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ALOÈS

s’agil. Celles qu’on exploite principalement sont : YAloès succotrin (1), YAloès ordinaire (2), YAloès à épi (3), YAloès linguiforme (4)

Lapremière croît en Arabieet dansl’île de Socotora ; la seconde et la troisième se rencontrent au cap de Bonne-Espérance ; la quatrième et la cinquième habitent la Barbade et la Jamaïque.

Caractères. — 1° C 'Aloès succotrin a des feuilles en rosette, oblongues-ensiformes, à bords épineux, légèrement tachetées, et des fleurs en épi dense, pendantes, rouges, verdissant un peu au sommet.

2° L 'Aloès ordinaire a des feuilles en rosel le, lancéolées, à bords épineux, légèrement tachetées, et des (leurs en épi grêle, pendantes, rougedlres, jaunissant.

3° L 'Aloès à épi a des feuilles en rosette, ensiformes, dentées, non épineuses, sans taches, et des fleurs en épi, horizontales, campanulées.

4° L 'Aloès lingui forme a des feuilles distiques, en forme de langue, obtuses, légèrement denticulées, non épineuses, verruqueuses-tachetées, et des fleurs en épi lâche,pendantes, cylindriques, rouges.

2°Extrait. — Les feuilles des Aloès présentent à l’intérieur une pulpe mucilagineuse inerte, et vers l’extérieur un suc amer plus ou moins abondant.

On prépare Yexlrait d' aloès de plusieurs manières :

1° On coupe les feuilles à la base et on les place verticalement dans des tonneaux, au fond desquels se ramasse le suc. On le fait ensuite évaporer, soit au soleil, soit au feu.

2° On coupe les feuilles par morceaux; on les metdansun panier que l’on plonge dans l’eau bouillante. Quand cr-lle dernière paraît assez chargée, on la laisse refroidir, et on la fait épaissir par évaporation.

3° On hache les feuilles, on les pile, et l’on reçoit leur suc dans des vases plats. On l’épaissit ensuite à la manière ordinaire.

On distingue trois sortes d 'aloès : 1° le succotrin, 2° Y hépatique, 3° le caballin.

1° Ualoès succotrin (5) est une matière solide, légère, friable, claire et translucide sur les bords, d’une couleur brune plus ou

(1 ) Aloe succotrina Lam.

(2) Aloe vulqaris Lam., vulgairement faux succotrin.

(3) Aloe spicata Thunb.

(4) Aloe linguæformis Thunb., vulgairement Langue-de chat. Langue-de-bœuf.

(5) Offiein., Aloes succotrina , Aloes lucida. — On l’appelle aussi socotrin.

moins rougeâtre, à cassure conchoïdale, brillante ; il ressemble au verre d’antimoine. Écrasé, il donne une poudre d’un jaune doré. Cetle qualité est la plus pure et la plus estimée. Son nom vient del’île Socotora d’où elle est principalement tirée.

Les aloès du cap de Bonne-Espérance el des Barbades n’en différent pas beaucoup.

2° L 'aloès hépatique (I) est compacte, sec et opaque; il présente la couleur du foie, ce qui lui a valu son nom.

3° I .'aloès caballin est très-opaque et de couleur foncée, noirâtre. On le triture difficilement. 11 est ordinairement rempli d’ordures. On l’obtient avec le résidu resté dans les chaudières, quand on a préparé les deux aulres. On l’appelle caballin, parce qu’il est destiné surtout à l’usage des chevaux.

Le suc d’ aloès contient un principe immédiat ( aloétine ) d’un jaune de soufre assez brillant.

3° Propriétés et usages. — L’odeur de l 'aloès est légèrement aromatique el agréable. Elle rappelle un peu celle de la myrrhe. Sa saveur est tr ès-amère. Le succotrin présente une odeur moins forte et une saveur moins prononcée que ['hépatique . Le caballin offre une odeur nauséabonde et un goût désagréable.

L'aloès est tonique, purgatif, antiseptique et vermifuge.

On administre l’aloès succotrin en poudre, en pilules, en suppositoires, eu injection, en teinture, en vin, en élixirs, enopiat, en lavements, en extrait, en collyres. Il fait partie des élixirs de Garus et de longue vie. C’est un des éléments des pilules bénites de Fuller, préconisées comme antihystériques, et de l’ extrait panchijmagoguc. L ’aloès hépatique est employé surtout à l’extérieur.

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