WINTER
Description. — Hauteur très-grande. Rameaux jeunes cylindriques, avec de petits points gris. Feuilles éparses, péliolées, à 3 folioles, sessiles, ovales, allongées, aiguës, entières, minces, luisantes et glabres. Inflorescence en grappes dressées et cylindriques. Fleurs blanches. Calice subcampanulé, à 5 sépales ovales-aigus. Corolle trois fois plus longue que le calice, tubuleuse inférieurement, à 5 lobes obtus. Étamines 5 à 6, dont 2 seulement anlhérifères; filets dilatés, membraneux inférieurement, servant de moyen d’union entre les pétales; anthères allongées, obtuses' offrant inférieurement un petit appendice membraneux. Ovaire à 5 côtes obtuses, entouré par un disque saillant et concave; style simple; stigmate à 5 lobes. Fruit composé de 5 capsules réunies sur un axe commun, chacune uniloculaire, bivalve et monosperme.
2° Écorce (1). — Cette écorce est en plaques de C à 20 centimètres de longueur (il y a même des morceaux qui arrivent jusqu’à 40), unpeu roulées ou tourmentées parla dessiccation, minces sur les bords. Épiderme d’un gris jaunâtre, quelquefois épais et fongueux, se colorant en rouge de sang par l’acide azotique. Tissu d’une grande dureté, difficile à rompre ; face interne jaune ou rosée ; cassure compacte, d’une teinte brune-jaunâtre, résineuse.
L’Anguslurc contient de la gomme, une matière amère, de la résine, une huile volatile. On en a retiré un principe particulier, le cusparin (Saladin), qui cristallise en tétraèdres et qui se dissout faiblement dans l’eau.
3° Propriétés et usages. — Saveur amère, un peu nauséeuse, laissant dans la bouche, surtout à la pointe de la langue, un sentiment, décrété et de picotement (A. Rich.).
Recommandée dans la dysenterie et dans les fièvres intermittentes (Fwcrs, Williams). Quelques praticiens l’ont aussi conseillée contre la fièvre jaune.
Onl’administre en poudre, en infusion, en teinture alcoolique, en extrait.
4° Fausse Angusture. — C’est l’écorce du Vomiquier officinal (2). On la distingue de la vraie Angusture par sa couleur grise, avec de petits tubercules blancs. Elle est quelquefois recouverte d’une substance fongueuse d’un rouge orangé. Sa face interne se colore en rouge de sang par l’acide azotique.
Elle n’est guère employée que pour l’extraction de la brucine.
( 1) Vulgairement Angusture vraie, Cuspare'. — Officin., cortex Angostorœ.
(2) Strijchnos Nux vomica Linn. — Voy. te ehap. des Graines.
On se sert de cette dernière dans l’hémiplégie, la paraplégie, la paralysie saturnine.
On l’administre en pilules et en alcool.
§ VI. — Écorce «le Cuscarillc.
1° Plante. — La Cascarille a été attribuée, pendant longtemps, •au Croton cascarille (1), de la famille des Eupborbiacées. Il paraît qu’elle provient plutôt d’un autre arbrisseau du même genre, le Croton éleutérie (2), qui se trouve à Eleutera, l’une des îles Lucayes. On le rencontre abondamment à Haïti.
Description. — Feuilles alternes, péliolées, lancéolées, un peu en cœur, couvertes de petites écailles orbiculaires, comme argentées en dessous. Inflorescence en grappes axillaires et terminales, rameuses. Mâles à 10 étamines...
2° Écorce (3). — Le nom de Cascarille est d’origine espagnole, et signifie petite écorce.
La Cascarille est en petits fragments roulés, de 3 à 5 centimètres de longueur, épais comme une plume ou comme le petit doigt. Elle est pesante, dure et compacte. Elle offre une surface rugueuse et fendillée. Sa couleur est d’un brun obscur ferrugineux, un peu terne. Cassure finement rayonnée et résineuse.
Son analyse a donné du mucilage, un principe amer, de la résine, une huile éthérée... (Trommsdorf).
3° Propriétés et usages. — Odeur particulière peu développée, agréable, surtou t lorsqu’on la chauffe . Saveur aromatique, amère et âcre.
Cette écorce passe pour tonique, stimulante, antiseptique et même fébrifuge. Elle est ordonnée quelquefois contre le vomissement et contre la dysenterie. On la mêle au tabac pour l’aromatiser.
On l’administre en poudre, en infusion, en teinture et en extrait. Elle entre dans l 'élixir de Stoughton et dans Y élixir antiseptique de Chaussier.
