‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 25 sur 247 · VÉGÉTAUX EMPLOYÉS EN ENTIER. — FUMETERRE · texte numérisé non relu

VÉGÉTAUX EMPLOYÉS EN ENTIER. — FUMETERRE

passant à peine le calice, de couleur jaunâtre, rarement tachés de violet; et la Pensée cultivée (1), à pétales dépassant longuement le calice, les supérieurs violet, ou maculés de violets ou moins dans leur moitié terminale; les latéraux et l’inférieur jaunes, striés de violet à la base, tachés de la même couleur ou entièrement violets.

On se sert surtout du type sauvage. En Allemagne on conseille plus généralement la variété cultivée. Quelques pharmaciens emploient toute la plante, et d’autres seulement les sommités.

2° Propriétés et. usages. — Odeur herbacée, peu agréable. Saveur amère et mucilagineuse. A faible dose, elle agit comme tonique; à haute dose, elle provoque le vomissement et même des évacuations alvines. On la regarde généralement comme dépurative et antiscrofuleuse. On assure qu’elle est excellente contre les dartres (Haase). D’après Bergius, la tige serait purgative, et les racines seraient vomitives (2).

On l’administre soit en poudre, soit en infusion ou décoction, ou en sirop ; on la fait entrer dans les sucs d’herbes; on la donne aussi, pour les enfants, en décoction laiteuse.

§ vil. — ue la Fiiiucterre.

1° Plante. — La Fumetcrre officinale (3) est une plante herbacée de la famille des Fumariacées. Elle est très-commune en France, dans les champs et les vignes.

Description. — Plante annuelle. Racine oblongue, blanchâtre, fibreuse, 'fige longue de 2 à 8 décimètres, couchée, anguleuse, glabre, glauque, rameuse, à branches diffuses. Feuilles alternes, pétiolées, bi-tripihnatiséquées, glabres, d’un vert un peu glauque, molles; à segments écartés, découpés en lobes étroits et , acuminés. Inflorescence en grappes longues, assez lâches. Bractées petites et lancéolées. Fleurs nombreuses, brièvement pédonculées, d’un blanc légèrement pourpré, tachées de pourpre noirâtre au sommet. Calice oblique, à 2 sépales attachés par leur partie moyenne, ovales-lancéolés, aigus, à bords érodés. Corolle irrégulière, à 4 pétales; l’inférieur long, spathulé, canaliculé ; les deux latéraux semblables, onguiculés, ovales-allongés, obtus, mucronulés, épais sur les bords, portant sur le dos

(1) Viola truolor p Linn. ( V. tricolor hortemis Pharm.).

(2) Yoy. Fli.ers simples, § V.

(3) Fumnria officinalis Liun., vulgairement Fiel de terre.

une crête longitudinale saillante supérieurement. Le supérieur, le plus grand, arrondi, prolongé à sa base externe en un éperon court, obtus, recourbé et comprimé, à bords un peu relevés, comme creusé en gouttière, offrant une tache verte en dehors. Étamines 6, réunies par les filets en deux faisceaux à 3 anlhères dont la moyenne bilôculaire et les latérales à une loge. Ovaire libre, ovoïde, portant un style articulé, filiforme, décliné, caduc, terminé par un stigmate capitulé. Fruit subglobuleux, tronqué et légèrement émarginé au sommet, un peu comprimé, glabre, monosperme, indéhiscent. Graine sans arille.

La Fume terre officinale contient de la f amariné, de l’extractif, de la résine et un acide cristallisable (Preschier).

2° Propriétés et usages. — Saveur amère et un peu mucilagineuse.

Propriétés toniques, apérilives et diurétiques. Employée dans les maladies de la peau, dans les affections scorbutiques, dans certaines fièvres.

On administre son suc et sa décoction. On la donne aussi bouillie dans du lait. On en compose un sirop et un extrait.

3° Autres espèces. — On peut employer indistinctement les autres espèces de la France; par exemple : t° la Fumeterre à petües fleurs (1), 2° la grimpante (2), 3° la moyenne (3), 4° celle en épi (4).

§ VIII. — De la Gratiolc.

1° Plante. — La Gratiole officinale (S) est une plante herbacée de la famille des Scrophularinées; elle croît dans presque toute la France; elle aime les endroits très-humides.

Description (fig. 7). — Plante vivace. Racine rampante, rameuse, à radicelles capillaires. Tige herbacée, de 2 à S décimètres, dressée, marquée d’un sillon longitudinal, glabre, simple ou un peu rameuse. Feuilles opposées, sessiles, demi-emhrassantes, ovales ou lancéolées, un peu inégales, obscurément denliculées dans leur partie supérieure, un peu épaisses, trinerviées, glabres. Fleurs axillaires, solitaires, dressées, portées par un pédicelle arsez long, mais plus court que la feuille, aplati, avec deux brac-

(1) Fumaria parviflora Linn.

(2) Fumaria capreolala Linn.

(3) Fumaria media Lois.

(4) Fumaria spicata Linn.

(5) Grutiola ofpcinalis Linn., vulgairement Herbe à pauvre homme.

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