‹ Éléments de botanique médicaleChapitre 77 sur 247 · FEUILLES. — DIGITALE · texte numérisé non relu

FEUILLES. — DIGITALE

ont une odeur vireuse et nauséabonde, surtout quand on les froisse. Saveur âcre et amère. Elles perdent une grande partie de leur odeur et presque leur saveur en se séchant. La daturine est amère, puis âcre.

On a vanté ces feuilles contre la coqueluche, le rhumatisme, les névralgies, l’asthme.

On les administre en cigares, en poudre, en suc, en infusion et en extrait (1).

§ TI. - Feuilles île Digitale.

1° Plante. — La Digitale pourprée (2) est une plante de la famille des Scrofularinées. Elle est commune eu France, dans les bois montueux. On la cultive dans les parterres.

Description. — Plante vivace. Tige haute de 5 à 10 décimètres, dressée, robuste, cylindrique, très-pubescente, ordinairement simple. Inflorescence en long épi terminal. Bractées ovales et aiguës. Fleurs en grappes terminales, unilatérales, pendantes, pédonculées, grandes, d’un rouge pourpre assez vif. Calice persistant, velu, à 5 lobes profondément distincts, ovales ou oblongs, pointus, à nervures presque parallèles. Corolle trèsgrande, gamopétale, irrégulièrement campaniforme, très-étroite ' à la base, à 5 lobes courts, inégaux, obtus, dont un extérieur beaucoup plus grand. Ces lobes portent de petits poils sur les bords ; le grand lobe présente en dedans des points noirâtres, garnis de longs poils mous. Étamines 4, plus courtes que la corolle, inégales, à filets arqués ou coudés, offrant des anthères didymes. Ovaire oblong, velu; style delà longueur des grandes étamines; stigmate bifide. Fruit ( capsule ) dépassant peu le calice, ovoïde, acuminé, presque tomenteux, s’ouvrant par deux valves. Graines nombreuses, très-petites, anguleuses, brunes.

2° Feuilles. — Les feuilles radicales sont alternes, disposées en touffe, assez longuement pétiolées, ovales ou ovales-lancéolées, plus ou moins obtuses, à bords crénelés, un peu onduleuses, pubescentes, fortement ridées et verdâtres en dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous ; les caulinaires sont oblongues et pointues; celles du haut deviennent sessiles. Les nervures paraissent très-saillantes à la face inférieure.

Les feuilles de la Digitale contiennent : de la digitaline , de la digilalose, du digitalin, de la digitalide, de l’acide digitalique,

(1) Voyez le chapitre des Giuines.

(î) Ditjitalis purpurea Liuu., vulgairement Gants de Notre-Dame, Gantelée.

de l’acide antirrhinique, de l’acide digilaléique, de l’acide tannique, de l’amidon, du sucre, de la pectine, une matière azotée albuminoïde, une matière colorante rouge orange cristallisable, de la chlorophylle, une huile volatile, du ligneux (Homolle et Quevenne).

Les quatre principes d’abord signalés sont des substances neutres. La digitaline est en fragments d’un jaune pâle; elle brûle sans résidu ; elle est fort peu soluble dans l’eau, mais très-soluble dans l’alcool.

3° Propriétés et usages. — Ces feuilles ont une saveur âcre, amère et désagréable. La digitaline présente une odeur particulière qui provoque de violents éternumenls. Elle possède une amertume intense.

Les feuilles de la Digitale sont purgatives et même émétiques. A faible dose, elles favorisent la sécrétion des glandes salivaires, resserrent la gorge et donnent du malaise à l’estomac. Elles ralentissent les mouvements du cœur. A dose un peu élevée, elles déterminent une excitation générale et augmentent la production de l’urine. A dose très-forte, elles agissent comme les poisons narcotico-âcres.

On les administre en poudre, en granules, en extrait aqueux, en tisane, en vinaigre, en teinture alcoolique, en sirop, en lavements. On en compose une pommade, un emplâtre. On emploie la digitaline en pilules, en granules, en potion, en sirop et en pommade.

4° Autre espèce. — Nous avons, en France, une autre espèce à fleurs plus petites et jaunâtres, qui présente les mêmes propriétés : c’est la Digitale parviflore (1).

§ vbi. — rouilles «le mauves.

1° Plantes. — Les Mauves appartiennent au genre Malva et à la famille des Malvacées; elles sont très-communes en France, le long des haies et des chemins et dans les bois.

Le genre Mauve est caractérisé : par un calicule à 3 petites folioles libres et étroites, presque égales ; par un calice gamosépale à 5 sépales ; par une corolle à pétales subcordiformes, échancrés au sommet; par des étamines nombreuses, à filets soudés en colonne, et par un fruit déprimé, composé de carpelles nombreux, capsulaires, indéhiscents, monospermes, réunis en cercle autour du prolongement de l’axe.

(i) Digilalis lutea Linn. [D. parvi/lora Lani.).

Page 1