CAMPHRE DE BORNÉO
odeur etunesaveur très-marquées. Il se dissout facilement dans l’alcool et dans les huiles. 11 est fusible à 175 degrés, il bout à 204; il est très-inflammable. 11 a pour formule C20H,6O1 2.
3° Propriétés et usages. — Le camphre présente une odeur forte, pénétrante, suigeneris. 11 a un goût aromatique, amer, âcre et piquant, accompagné d’un sentiment de fraîcheur.
C’est un excellent médicament. 11 est calmant, antispasmodique, antiseptique, alexitère, vermifuge, diaphorétique et résolutif. On l’emploie extérieurement et intérieurement. On le rend soluble dans l’eau à l'aide d’un jaune d’œuf ou d’un mucilage.
On l’administre en poudre, en emplâtres, en cigarettes, en lavements. On en compose une eau simple, une eau élhérée, un alcool, un éther, un vinaigre, une huile. C’est un des éléments des baumes opodeldoch, de genièvre eide Chiron. Il faisait parlie anciennement de la thériaque céleste, du baume deLecloure et del’emplâlre diabotanum. C’est la hase de Y eau sédative de Raspail.
§ II. — C'nmplirv de lïoruéo.
1° Plante. — Cet autre camphre est produit par le Dryobalane camphrier (1), delà petite famille des Diptérocarpées, voisine des Tiliacées, lequel se trouve à Sumatra, près de Tapanoeli et IIurala, et à Bornéo.
Description (fig. 107). — Arbre d’une hauteur considérable et d’un port majestueux. Feuilles allernes, pétiolées, ovales, acuminées, entières, plus ou moins ondulées, glabres, d’un vert olhâlre en dessus, pâles inférieurement, coriaces, munies de deux stipules subulées. Inflorescence paniculée. Fleurs pédicellées, blanches, à odeur de Lilas. Étamines nombreuses, portées par des processus épais et charnus, à filet court; anthères allongées, surmontées d’une languette. Ovaire conique et triloculaire. Style droit, à stigmate plus ou moins élargi en forme de capitule. Fruit de la grandeur d’une grosse noix, entouré par le calice à 5 ailes lancéolées et un peu spatulées, offrant une odeur de térébenthine.
2° Camphre. — Le camphre de Bornéo ou de Sumatra se concrète naturellement sous l’écorce et au milieu du bois, sous la forme de larmesplatesqui ressemblent au mica de Moscovie. On le nomme cabessa; il est très-estimé. Vient après celui qui est en grains ou
(1) Dryobalanops Camphora Colebr. [D. aromatica Gærtn. f., Shorea camphori-
fera Roxb., Ptenygmm teres Correa), vulgairement Capur baros.
en petites écailles, qu'on appelle bariga, et puis celuiqui est pulvérulent comme du sable, qui se nomme pee. Ces trois sortes sont mêlées ensemble et renfermées dans des vessies enveloppées d’un sac de jonc (Rumph.).
On obtient ordinairement ce produit en pratiquant d’abord des
Fig. 107. — Dryobalane camphrier.
incisions dans le tronc. On fait lentement couler par un tuyau ou un petit canal de bambou une huile volatile qui est claire, jaune et balsamique. Cette opération dure souvent plus de trois jours. Puis on coupe le tronc par morceaux et l’on en retire la matière camphrée. Chaque arbre peut en fournir une quantité qui varie entre t et 10 kilogrammes.
Ce camphre arrive rarement en Europe. Il est incolore, semi-