DU CAMPHRE
Le camphrée si un produit immédiat concret, de la nature des huiles volatiles. 11 abonde dans le Camphrier et dans le Dryobalane ; mais il existe également dans un grand nombre d’autres végétaux: par exemple, dans le Cannellier (1), le Shoré (2), VAurone (3), la Camphrée (4)... On en rencontre aussi dans beaucoup de Labiées, telles que la Lavande, le Thym, le Romarin, le Sauge... On en relire encore du Gingembre, de la Zédoaire, des Cardamomes, du Galanga...
On distingue deux sortes de camphres : 1° celui du Japon, 2° celui de Sumatra.
g I. — Camphre du jupon.
IoPi .ante. — Ce camphre est fourni parle Laurier camphrier (5), arbre de la famille des Laurinées, qui croît dans les parties les plus orientales de l’Inde, particulièrement au Japon.
Description (fig. 1 OG) . — Arbre assez élevé, ayant un peu le port du Tilleul. Tronc droit, divisé à la partie supérieure; rameaux glabres, d’un vert jaunâtre ; ramuscules souvent rougeâtres. Feuilles alternes, à pétiolecourl, elliptiques, lançéolées-elliptiques ou ovales, acuminées, entières, glabres, un peu luisantes en dessus, coriaces, à trois nervures principales. Fleurs en corymbes longuement pédonculés et latéraux, petites, dioïques, polygames, offrant un calice à 0 sépales obtus, et 9 étamines au moins dans les mâles. Fruits {baies drupacées) de la grosseur d’un gros pois, globuleux-ovoïdes, luisants, et d’un pourpre noirâtre à leur maturité.
2° Camphre (6). — On retire cette matière en mettant les racines, les tiges et les branches des Camphriers, coupées en petits morceaux, dans de grands vases de fer recouverts d’un chapiteau de terre garni intérieurement de paille de riz. On chauffe modérément, et le camphre se sublime dans les pailles, lise présente
(1) Cinnamomum Zeylanicum Breyn.
(2) Shorea robusta Roxb.
(3) Artemisia Abrotanum Linn.
(4) Camphorosma Monspeliensis Linn.
(5) Campliora officinarnm Nees ( Laurus Camphora Linn.).
(6) Officin , Camphora. Caphuray vulgairement, à Sumatra, Jono.
MOQ.-TAND. — BOT. MED
sous forme de grains irréguliers d’un gris jaunâtre. On les rassemble dans des tonneaux et on les transporte en Europe. C’est là le camphre brut.
Pendant longtemps les Hollandais ont eu le monopole duraffinage de ce produit. Aujourd’hui on le purifie partout. On met le camphre brut dans un matras à fond plat, placé sur un bain de sable. On chauffe graduellement jusqu’à la fusion du camphre et jusqu’à ce qu’il entre en ébullition. On l’entretient dans cet état
pour faire évaporer toute l’eau qu’il contient. Alors on découvre peu à peu le haut du matras, en retirant le sable, de manière à le refroidir et à permettre au camphre de s’y condenser. On continue ainsi jusqu’à ce que le matras soit entièrement découvert, et l’on attend que l’appareil soit complètement refroidi pour en retirer le pain de camphre (Guib.).
Le camphre pur est une matière solide, plus légère que l’eau, onctueuse, friable, incolore, demi-transparente, blanchâtre, cristallisable en prismes hexaèdres. Il se volatilise à l’air et disparaît sans résidu; sa vapeur offre un poids spécifique de 5,468 (Dumas). Il est très-peu soluble dans l’eau, à laquelle il communique une