‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 221 sur 247 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

GÉNÉRALITÉS

Les végétaux parasites qui se développent à la surface du corps de l’homme ont reçu, en botanique médicale, le nom d 'Épiphytes{ 1) Ces végétaux sont fixés anormalement sur nos organes et s’y nourrissent à nos dépens.

La connaissance de ces végétaux est peu ancienne. Parmi les auteurs qui les ont étudiés avec le plus de succès, on doit citer principalement MM. Gruby, Malmsten, Lebert et Charles Robin. L’ouvrage ex professa (2) publié par ce dernier savant a obtenu un prix à l’Académie impériale des sciences.

Les Êpiphytes sont des cuticoles par excellence. Les uns attaquent l’épiderme ou le derme, les autres les follicules ou les poils.

Ces parasites nuisent encore à l’homme : 1° en se mêlant aux viandes conservées par salaison ou boucanage et à ses aliments de chaquejour, et en déterminant des endémies ou épidémies plus ou moins graves, telles que la pellagre, l’acrodynie, la raphanie(Bouchardat) ; 2° en attaquant ou détruisant nos productions les plus utiles, telles que la Pomme de terre, la Vigne, le Ver à soie...

Comme les épizoaires, ils sont très-petits, même plus petits que la plupart de ces derniers. Leur étude demande nécessairement l’emploi du microscope.

La nature a largement compensé l’exiguïté de leur volume par le nombre de leurs individus. Les Êpiphytes sont des plantes essentiellement sociales, qui vivent par troupes, formant des agglomérations, des touffes, des duvets, des croûtes, qui occupent quelquefois une étendue considérable.

Les Êpiphytes possèdent une organisation très-simple.

(I) Ce mot a une signification un peu différente en botanique proprement dite. (21 Histoire naturelle des végétaux parasites qui croissent sur L’homme et sur les animaux vivants. Paris, 1853, iu-8°, avec unatlas de 15 planches.

Ce sont des végétaux très-curieux par leur structure, par leur développement et par leur reproduction. Ils ont les plus grands rapports avec les Conferves.

lisse présentent sous la forme de tubes plus ou moins allongés, droits ou couchés, simples ou rameux, continusou divisés en loges par des cloisons transversales. Cesfilamentss’établissentàla surface des organes qu’ils tendent à envahir. Leur mode d’adhésion ou d’implantation est encore fort mal cou nu. Comme plusieurs espèces ne croissent que sur des points déterminés de l’économie et quelquefois dans des conditions spéciales, il est évident que certains organesetcerlaines circonstances sont indispensables à leur nutrition. Mais ces petits végétaux puisent- ils leur alimentation, à l’aide de radicelles, dans le sein même de l’organe envahi, ou bien se nourrissent-ils, soit par le contact, soit au moyen d’un liquide sécrété ou de l’atmosphère environnante? Comme, dans la plupart des cas, on n’a découvert aucun prolongement radicellaire dans le tissu attaqué, le premier mode de nutrition n’a pas été admis.

Les filaments des Epiphytes aâheveni toujours aux organes sans modification apparente et communiquent avec les cellules remplies de suc nourricier. Ils sont disposés comme ils le seraient sur un terrain imprégné de sucs (de Seyne).

Leur extrémité s’insinue quelquefois à travers les cellules de l’épiderme, soulève même les plaques les plus superficielles de ce dernier. Dans ces cas, le parasiticisme est manifeste; mais il n’est peut-être pas logique de regarder comme de véritables parasites les Cryptogames qui végètent à la surface des organes n’oifrant avec eux aucune espèce d’adhérence.

(Juoi qu’il en soit, les végétaux dont il s’agit se reproduisent au moyen de séminules extrêmement petites, appelées spores ou sporules. Bulliard a montré, par diverses expériences, que plusieurs de ces plantules, entre autres la Moisissure vulyuire, ne prennent naissance sur les diverses matières en putréfaction que parce que leurs graines y ont été déposées par l’air environnant.

Les spores des Épiphytes se forment, ou bien dans la cavité d’une ou plusieurs cellules différentes parleur volume ou par leur forme, ou bien simplement dans l’intérieur des tubes, ou bien encore à la surface de ces derniers. Plus tard, on les trouve éparses sans aucune connexion, ni avec les cellules, ni avec les tubes producteurs auxquels elles sont entremêlées.

Dans un genre, il n’existe pas de tubes ou filaments; tout le végétal est composé de sporules réunies bout à bout.

PUCCINIE.

Les Épiphytes sont compris dans sept genres : 1° Puccinie, 2° Mucor, 3° Aspergille, 4° Oïdium, 5° Achorion, 6° Microspore, 7° Trichophyte.

Voici les caractères abrèges de ces sept genres :

Page 1