On utilise encore ses feuilles, qui ont l’odeur et le goût de celles de la Sauge.
(l) Croton Casnarilla Linn.
(2J Croton Eieuteria Sw. ( Clutia Eleuteria Liun.), vulgairement, à Haïti, Sauge du port de la paix.
13: Officin., cortex Cascarillœ, cortex Eleutheranus, Chacrille, Quinquina aromatique, Cascarille officinale ou vraie.
ÉCORCES. — CASCAR1LLE.
4° Autres espèces. — Il paraît qu’on emploie aussi aux mômes usages les écorces du Croton cascarille (1), dont j’ai déjà parlé, du Crolon balsamifère (2), du Croton linéaire (3), du Croton brillant (4) et du Crolon humble (5).
§ VU. — Écorce rte Garou.
1° Î'lante. — L’écorce de Garou est fournie par le Daphné garou (6), sous-arbrisseau de la famille des Thvmélées, qui croît dans les lieux arides et montueux de nos provinces méridionales.
Description (fîg. 48). — Tige haute de 6 à 10 décimètres, divisée, dès la base, en plusieurs branches plus ou moins droites. Feuilles nombreuses, très-rapprochées, presque imbriquées au sommet des rameaux, sessiles, lancéolées-linéaires, aiguës, trèsglabres. Inflorescence en panicules terminales médiocres, peu élalées. Fleurs petites, pédonculées, blanchâtres ou rougeâtres, odorantes, hermaphrodites. Calice en entonnoir, à limbe 4-fide, couvert d’un duvet presque cotonneux, marcescent, puis caduc. Étamines 8, incluses. Style terminal, court, filiforme ; stigmate eapitë. Fruit (baie) globuleux, à mésocarpe charnu-pulpeux, un peu sec, noirâtre, monosperme, indéhiscent ; endocarpe crustacé, fragile.
2° Ecorce (7). — L 'écorce de Garou est brune et légèrement grisâtre. Elle se ride un peu parla dessiccation. Celle des pharmacies est en lanières minces, tenaces, couvertes d’un duvet soyeux, grisâtres et tachetées extérieurement, jaunes intérieurement.
Dans le commerce, ces lanières sont réunies en petits paquets.
Cette écorce contient de la daphnine, de la cire, une résine âcre, une matière colorante jaune, du sucre extractif, de la gomme (Baër et Gmelin) .
La daphnine (Vauquelin) est en cristaux incolores; elle est peu soluble dansl’eau froide, mais très-soluble dans l’eau bouillante, l’alcool et l’éther.
(1) Crolon Cascarilla Liiin.
(2) Croton balsamif arum, Linn.
(3) Croton lineare Jacq.
(4) Croton micans Sw. (C. squamosum Poir.).
'(5) Croton humile Linn.
(6) Daphné Gnidium Linn. ( D . paniculata Lam., Ttujmelea Gnidium AU.), vulgairement Lauréate paniculée.
(7) Vulgairement Saint-bois, Sainbois.
3° Propriétés et usages. — Odeur faible. Saveur âcre, corrosive, très-persistante. Lorsqu’on la mâche, elle excite une violente irritation dans la bouche et dans l’œsophage. La daplmine offre une saveur astringente.
Le Garou est stimulant et diaphorétique. On l’a conseillé dans les scrofules, la syphilis constitutionnelle, le rhumatisme chronique, les dartres et les maladies du système osseux.
On l’administre en poudre, en tisane, en extrait, en sirop, en pommade. On en retire une huile verte (Lartigues). 11 entre dans la préparation des pois suppuratifs de Wislin. Il sert à la composition du papier et du taffetas vésicant (Béral).
ÉCORCES. — MUSSENNA.
4° Succédanés. — La plupart des Daphnés peuvent être regardés comme des succédanés du Garou, principalement le Bois gentil (t), la Lauréate odorante (2) et la Lauréole commune (3). Les gens de la compagne emploient cette dernière comme épispastique.
§ VIII. — ne l’Écorce de itlusscnna.
1° Plante. — On doit la connaissance de cette précieuse écorce à M. G. Scliimper. MM. d’Abbadie et Pruner l’ont importée en Europe. C’est en 1846 qu’on a commencé à l’employer. Mais elle est encore peu répandue, surtout en France.
La plante qui la produit croît en Abyssinie, dans le Kolla occidental et dans les terres basses de Samhar. Les docteurs Quartin Dillon et Antoine Petit l’ont récoltée autour d’Add’erbati.
