VÉGÉTAUX EMPLOYÉS EN ENTIER. — LICHEN
^gulièrement tétraédrique ou presque trièdre, aminci aux deux extrémités, obtus au sommet, droit ou arqué, plus ou moins semblable à une corne ou à l’ergot d’un coq, souvent marqué d’un côté d’un sillon longitudinal, offrant quelquefois une ou plusieurs crevasses longitudinales ou transversales, coloré en brun violet. Ce corps est ferme et cassant. Il offre une cassure homogène, blanchâtre vers le centre et d’une teinte vineuse vers la périphérie.
L’analyse de Y Ergot a donné un principe particulier non défini appelé ergotine, de l’huile grasse non saponifiable, de la matière grasse cristallisable, de la cérine, de l’osmazôme, du sucre cristallisable, de la gomme, un principe colorant rouge, de l’albumine végétale, de la fongine... (Wiggers).
L 'ergotine est un extrait mou, très-homogène, d’un rougebrun. Elle forme avec l’eau une dissolutionlimpide, transparente, d’un beau rouge (Bonjean). 500 grammes de seigle ergoté fournissent de 70 à 80 grammes d’extrait.
3° Propriétés et usages. — L’odeur de V Ergot frais est analogue à celle des champignons. Lorsqu’il est sec, cette odeur devient i plus forte et désagréable. Lorsqu’on tient Y Ergot dans un endroit humide et qu’il commence à se décomposer, il sent le poisson pourri. Sa saveur est d’abord peu marquée; elle s’accompagne ensuite d’un resserrement particulier de l’arrière-bouche.
L 'ergotine offre une odeur agréable de viande rôtie. Cette odeur est un peu piquante, et plus ou moins analogue à celle du blé gâté.
L’Ergot exerce une action stimulante spéciale sur la matrice; il sollicite ses contractions et peut aider les accouchements rendus difficiles pari nertie. Administré d’une manière continue, Y Ergot dilate la pupille et ralentit la circulation. 11 peut occasionner des vertiges, de l’assoupissement, de la fatigue, des nausées et même un véritable empoisonnement.
On l’administre en poudre, en potion, en huile, en sirop, çn extrait. On donne Y ergotine en pilules, en dragées, en potion, en sirop, en limonade, en injections, en lavements.
§ lia. — EKin a.lehen d’Bslauile.
1° Plante. — Le Lichen d'Islande (1) est une plante foliacée, de la famille des Lichens, qui croît sur la terre et sur les rochers,
(1) Cetraria islandica Ach. ( Lichen islandicus Linn., Phgscia islandica DC-), Cétraire d’Islande.
dans les Vosges, les Alpes, les Pyrénées; il est commun dans les régions septentrionales de l’Europe.
Description. — Expansions ( thalles ) rassemblées en touffes diffuses, un peu droites ou ascendantes, cartilagineuses, sèches, d’une couleur fauve ou brun verdâtre, ou gris roussâtre, plus pâles en dessous, divisées en ramifications linéaires, laciniées, comme pinnatifides, à lobes généralement bifurqués et bordés de petits cils roides et courts. Ces divisions tendent à se courber en gouttière, surtout vers le bas. Fruits ( scutelles ) terminaux ou presque terminaux, sessiles, orbiculaires, un peu concaves, semblables à des écussons, d’un rouge brun.
Le Lichen d’Islande (fig. 1) est composé de cétrarine, de lichénine,
Fig. 1. — Lichen d’Islande.
de sucre incristallisable, de gomme, de cire verte, de matière colorante et extractive, de tartrate et lichénate de potasse et de chaux, de phosphate de chaux (Berzelius).
La cétrarine (ou célrarin) est neutre, solide, incristallisable, d’un aspect soyeux, incolore et imparfaitement fusible, très-peu soluble dans l’eau et dans l’éther, mais soluble dans l’alcool.
La lichénine, ou amidon de lichen, est blanche. Elle se gonfle beaucoup dans l’eau froide; elle se dissout dans l’eau bouillante : 1 /24e suffit pour donner une gelée; elle est insoluble dans l’éther; elle se transforme en sucre d’amidon par l’ébullition prolongée avec les acides.