CHAPITRE II
DU MUCOR.
Le genre Mucor (Mucor) (2) a été fondé par Linné et réformé d’abord par Micheli et par Persoon, et plus lard par Link et par Fries. Il présente des touffes de filaments, les uns stériles, les autres fertiles, dressés, simples ou rameux, terminés par un réceptacle membraneux, globuleux ou en toupie, pédonculé, d'abord, transparent et aqueux, ensuite opaque et plein de sporules simples et arrondies, formant comme une poussière.
Nous n’avons qu’une espèce à étudier.
t° La Moisissure vulgaire (3). — Ce petit végétal est très-commun. 11 forme de larges toullessur toutes les substances susceptibles de fermenter (deCand.).
Description. — Filaments simples, allongés, grêles, portant àleur extrémité un péricarpe globuleux régulier, d’abord blanceltrans-
(1) Voyez le chapitre de I’Aciioiuon.
(2) Mucor (Columelle), moisissure.
(3) Mucor Mucedo Lmri. [M . vulgaris Micheli, M. s / hœrocephalus Bull. ,M. tenuis Link) .
parent, ensuite opaque et brunâtre. 11 se crève avec élasticité lorsqu’on le met dans l’eau. Les spores sont nombreuses, rondes et verdâtres.
2° Action sur l’homme. — La première observation connue de Moisissure vulgaire, développée sur un homme vivant, est due à Degner (Heusinger). Ce petit végétal se montra plusieurs jours de suite sur une partie atteinte de gangrène sénile.
Ph. S. Horn a donné l’observation détaillée d’un indiwdu de quatre-vingts ans, affecté aussi de gangrène sénile, dont la jambe, devenue noire, se couvrit, deux jours avant la mort, d’une certaine quantité de Moisissure vulgaire, d’un brun verdâtre. 11 ajoute que plusieurs fois on a constaté le développement de cette plantule sur des parties du corps enflammées et exposées à l’air libre, sur la peau en suppuration à la suite d’un vésicatoire, et sur des ulcères.
MM. Baum, Litzmann et Eichstedt ont découvert, dans une caverne pulmonaire d’une femme morte d’une gangrène du poumon, une masse noire de filaments parsemés de globules arrondis adhérents aux parois de la cavité. Chaque filament faisait saillie et se terminait par un renflement couronné par une série de cellules ovoïdes (Sluyter). Cette production a été regardée avec doute comme une masse de Moisissure vulgaire. M. Ch. Bobin fait remarquer que, d’après la figure, d’ailleurs assez incomplète, qui en a été publiée, il serait tenté de considérer ce végétal comme une espèce d 'Aspergille.