On a ignoré longtemps quelle était au juste cette plante. M. Schimper, et plus tard les docteurs Quarlin Dillon et Antoine Petit, n’en avaient envoyé que des échantillons sans Heurs et sans fruits. A. Richard rapporta ces échantillons à une Légumineuse qu’il désigna provisoirement sous le nom de Besenna anthelmintliica? Tout récemment M. Courbon a remis au Muséum d’histoire naturelle des échantillons complets de Mussenna. M. Adolphe Brongniarl les a étudiés et communiqués à la Société de botanique.
La plante est bien une légumineuse. Elle appartient au genre Albizzie. M. Brongniarl l’ appelle Albizzie anthelminthique (4).
Description. — Petit arbre, de 3 à 6 mètres de hauteur; rameaux tortueux, couverts d’une écorce glabre et cendrée. Feuilles bipennées ; pinnes disposées par 2 ou 3 paires, à folioles 2, 3 ou 4 paripennées, irrégulièrement obovales, inéquilatérales à la base, obtuses ou à peine aiguës, entières, glabres, réticulées en dessous, d’un vert pèle. Inflorescence en capitules peu serrés, composés de 15 à 30 fleurs, petites, d’un jaune verdâtre. Calice turbiné, étroit, glabre, à 4 lobes courts, larges et obtus. Corolle deux fois plus grande que le calice, à 4 lobes, oblongs, un peu pointus, veinés. Étamines nombreuses, longues, capillaires ; à filaments jaunes et à anthères petites verdâtres. Ovaire allongé, étroit, glabre. Fruits oblongs, un peu réticulés,
(1) Daphné Mezereum Linn. [Thymelea Mezereum AU.), vulgairement Joli bois, Mezereon, Lauréole femelle, Lauréole gentille.
(2) Daphné cneorum Linn.
(3) Daphné Laureola Linn. (Thymelea Laureola Alt.), vulgairement Lauréole, Lauréole majeure, Lauréole mâle. Laurier des bois.
(4) Albizzia anthelminthica A. lirong. (Besenna anthelminthica? A. Ricli.).
MOQ.-TAND. — BOT. MED.
glabres, contenant 2 ou 3 graines, quelquefois courts, elliptiques ou obovés et monospermes, terminés par une pointe trèscourte. Graines arrondies, comprimées, glabres et jaunes.
2° Ecorce. — L’écorce de Mussenna (1) est en plaques de 12 à 25 centimètres de longueur, sur 3 à 4 de largeur. Les plus grossesoffrenl 6 millimètres d’épaisseur. Ces plaques sont oblongues, irrégulières et un peu luilées. Surface lisse, à peine fendillée et d'un gris roussâtre, un peu verdâtre dans les endroits dénudés. Intérieur d’un jaunâtre pâle, d’apparence assez fibreuse. Cette écorce se rompt sans effort. Cassure homogène, un peu grenue, comme spongieuse, d’un blanc jaunâtre, non résineuse. Cette description est faite sur des échantillons que M. d’Abaddie a bien voulu me communiquer.
L’écorce de Mussenna peut être pulvérisée assez facilement, si l’on a soin d'en ôter le liber.
On emploie celle du tronc et des branches.
Le docteur F. Pruner a fait préparer, au Caire, par M, Gastinel, un extrait de Mussenna. Cet extrait était cristallisé.
3° Propriétés et usages. — Odeur nulle, du moins dans les échantillons secs. Saveur non désagréable, à peine astringente, très-peu amère, laissant dans l’arrière-gorge une sensation comme aigrelette.
L’écorce de Mussenna est vermifuge ; c’est un spécifique contre le ténia, très-renommé en Abyssinie. 11 guérit radicalement, plus radicalement que le cousso. 11 tue le ver et même contribue à le décomposer dans le tube digestif (Pruner) ; car il est rendu, non pas en fragments rubanés plus ou moins longs, mais sous forme de bouillie caillebottée (Burguières). A faible dose, le Mussenna ne cause ni purgation, ni tranchée ; mais à dose trop forte, il agit comme purgatif et peut même devenir dangereux (Pruner).
Lorsqu’un Éthiopien veut se faire moine, il s’y prépare en prenant du Mussenna, à la dose ordinaire, pendant trois jours (d’Abbadie).
On l’administre réduit en poudre, dans de l’huile ou du miel, ou bien mêlé soit à de la bouillie de farine, soit à une purée de pois (Pruner). L’extrait cristallisé donné en grains, en Allemagne (1851), a produit de bons effets.
