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LIV. I, CMP. VI, RECHERCHE DE L’ARSENIC

Le cuivre donne un arséniure de cuivre ; le biclilorure de mercure est seulement ramené à l’état de protochlorure.

L’hydrogène arsénié est formé à partir des éléments avec une absorption de — 5G cal, 7 (Ogier). C’est donc un corps explosif. M. Berthelot l’a fait détoner sous l’inlluence de l’explosion d’une petite capsule de fulminate de mercure et il s’est résolu entièrement en ses éléments.

Si on compare sa chaleur de formation à celle des hydrures d’azote et de phosphore, on trouve :

Az + H3 AzH5 +12«1,2

Pli + H3 = PhH3 : +11 ,6

As+Hs = AsH3 — 56 ,7

251. Composition. — 4 volumes de ce gaz contiennent 1 volume de vapeur d’arsenic et 6 volumes d’hydrogène. Son analyse se fait exactement de la meme manière que celle de l’hydrogène phosphorè (253).

252. Arséniure solide, As2H. — La décomposition par l’eau des arséniures alcalins donne une poudre brune qui paraît être un arséniure solide (Gay-Lussac et Thénard). Davy a obtenu le même composé en se servant de l’arsenic comme électrode négative dans la décomposition de l’eau. D’après M. Blondlot le zinc se recouvrirait d’une couche d’hydrure solide, toutes les fois que l’on introduit dans l’appareil de Marsh, en même temps que la liqueur arsénieuse, de l’acide azotique ou un azotate. Un alliage de 1 partie d’arsenic et 5 de zinc, traité par l’acide chlorhydrique, en fournit environ 3 millièmes de son poids.

C’est une poudre d’un rouge brun, décomposable à 200° en arsenic et hydrogène, que l’acide azotique fumant enflamme. Le chlore, le brome et l’iode le décomposent avec incandescence en donnant des acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique et des chlorure, bromure ou iodure d’arsenic.

EMPOISONNEMENT PAR l’aCIDE ARSENIEUX

255. Recherche de l’arsenic.-- Un grand nombre d’empoisonnements sont causés par l’acide arsénieux. On comprend alors la nécessité de posséder une méthode sûre et précise pour reconnaître ce corps dangereux.

Ordinairement l’empoisonnement provoque des vomissements abondanls, qui expulsent la majeure parlie de l’acide arsénieux de l’esto-

CHIMIE INORGANIQUE

mac. Il faut donc, quand on a ces matières à sa disposition, y rechercher le poison; un examen attentif permet, dans la plupart des cas, d’y reconnaître la présence de grains blancs d’acide arsénieux que leur peu de solubilité a laissés à l’état solide au milieu des liquides de l’estomac. Ces grains sont lavés avec de l’éther pour les dépouiller de toute matière grasse, puis ils sont soumis aux essais suivants :

4° Quelques grains projetés sur un charbon ardent laissent dégager l’odeur d’ail caractéristique, qui se produit toutes les fois qu’on réduit l'acide arsénieux ou qu’on oxyde l’arsenic.

2° Ces grains se dissolvent facilement dans l’eau chaude aiguisée d’acide chlorhydrique; la dissolution incolore, traitée par l’acide sulfhydrique, donne immédiatement un précipité jaune de sulfure d’arsenic (AsS3), que l'on reconnaît en le chauffant dans un tube fermé avec un mélange de carbonate de soude et de cyanure de potassium. Il se dégage dans ce cas de l’arsenic métallique qui vient se condenser sous forme d’anneau miroitant sur les parois supérieures du tube.

Cet anneau sera l’objet d’un examen spécial que nous indiquerons tout à l’heure.

Mais souvent les matières vomies ont disparu, et la mort peut avoir suivi l’empoisonnement. Il faut alors rechercher dans l’estomac, dans les liquides qui y sont contenus et dans la vessie, les traces du poison. On prend une portion des viscères à examiner et on les chauffe dans une petite capsule avec de l’acide sulfurique concentré, bien exempt d’arsenic. La substance organique se çarbonise et se transforme en une matière noire brillante qui contient tout l’arsenic. On y ajoute une petite quantité d’acide azotique pur alin d’oxyder l’arsenic qui pourrait être réduit et transformer l’acide arsénieux en acide arsénique plus soluble, puis on traite la matière par l'eau distillée. Ce liquide doit rester incolore si toute la matière organique est détruite; elle est colorée en jaune dans le cas contraire; et il est alors nécessaire de recommencer la calcination.

La liqueur incolore est divisée en deux parties : on traite l’une d’elles par l’acide sulfhydrique pour obtenir le sulfure jaune d’arsenic : mais ici, comme l’arsenic est à l’état d’acide arsénique, la précipitation est lente; elle n’est même complète qu’après un ou deux jours. L’autre portion est traitée dans l’appareil de Marsh, modifié par la Commission de l’Académie des sciences.

254. Appareil de Marsh. C'est un appareil à hydrogène, dans Lequel le gaz qui se dégage traverse d’abord un tube à boule, puis un tube

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