TABAC
Calice urcéolé, persistant, à 5 lobes étroits et acuminés, inégaux. Corolle en entonnoir, à tube deux fois plus long que le calice, évasé au sommet, portant un limbe étalé, presque étoilé, à lobes larges, triangulaires, aigus, offrant un pli longitudinal. Étamines 5, insérées vers le milieu de la hauteur du tube, ne le dépassant pas; offrant des filets subulés, très-grêles, un peu réfléchis-arqués, velus inférieurement, et des anthères petites, ovoïdes. Ovaire conoïde, aigu, glabre, appliqué contre un disque bypogyne, jaune ; style à peu près de la longueur des étamines, cylindrique, très-grêle, un peu élargi vers le sommet, glabre, terminé parun stigmateconvexelégèrementbilobé. Fruit ( capsule ) étroitement embrassé par le calice, ovoïde, un peu pointu, mince, s’ouvrant par deux valves longitudinales. Graines nombreuses, très-petites, irrégulièrement arrondies, rugueuses.
Cette espèce présente 8 variétés principales.
2° Feuilles. — Feuilles alternes, sessiles, amplexicaules et légèrement décurrentesà leur base, qui est pourvue de deux lobes arrondis en forme d’oreillettes, grandes, atteignant 33 centimètres de longueur et même davantage,el tOà 12de largeur, ovales ou oblongues-lancéolées, rétrécies à la base, acuminées, entières, pubescentes, visqueuses, vertes, molles.
La récolte des feuilles a lieu vers le mois de juillet. On prend d’abord les trois ou quatre inférieures, lorsqu’elles commencent à se pencher vers le sol. Comme ces feuilles sont souvent salies par de la terre, elles sont moins bonnes que les autres. On passe ensuite à celles qui viennent immédiatement après, et l’on répète cette opération tous les huit jours.
3° Tabac. — Les feuilles sont essuyées et triées. On les enfile et l’on en forme des paquets d’une cinquantaine ou d’une centaine. On suspend ces paquets dans des lieux bien aérés ou dans des espèces de hangars. Les feuilles se dessèchent.
On les examine encore une à une, pour en retirer toutes les parties attaquées : c’est là Yépoulardage.
! , Puis on les arrose averune solution aqueuse de sel marin : c’est là le mouillage. On le répète plusieurs fois. Dans certains cas, au lieu de sel, on met dans l’eau de la mélasse ou de l’eau-de-vie.
Ensuite on détache et l’on enlève la côte médiane. C’est là 1 ’écôlage.
Après cela, on mêle ensemble les diverses qualités de feuilles, afin de corriger les plus faibles par les plus fortes. Alors s’opère j la séparation du l'abus à fumer et du Tabac à priser.
1° Le premier est mouillé de nouveau, mais avec de l’eau pure
seulement. On le laisse fermenter quelque temps. Puis, on le hache grossièrement, et on l’expose sur une platine à un feu doux, qui le fait crisper : c’est le frisage.
Ainsi préparé, on roule le Tabac dans des feuilles entières, et on le tord à la mécanique, pour en former une corde , laquelle, tordue sur elle-même, produit un rôle. Ces cordes sont coupées en lames minces dont on sépare les feuillets. Ce qui donne le Tabac à fumer ordinaire ou Tabac frisé.
On façonne ce même Tabac en petits cylindres atténués à chaque extrémité; ce qui produit les Cigares.
Ces Tabacs qui brûlent le mieux sont ceux qui contiennent suffisamment de sels de potasse à acides organiques. Ils cessent de l’être, lorsqu’ils n’en renferment qu’une portion très-faible(Schlæsing). On peut, du reste, leur en donner artificiellement.
2° Le Tabac à priser est mouillé avec de l’eau salée. On le laisse aussi fermenter quelque temps; puis on coupe les rôles en morceaux d’égale longueur, que l’on place dans des moules cerclés de fer, où ils sont foulés et comprimés. On les retire de ces moules et on les entoure de ficelle très-serrée, il en résulte des carottes que l’on râpe de diverses manières pour les réduire en poudre.
Les feuilles de Tabac contiennent de la nicotine, de la nicotianine, de l’extractif, de la gomme, de l’albumine, du gluten, de l’amidon, de l’acide malique et quelques sels.
La nicotine est un liquide assez fluide, transparent, incolore, anhydre, s’épaississant et devenantjaunâtre, puisbrun au contact de l’air. Elle se volalillise à 2o0 degrés environ, en laissant un résidu charbonneux.
La nicolianine est solide. C’est une espèce d’huile volatile, insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool et dans l’éther.
4° Propriétés et usages. — Les feuilles fraîches du Tabac exhalent une odeur vireuse très-désagréable. I, 'odeur de la nicotine est âcre; celle de la nicolianine ressemble à l’odeur du tabac. La saveur des feuilles est bien connue. Celle de la nicotine est brûlante et celle de la nicolianine amère. •
L’emploi des Tabacs à priser et à fumer est devenu depuis longtemps un besoin pour presque tous les peuples.
L’action forte et piquante du Tabac détermine sur les muqueuses nasale et buccale, et puis sur le système nerveux, des effets agréables, difficiles à décrire, surtout pour les personnes qui en ont la coutume.
On a beaucoup exagéré les vertus du Tabac comme médicament. Dans le principe, on le nommait herbe à tous les maux.