(1) Vulgairement, en Abyssinie, Moussenna, Moucenna, Afesseuna, Muscena, Busenna, Bessenna, Aboussenna.
ÉCORCES PEU EMPLOYÉES
§ IX. — i»e <iucl<|iics Ecorces peu employées.
1° Écorce d’Alcornoque, ou Bowdichie virgilioïde (I), Légumineuse de l’Amérique méridionale. — Aslringente et un peu amère. — Indiquée comme succédanée de l’ipécacuanha.
L’écorce d’une espèce voisine, l’ Alcornoque du Brésil (2), a été recommandée contre les douleurs rhumatismales, la syphilis, l’hydropisie.
2° Ecorce d’Ai yxie (3), Apocynée des îles de la Malaisie. — Un peu amère et aromatique. — Conseillée contre les fièvres pernicieuses.
3° Écorce d’Angeian (4), Légumineuse de la Jamaïque. — Saveur mucilagineuse et insipide. — Vermifuge.
L’écorce d’une espèce voisine, YAngelin de Surinam (o), présente une saveur légèrement amère et astringente, et une propriété analogue à celle de la précédente.
4° Écorce d’Angusture fausse. Voyez page 141.
5° Écorce d’Ailante (6), Térébinthacée du Japon. — Proposée dans ces derniers temps contre le ténia (Hétet). — Administrée en poudre.
6° Écorce de Baobab (7), grand arbre africain, de la famille des Bombacées. — Fébrifuge. — Employée en décoction(Durhassaing).
Les feuilles pulvérisées et la pulpe aigrelette des fruits sont préconisées au Sénégal contre les fièvres intermittentes (Adanson).
7° Écorce de Barbatimao, produite par plusieurs Légumineuses du Brésil (8). — Astringente et amère. — Conseillée dans les hernies.
8° Écorce de Buis (9), Euphorbiacée indigène. Elle contient un principe particulier ( buxine ). — Sudorifique. — Conseillée dans les syphilis rebelles et dans les rhumatismes chroniques. — Administrée en décoction.
(1) Bowdichia virgilioides Kunth.
(2) Bowdichia major Mari.
(3) Alyxia stellata Rœm. et Schult. (A. aromatica Reiirw., Gynopogon stellatum Forst.).
(4) Andira inermis, Kunth [Geoffroya inermis Sw.), vulgairement Bois palmiste des Antilles.
(5) Andira retusa Kunth ( Geoffrœa retusa Lam.).
(6) Ailantus gtandulosa Desf., vulgairement Vernis du. Japon, faux Vernis.
(7) Adansonia digitata Linn.
(8) 1° Acacia angica Mari., 2° A. Jurema Mart., 3. Phitecollobium avaremolemo [Mimosa cochlicarpos Gom., Inga avaremotemo Endl.).
(9) Buxus sempereirens Linn.
9° Écorce de Cailcédra, ou Khaya du Sénégal (I), Cédrélacée de la Gambie et du cap Vert, bel arbre. Elle contient un principe immédiat incrislallisable (caïl-cédrin) . — Amère. — Fébrifuge (Duvau). — Administrée en infusion, en vin, en alcool, en sirop (E. Caventou), en poudre et en extrait aqueux (Duvau).
10° Ecorce de Carapa. — On en connaît deux espèces qui sont des arbres : 1 0 le Carapa de la Guyane (2) ; 2° le Touloucouna (3), du Sénégal. La dernière contient un principe particulier résinoïde (touloucounin). — Saveur amère. — Fébrifuge. — Administrée en vin, en teinture, eu sirop (E. Caventou) (4).
11° Ecorce de Casca d’anta (d), Apocvnée du Brésil. — Trèsamère. — Fébrifuge.
12° Écorce de Chêne. — Fournie par plusieurs espèces de Chênes indigènes, particulièrement par le Chêne à grappes (6) et par le Chêne sessile (7). Leur écorce réduite en poudre porte le nom de tan ; quand celte dernière est très-fine, on l’appelle fleur de tan. — Astringente. — Administrée en poudre et en infusion.
On donne le nom d ejusée au liquide qui se trouve dans les fosses des tanneurs. On l’a conseillée dans la phthisie (Vigla). On en prépare un extrait.
13° Écorce de Ci.avalier (8), Rutacée des Antilles. — Acre. — Fébrifuge.
14° Écorce de Codagapala, ou Wrightie dysentérique (9), Apocynée du Ceylan. — Saveur très-amère. — Conseillée contre la dysenterie.
