‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 72 sur 247 · FEUILLES. — TABAC · texte numérisé non relu

FEUILLES. — TABAC

eommeremède. On assure qu’ilsobservèrent,pourlapremièrefois, la planle d’où provenaient ces feuillus , aux enviions de Tabago, l’une des petites Antilles (1), et lui donnèrent le nom de cette ville, dont nous avons fait celui de Tabac. Il paraît cependant plus probable que ce mot vient de Tabago, espèce de cigare employé, de temps immémorial, en Amérique, ou de Tobacco, sorte de pipe primitive, dont se servaient les habitants de Saint-Domingue.

C’est peu de temps après la découverte de l’Amérique, que le Tabac fut introduit en Europe. On le regarda, d’abord, comme un remède. Bientôt s’établit l’usage de le réduire en poudre et de l’introduire dans le nez. Celte bizarre innovation fut regardée d’abord comme dangereuse. En 1604, Jacques Ier, roi d’Angleterre, et, en 1624, le pape Urbain VIII, s’élevèrent avec violence contre la planle américaine et la défendirent sous des peines trèssévères. La même interdiction eut lieuen Turquie et en Perse ; on alla, dans ces derniers pays, jusqu’à la menace de couper le nez, et même jusqu’à celle de la mort. Malgré ces défenses, le Tabac fut toujours regardé comme une source de plaisir, et d’autant plus recherché, qu’on rencontrait plus d’obstacles. On ne se contenta pas de le priser, on le fuma et on le mâcha !

C’est vers 1558 qu’un moine, André Thevet, importa en France le « Tabac, herbe parfum fort salubre pour faire distiller et consumer les humeurs superflues du cerveau, qui fait passer la faim et la soif, et dont les chresliens établis en Amérique sont devenus merveilleusement frions ! »

Très-peu de temps après, en 1560, sous le règne de Henri IV, le 2’aèacfut mis en honneur par Jean Nicot, notre ambassadeur à la cour de Portugal, lequel envoya de Lisbonne, à Marie de Médicis, une certaine quantité de la nouvelle poudre. On l’appela d’abord Y herbe à V ambassadeur et poudre de la Reine.

Les botanistes désignèrent la plante américaine sous le nom de Nicotiane, en l’honneur de son introducteur.

Peu à peu l’usage du Tabac s’est répandu. Le gouvernement y mit un impôt, puis il en prit le monopole, et le revenu de ce monopole s’est élevé graduellement jusqu’à la somme énorme où il est aujourd’hui. En 1787, le tabac rapportait au gouvernement français environ 29 millions; en 1844, il a donné 100 millions, dont 75 de bénéfice net. En 1847, le produit net a été de 86 millions, et en 1853, de 105.

(1) Ou à TabacOy province du royaume du Yucatau, on bien encore à Tabasco , ville de l’ancienne intendance du Mexique.

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Description (fig. 52). — Plante annuelle. Tige dressée, haute de 60centimètresà un mètre et demi, cylindrique, pubescente,ra-

Fig. 52. — Nicotiane ordinaire.

meuse. Inflorescence en panicule terminale, pauciflore. Fleurs grandes, d’un blanc jaunâtre, légèrement verdâtres, à limbe rose.

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