VÉGÉTAUX EMPLOYÉS EN ENTIER. — LICHEN
2° Propriétés et usages. — Saveur légèrement amère. L’eau de la vinglième décoction présente encore de l’amertume. La célrarine est inodore et très-amère. La lichénine ofl're une légère odeur de lichen, mais elle est sans saveur.
Propriétés analeptiques et pectorales. On l’emploie aussi dans la dysenterie et la diarrhée chronique.
On l’administre bouillie dans du lait, en décoction dans l’eau, en poudre, en tablettes, en pâte, en gelée, en sirop. On l’incorpore dans le chocolat.
3° Autres espèces. — On a proposé, comme succédanées du Lichen d'Islande, les espèces suivantes, quoique un peu âcres et astringentes.
1° Le Lichen pulmonaire (1) (fig. 2), — 2° le Lichen aphtheux (2), — 3° le Lichen des chiens (3), — 4° le Lichen des rennes (4), — o° le Lichen pyxidé (5)
(1) Sticia pulmonaria (Lichen pulmonarius Linn., Lobaria pulmonaria Hoffm., Sticta pulmonacea Ach.).
(2) Peltigera aphthosa Iloffm. ( Lichen aphthosus Linn., Peltidea aphthosa Ach.).
(3) Peltigera canina Hoffm. ( Lichen c minus Linn., Peltidea canina, Ach.).
(4) Cenomrjcerangij'erina Ach. (Liche < rangiferinus, Linn., Cladonia rangiferina Iloffm.).
(5) Cenomyce pyxidata Ach. (Lich. pyxidalus Linn., Scyphophorits pyxidatus DC.).
Linné regardait comme vulnéraires el astringentes 1 ’Usnée barbue(I) et YUsnée entrelacée (2). On a signalé comme fébrifuges la Physcie grenue (3), et surtout la Variolaire en disque (4), forme
efflorescente de la Pertusaire commune (5). Le docteur Adolphe de Barrau a insisté, il y a quelques années, sur l'utilité de cette dernière. Ce lichen renferme un principe cristallisable, picrolichénine (Alms), qui sert de base aux pilules de variolarine Bouloumié.
§ IV. — Ve lu Mercuriale.
t° Plante. ■ — La Mercuriale annuelle (6) est une plante herbacée, de la famille des Euphorbiacées.
On la trouve très-communément en France , dans les jardins et dans les champs cultivés.
Description (fig. 3 et 4).
— Plante annuelle et dioïque. Racine pivotante. Tige dressée, haute de 2 à 6 décimètres , obscurément tétragone, très-glabre, assez rameuse et souvent dès la base. Feuilles opposées, Fig. 3. — Mercuriale mâle. pétiolées, ovales, OU Ovales-
lancéolées, aiguës, lâchement dentées en scie, glabres, un peu ciliées, d’un vert sombre, minces, molles: Mâle : Inflorescence en épis allongés, axil-
(1) Usnea barbata DC. ( Lichen barbatusL\na.).
(2) Usnea plicata Hoffm. [Lichen plicatus Linn., L. implexus Lam.).
(3) Physcia furfuracea DC. (Lichen furfuruceus Linn., L. absinthifolius Lam., Barrera furfuracea Ach., Evernia furfuracea Delise).
(4) Variolaria discoidea Pers. (Lichen discoideus Ach.).
(5) Pertusaria commuais DC. (Lichen per tusus Linn., Sphæria pertusa Weig.).
(6) Mercurialis annua Linn., vulgairement Foirole, Foirode, Vignoble, Vignette.
VÉGÉTAUX EMPLOYÉS EN ENTIER. — MERCURIALE. 3o
laires , longuement pédonculés. Fleurs très-petites, réunies en groupes se'ssiles un peu écartés ; calice étalé, à 3 ou 4 sépales étalés, ovales et aigus, soudés à la base ; étamines 10 à 20, dressées, à filets flexueux portant des anthères bilobées. Fem. : Pédoncules plus courts et biflores. Fleurs un peu moins petites;
Fig. 4. — Mercuriale femelle.
calice à 3 sépales obtus ; ovaire arrondi didyme, hérissé de petites pointes, accompagné de 2 ou 3 filaments staminaux stériles; stigmate presque sessile, profondément partagé en deux branches très-divergentes et très-papilleuses. Fruit ( capsule ) à 2 coques, un peu hérissées, offrant chacune eu dessus deux crêtes lubercu-
leuses. Graines solitaires, globuleuses, souvent réticulées ou rugueuses.
La Mercuriale est composée d’un principe amer, de mucilage, d’albumine, d’une matière grasse incolore, d’essence, de pectine, de sels (Fenneulle).
2° Propriétés et usages. — Odeur faible, mais peu agréable. Saveur herbacée et fade, à peine salée, légèrement nauséabonde.
Propriétés émollientes et laxatives : c’est un purgatif populaire. On l’adminisire en cataplasmes, en fomentations, en lavements, en bains, en sirop, en miel. Elle entre dans plusieurs préparations officinales. Le sirop de longue vie était un miel de Mercuriale composé.
3° Observation. — Il ne faut pas lui substituer la Mercuriale vivace (1), qui est beaucoup plus active (Soubeiran).
§ V. — »c !a pariétaire.
1° Plante. — La Pariétaire officinale (2) est une plante herbacée, de la famille des Urticées. On la trouve communément en France, au pied et dans les fentes des vieux murs.
Description (fig. 5). — Racine vivace. Tiges nombreuses dressées, hautes de 3 à 8 décimètres, légèrement velues, un peu rougeâtres, charnues, tendres, simples ou rameuses dès la base. Feuilles alternes, pétiolées, ovales ou lancéolées, rétrécies inférieurement, acuminées, entières, ponctuées, velues, rudes, d’un vert obscur noircissant par la dessiccation. Inflorescence en glomérules axillaires plus courts que le pétiole, dichotomes, subglobuleux. Fleurs réunies par 3 dans un involucre commun court, composé de plusieurs folioles, très-petites, sessiles, verdâtres, polygames. La fleur moyenne est ordinairement hermaphrodite; les latérales sont femelles. Hermaphrodites, et mâles pourvues d’un calice gamosépale, tubuleux, mince, à 4 lobes aigus, et de 4 étamines très-élastiques. Dans les premières, il existe de plus un ovaire libre, portant un stigmate en forme de pinceau. Fem. : Calice tubuleux-renflé, marqué de côtes longitudinales, 4-denté, persistant. Étamines rudimentaires. Ovaire à style très-court ou nul; stigmate en pinceau. Fruit (achaine) enveloppé parle calice, ovoïde, comprimé, lisse, luisant.
2° Propriétés et usages. — Saveur herbacée, un peu nitreuse.
(1) Mercurialis perennis Linn., -vulgairement Chou de chien, Mercuriale sauvage, M . de montagne.
(2) Parielaria officinalis Linu., vulgairement Casse-pierre, Perce-muraille.