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CHAPITRE Y

DE L’ACUORION.

Le genre Achorion ( Achorion ) (t) a pour caractères : Petites masses orbiculaires, patelliformes ou discoïdes, coriaces, jaunes. Il diffère très-peu du genre précédent ; il ne renferme que l’espèce suivante :

i° L’Acuoklon de Schœnlein (2). — M. Remak avait déjà vu, en 1837, que les godets de la teigne faveuse étaient formés par l’agrégation de libres de moisissure ; cependant il ne détermina pas leur nature végétale. Cette découverte a été faite en 1839 par M. Schœnlein, qui a figuré les granules de la couche extérieure et les filaments du végétal [mycélium).

M. Gruby a donné le premier une bonne description des spores (1844). MM. Hannover, Bennett, Müller, Retzius, et surtout Lebert, Bazin et Ch. Robin, ont fait connaître avec détail les différentes parties qui constituent ce bizarre parasite, son siège, la manière dont il se développe, sa reproduction et les désordres qu’il détermine.

Description (8g. 124). — Qu’on se représente de petites croûtes sèches, orbiculaires, déprimées, en forme d’hémisphères irréguliers; convexes du côté adhérent, concaves ou planes du côté libre; de 1 à 15 millimètres de diamètre transversal et de t à, 5 millimètres d’épaisseur ; d’une couleur jaune desoufre pale, quelquefois salie ou brunie par des corps étrangers ; exhalant une odeur spéciale analogue à celle de la souris. Alibert comparait cette odeur à celle des malt) De a privatif, yofiov, membrane. . . .

(21 Achorion Schœnleinii Uemak (Oïdii species Müller, Oïdium S chœnleinu Leb., Oïdium porriginis Mont.), vulgairement Champignon de la teigne, Myooderme de la teigne. Cryptogame de la teigne faveuse, Parasite de la teigne scrofuleuse.

Fig. 124. — Achorion île Schœnlein. — Favus.

ACHORION.

récages. Ces petites masses sont ordinairement traversées par un ou plusieurs poils, ou, pour mieux dire, elles se sont produites àla base des cheveux qu’elles ont enveloppée. On les désigne sous le nom de favus.

La face adhérente de ces corps est comme implantée dans la peau, qu’elle déprime ; elle est lisse ou bosselée; elle se prolonge un peu sous forme de mamelon ou de pédicule (Lebert).

La face libre se trouve au niveau de la peau ou la dépasse légèrement. Dans les premiers temps de son évolution, le favus paraît en forme dcgodet; son enfoncement s’efface à mesure qu’il grossit. Les plus âgés offrent des lignes irrégulièrement concentriques, alternativement saillantes et déprimées, en nombre variable. Ces corps sont secs, durs et cassants. Leur intérieur est d’un blanc jaunâtre assez pâle. Leur tissu, vuàlaloupe, paraît comme spongieux ; quelquefois même il y a un petit creux au centre (Lebert).

Fig. 125. — Achorion de Schœnlein. — a, b, filaments du réceptacle ; c, d, spores.

Quand on analyse les favus (fig. 12o), on y reconnaît d’abord une couche extérieure {stroma). C’est une sorte de gangue amorphe, offrant environ 0mm,16 d’épaisseur, composée d’une matière homogène finement granuleuse.

A l’intérieur, on découvre : t° le mycélium, 2° le réceptacle, 3° les spores.

1° Le mycélium, ou appareil végétatif, est un amas de tubes cylindriques, épais de 0ram,003, flexueux, simples, ou ramifiés deux ou trois fois en fourche, non cloisonnés, ni articulés, vides ou contenant quelques rares granules moléculaires. Ce tissu est surtout abondant contre l’enveloppe générale.

2° Le réceptacle, ou support des organes reproducteurs [sporophores), est aussi un assemblage de tubes. Ceux-ci sont droits ou

courbés, peu flexueux, rarement ramifiés, tantôt vides dans une partie de leur étendue, et contenant dans l’autre des granules ou de petites cellules qui ont de 0mm,00i à 0mm,002 de diamètre, tantôt renfermant des granulations plus rapprochées vers les extrémités. Enfin, d’autres tubes présentent de véritablespetites spores qui se touchent et qui font paraître le canal comme composé de cellules bout à bout. Ces derniers tubes semblent cloisonnés. Les spores intérieures atteignent jusqu’à 0mm,01 1 de granddiamètre.

3° Les spores, ou organes reproducteurs, sont réunies en chapelet ou libres, et de formes assez diverses. Il y en a d’ovoïdes, de globuleuses et même d’un peu quadrilatères. Les plus petites présentent 0mm,003, et lesplus grandes 0“"n,0I I . On aperçoit dans leur intérieur une certaine quantité de granules moléculaires, doués d’un mouvement brownien très-vif (Lebert). Dans lesplus grosses,on voit une ou deux granulations de0mm,00I à 0mm,002.

2° Action sur l’homme. — L’Achorion de Schœnleiu constitue le végétal parasite de la teigne faveuse (1). Ce végétal se développe principalemenlsurlapeau de latéte, etaccidentellementsurcelle des autres parties du corps: par exemple, sur la face, sur les épaulesetdans leconduitauditif. On enavu àla partie antérieure de la jambe (Ch. Rob.), et même sur le pénisetlegland(Lebert).

Les organes habituellement attaqués sont le follicule pileux et les dépressions de la surface de la peau.

Le parasite adhère fortement au poil, dans la profondeur du follicule, ordinairement en dehors de la couche unique des cellules de l’épiderme, qui lui donne l’aspect réticulé en travers (Bazin, Ch. Robin). Il produit des plaques plus ou moins étendues, qui forment au poil comme une gaine complète. Ces plaques ressemblent à de petites croûtes, mais elles ne prennent jamais la forme et le caractère du favus.

Dans les dépressions de la peau, Y Achorion se réuniten amas qui finissent par constituer le vrai favus. Ce dernier est d’abord sousépidermique ; il grossit peu à peu ; l'épiderme qui le recouvre se dessèche, tombe par écailles, et le godet paraît àl’air libre. Les/avuspeuvent atteindrejusqu’au diamètre de 23 millimètres (Cazenave).

Dans son développement et sa marche, le favus présente trois formes qui ont été décrites sous les noms de favus urcéolaire, de favus scutiforme et de favus squarreux (Bazin).

Dans la premièreévolution, les cheveux sont seuls altérés, mais

(1) Tinea scutulata, Porrigo scutulata des auteurs, Porrigophyte Gruby.

MICROSPORES.

faiblement; la peau qui les porle n’a subi encore aucune modification. La démangeaison n’existe pas, ou bien elle est très-peu sensible.

Dans la seconde période, l’altération des poils est plus avancée : le végétal apparaît extérieurement comme une croule jaunâtre précédée ou non de congestion légumenlaire ; il subit plus ou moins régulièrement les diverses phases de son développement.

Dans la troisième période, l’alléralion des poils est parvenue à son plus haut degré ; ils tombent, et des cicatrices succèdent à leur chute. Les croûtes du végétal ressemblent à certains lichens, à des fragments pulvérulents de plâtre ou de terre glaise desséchée (Bazin).

Une région pilifère n’est pas absolument nécessaire au développement de l 'Achorion de Schœnlein. J’ai cité plus haut des exemples où il s’était montré sur les parties non velues du corps. On assure que les favus de la figure sont plus fortement enchâssés dans le derme que ceux de la tète (Bayer).

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