LIV. I, CIIAP. V, HYDROGÈNE PHOSPHORE
255. Analyse. — Comme le gaz ammoniac, l’hydrogène phosphore gazeux renferme une fois et demie son volume d’hydrogène. C’est ce que M. Dumas a démontré en chauffant dans une cloche courbe un volume déterminé de ce gaz avec du cuivre métallique. Il se forme du phosphure de cuivre, et l’hydrogène est mis en liberté.
On peut déduire de cette expérience la composition de l’hydrogène phosphoré. En effet, si de
1,184 densité du phosphure gazeux, on retranche. 0,105 densité et demie de l’hydrogène.
il reste . . . 1,081 quart de densité de la vapeur de phosphore.
Par conséquent, 4 volumes d’hydrogène phosphoré contiennent 6 volumes d’hydrogène et 1 volume de phosphore.
On en déduit facilement la composition en centièmes :
Hydrogène 8,57
Phosphore 91,45
254. Analogies chimiques. — Le phosphure gazeux a des propriétés alcalines qui Pont fait rapprocher de l’ammoniaque. On peut en effet le combiner avec l’acide iodhydrique, il produit alors une combinaison cristallisée en cubes magnifiques que l’eau en excès détruit, en en dégageant de l’hydrogène phosphoré non spontanément inflammable. Nous ferons remarquer que cette combinaison correspond, par sa composition et sa forme cristalline, à l’iodhydrate d’ammoniaque. Sa formule est :
PhHs,IH.
Pour obtenir cette combinaison, il suffit de mettre les deux gaz en présence, à volumes égaux, sur la cuve à mercure. Mais, ce corps pouvant servir à préparer de l’hydrogène phosphoré gazeux parfaitement pur, nous indiquerons, en étudiant les iodures de phosphore, un mode de prépayation qui permet de l’obtenir en plus grande quantité.
On obtient également la combinaison de l’hydrogène phosphoré avec l’acide bromhydrique, en mélangeant les deux gaz à volumes égaux sur la cuve à mercure.
L’hydrogène phosphoré gazeux ne se combine pas avec l’acide chlorhydrique à la température ordinaire et sous la pression de l’atmo-
CHIMIE INORGANIQUE
sphère. Mais on obtient celte combinaison en cristaux cubiques en refroidissant vers — 50° le mélange à volumes égaux des deux gaz ou en comprimant ce même mélange dans le tube de l’appareil Cailletet à 20 atmosphères, à la température de 14° ; les cristaux disparaissent dès que la pression diminue (Ogier).
L’hydrogène phosphoré est absorbé' par les chlorures d’antimoine et autres chlorures anhydres, avec lesquels il forme des combinaisons analogues à celles que le gaz ammoniac produit dans les mêmes circonstances. Ces analogies du phosphure gazeux et de l’ammoniaque, et d’autres encore tirées de la comparaison des bases phosphorées et des ammoniaques composées, ont conduit les chimistes à les représenter par les formules semblables,
PhH3 et AzH5,
qui correspondent à 4 volumes, si l’on convient que H représente 2 volumes.
Il faut toutefois remarquer que Ph ne représente que 1 volume de vapeur de phosphore, tandis que Az représente 2 volumes d’azote. Ordinairement les quantités de matière qui se remplacent dans les composés analogues correspondent à des volumes égaux. 11 y a donc là une anomalie que les recherches récentes sur la densité des vapeurs n’ont pas fait disparaître.
PHOSPHURE LIQUIDE Ph2H
255. Préparation. — L’appareil dont on se sert pour préparer ce phosphure se compose d’un flacon à trois tubulures, de 1 litre environ de capacité, contenant de l’eau chaude (fig. 77). La tubulure du milieu porte un tube droit, aussi large que possible, par lequel on introduira le phosphure de calcium ; l’une des tubulures latérales est fermée par un bouchon que tr averse un tube recourbé dont une des parties est refroidie par un mélange de glace et de sel ; l’autre tubulure porte un tube abducteur qui plonge dans l’eau. On maintient vers 40° la température de l’eau du llacon, en le plaçant dans un bain-marie chauffé sur un fourneau.
Ou expulse l’air de l’appareil par un courant d’acide carbonique que l’on fait pénétrer par l’extrémité d’un tube recourbé F; on évite ainsi les explosions que produiraient les premières bulles d’hydrogène plios-