15° Écorce de Culilawan (10), Laurinée des Indes, arbre. — Saveur aromatique et chaude, mêlée d’un goût astringent cl mucilagineux. — Succédanée de la cannelle.
i 6° Écorce de Frêne (ti), Oléacée indigène, arbre, — Con-
(I) Khaya senegalensis Guill. et Perr. ( Sivietenia Senegalensis Desr.), vulgairement Caïb, Quinquina du Sénégal, Acajou du Sénégal, Caïl-cédra.
(i) Carapa Gujanensis Aubl.
(3) Carapa Touloucouna Guill.
(4) Voy. lechap.des Huiles.
(5) Iiauwolfia
(6) Quercus race mosa Lam. [Q. robur Linn.), vulgairement G race lin, Chêne blanc.
(7) Quercus sessiliflora Smith, vulgairement Rouvre, Boure.
(8) Xanthoxylum clava-fferculis Linn. (X. Caribæum Lam.,X. Carolinianum Gærln.).
(9) Wrightia antidysenterica Brown ( Nerium antidysentericum Linn.).
(10) Cinnamomum Culilawan Blume [Laurus Culilawan Linn.), vulgairement Cannelle giroflée.
(II) Fraxinus êxcelnor Linn. [Fr. apetala Lam.)
ECORCES PEU EMPLOYEES
seillée contre les fièvres paludéennes, la goutte, le scorbut et même contre les vers intestinaux. — Administrée en poudre et en décoction vineuse (1).
17° Écorce de Guaré purgatif (2), Méliacée du Brésil. — Amère, un peu âcre, astringente. — Purgative et anlhelminthique, bonne surtout contre les ascarides. On s’en sert aussi dans les tumeurs arthritiques des extrémités. Elle agit fortement sur l’utérus et peut provoquer l’avortement.
Le Guaréen épi (.1) présente des propriétés analogues.
18° Écorce de Marronnier (4), Hippocastanée de l’Asie cultivée en France. — On en retire un principe particulier (1 ’æsculine). — Prônée comme succédanée du Quinquina (Cusson). — Administrée en poudre, en infusion, en décoction.
19° Écorce de Monesia (5), Sapolée du Brésil. — Saveur astringente et amère. Elle contient une matière grasse, analogue à la saponine ( monésine ). — Elle a une action puissante sur l’utérus. Quelques médecins la regardent comme un succédané précieux du seigle ergoté (Martin Saint-Ange). — Administrée en extrait, en sirop, en teinture, en pommade.
20° Ecorce de Noyer (6), Juglandée originaire de la Perse, maintenant commune dans toule l’Europe. — Antiscrofuleuse, conseillée aussi contre l’ictère, les exanthèmes, et même contre la pustule maligne.— Administrée ensirop, en extrait, en lotions, en pommade, en collyre.
Le brou du fruit passe pour tonique, stomachique, anthelminthique et antiseptique. On en préparait un extrait; c’était un des éléments de la tisane antivénérienne de Pollini (7).
21° Écorce d’Orme (8), Lîlmacée indigène. — Conseillée contre l’hydropisie ascite.
L ’Ulmus falva Michx, d’Amérique, est employé contre les maladies inflammatoires.
22° Écorce de Palo piquante (9), Magnoliacée du Mexique. — Saveur aromatique et astringente.
(I) Voy. le chapitre des Fcuilles.
(i) Guarea pirgais Saint Hd., vulgairement Marintheiro .
(3) Guarea spicœflora A. Juss. (G. cernua Vetl ), vulgairement Marintheiro de folha largo, Tuaiussu, Utuapoca.
(4) Æsculus /Jippocastanum Linn.
(5) Chrysophyllum glycyphlceum Casar., vulgairement Buranhem , Guaranhem, Mohica.
(6) Juglans regia Linn.
(T) Voy les chapitres Fbuillfs et Huilfs.
(8) Ulmus campestris Linn.
(V) Drimys M exicana ? Mue. et Sessé.
23° Écorce de Pao pereira (1), Apocynée du Brésil. — Saveur amère. — Fébrifuge.
24° Écorces de Sadles, Salicinées indigènes. On en a employé plusieurs espèces (2). On en a retiré un principe immédiat (sa- Heine). ■ — Amères, fébrifuges et un peu astringentes.
25° Écorce de Sureau (3), Caprifoliacée indigène. — Son enveloppe verte et herbacée passe pour hvdragogue. — Administrée en apozème et en vin.