient avec un bouchon traversé par un tube effilé à une extrémité. Cette extrémité plonge jusqu’au fond de la carafe. L'essence s’accumule dans ce tube, pendant que l’eau s’écoule par le bec. L’appareil de M. Amblard est bon surtout pour les distillations en petit. M. Desmarels a proposé un autre mode de récipient. 11 est

ESSENCES DE TEREBENTHINE.

formé d’une'éprouvellc olfranl à sa parlie inférieure un tube dirigé vers le haut, à peu près comme celui du récipient florentin. Ausommetde l’éprouvette, est placé un entonnoir avec un tube dont l’extrémité est brusquement courbée de bas en haut. L’essence reste à la parlie supérieure de l’appareil et ne va pas se mélanger à l’eau. « Cet appareil, dit M. Soubeiran, ne laisse rien à désirer, si l’on y ajoute une modification introduite par M. Méro, qui consiste à placer vers la partie supérieure de l’éprouvette un petit conduit, lequel verse ['essence dans un llacon au fur et à mesure qu’elle se produit. »

Pour la préparation des essences pesantes, on fait macérer pendant deux jours le végétal ou la parlie végétale coupée par morceaux, et l’on distille jusqu’à ce que le produit ne soit plus laiteux, ün laisse déposer l’huile qui surnage, et l’on redistille de nouveau. L 'essence ne surnage pas dans le récipient florentin; elle se précipite au fond.

Quelques huiles se retirent par simple expression.

2° Propriétés et usages. — Les essences répandent une odeur plus ou moins expansible, agréable ou désagréable. Leur saveur est àcre et forte.

On les emploie quelquefois en nature pour des frictions. On les applique d’autres lois sur les dents cariées. Plus généralement, on en met quelques gouttes dans de l’eau sucrée, dans des pastilles, des tablettes, ou simplement sur un morceau de sucre. On les introduit encore dans des sirops, des électuaires, des émulsions...

Les essencesétant très-nombreuses, je me bornerai à iraiterdes plus connues. Ce sont : 1° les essences de térébenthine, 2° les essences de Roses, 3° les essences d’Aurantiacées, 4° les essences d'Ombellifères, 5° les essences de Labiées, ü° l’essence de girofle, 7° l’essence de Cajeput (I ).

§ I. — Essences de Térébenthine.

1° Essences. — On a vu, dans l’avant-dernier chapitre, que les térébenthines sont des composésdc résine et d’essence (2). Al’aide de la distillation, on sépare ces deux produits. On place la térébenthine sans eau dans de grands alambics de cuivre munis d’un serpentin. L’essence passe dans le serpentin, et la résine reste dans l’alambic. Celle essence est hvdrocarburée.

(1) V essence d’amandes amères «'existant pas dans la graine, mais étant un produit obtenu par la réaction de la synaptase ou émulsine des amandes sur l’amygdaline, ne doit pas nous occuper.

(2) Yoy. page 353,

La térébenthine de Pin contient environ 12 pour 1 00 d’essence, celle de Mélèze de 18 à 20, et celle de Sapin de 32 à 33.

Cette essence est très-fluide, incolore. Elle offre un poids spécifique de 0,869. Elle se dissout en toutes proportions dans l’alcool anhydre.

2° Propriétés f.t usages. — Son odeur est forte et pénétrante. Sa saveur est chaude.

\j essence de térébenthine est très-employée en médecine. On s’en sert à l’extérieur et à l’intérieur.

On l’administre en bains de vapeur, en liniment, en mixture, en électuaire, en potion, en looch et en miel. Elle entre dans des lavements. On en prépare un éther [mixture de Durande ) et un gargarisme [gargarisme de Gedding).

3° Essences analogues. — D’autres Conifères (Abiélinées et Cupressinées) fournissent aussi des essences.

On en a retiré du Cèdre , du Genièvre commun et de la Sabine. Ce dernier arbrisseau en contient beaucoup : il en donne presque 50 pour 100 de son poids. Cette essence est très-fluide et se colore vite à l'air. Elle alamâmecomposilion que l 'essence de térébenthine .

§ II. — Esstncos de St oses.

Deux sortes d’essences sont dites essences de Roses, l’une qui est extraite des Roses, l’autre qu’on retire d’une plante voisine des Liserons. La première doit conserver le nom d’essence de Roses; la seconde pourrait s’appeler essence de Rhodorhize.

1° Essence de Roses proprement dite.

Cette essence est connue depuis longtemps. Cependant il n’en est pas fait mention dans les livres orientaux avant le xvue siècle. On prétend qu’elle a été découverte, vers 1602, par la princesse Nour-Djihan, femme du Grand Mogol, dans une promenadeavec l’empereur, sur le bord d’un canal rempli d’eaudistillée de Roses. Cette princesse vit nagera la surface une sorte d’huile qu’elle fit recueillir, etqu’on reconnut pour une essence extrêmement suave.

1° I’lantes. — Le genre Rosier, auquel appartiennent les plantes qui donnent cet te première essence, présenteles caractères suivants: Calice sans calicule, à tube urcéolé, étranglé supérieurement, s’accroissant beaucoup après lafécondation et devenant charnu, recouvert de poils roides intérieurement ; à limbe divisé en 5 lobes dont 2 pinnalipartits, un pi nnatiparli 1 d’un seul côté et 2 entiers. Corolle à 5 pétales distincts, munis d'un onglet très-court.

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