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LIX. I, CHAP. VI, APPAREIL DE MARSH

assez large rempli d’amiante ou de coton cardé, et enfin un tube assez long et effilé par lequel il s’échappe dans l’atmosphère (fig. 81). L’hydrogène préparé à la manière ordinaire entraîne toujours avec lui un peu de liquide contenant du sulfate de zinc, qui pourrait troubler les résultats de l’expérience, la majeure partie du liquide sa condense dans la boule, le reste est retenu par l’amiante à travers lequel le gaz est obligé de se tamiser. Quand l’air est expulsé de l’appareil, on chauffe le tube effilé en un point où on l’a entouré d'une feuille mince de cuivre, afin qu’il ne se déforme pas sous l’influence de la chaleur. On enflamme également l’hydrogène à l’extrémité du tube. Cela fait, on verse par le tube droit dans le flacon une certaine portion du liquide arsenical. On voit bientôt la flamme de l’hydrogène changer de caractère; de pâle et presque incolore quelle était, elle devient blanchâtre ou plutôt livide

Fig. 81.

et assez colorée. Ce changement est dû à la présence de l’hydrogène arsénié dans la flamme. Comme ce gaz est décomposé par la chaleur en hydrogène et arsenic, il se produit, un peu au delà du clinquant, un dépôt miroitant d’arsenic. La flamme ne contient que la petite quantité de gaz qui a échappé à la décomposition; mais on peut l’y manifester en la coupant avec une soucoupe de porcelaine ; celle-ci se recouvre aux points touchés d’une tache noire et brillante d’arsenic métallique. La présence de ce métalloïde dans 1 intérieur de la flamme s’explique tout naturellement; d’abord l’hydrogène arsénié est décomposé en hydrogène et arsenic sôus 1 influence de la chaleur dégagée par la flamme, ensuite l’hydrogène, étant en grand excès, brûle de préférence à l’arsenic; celui-ci doit donc se trouver à l’état libre dans les parties de la flamme qui n’ont pas le contact immédiat de l’air, et ne peut brûler que dans les portions extérieures.

CHIMIE INORGANIQUE

250. Caractères die l’anneau et des taelies d’arsenic. — L’anneau d’arsenic se reconnaîtra aux caractères suivants : 1° la chaleur de la lampe le déplace facilement; 2° si on le chauffe après avoir séparé le tuhe de l’appareil en le tenant légèrement incliné, l’arsenic se grille (s’oxyde) dans le courant d’air qui traverse le tube, et se transforme en acide arsénieux qui va se condenser en petits cristaux octaédriques dans les parties supérieures, plus froides, du tube. L’air, à sa sortie du tube, possède, pendant toute la durée de l’oxydation, une odeur d’ail prononcée, tout à fait caractéristique. On pourra soumettre l’acide arsénieux condensé dans le tube aux essais indiqués plus haut pour reconnaître les grains de cet acide (254).

Les taches déposées sur la soucoupe de porcelaine, traitées par l’acide azotique pur et fumant, se dissolvent rapidement; on sature l’excès d’acide par l’ammoniaque, et l’on évapore à siccité ; on obtient ainsi une tache blanche, qu’on dissout dans une goutte d’eau; l’addition d’une petite quantité d’azotate d’argent dissous détermine dans cette liqueur un précipité rouge brique caractéristique d’arséniate d’argent. On peut se dispenser de saturer l’acide azotique par l’ammoniaque et évaporer à siccité l’acide arsénique formé, que l’on reconnaîtra en le traitant par l’acétate d’argent dissous. Ici le précipité rouge se formera toujours, à cause de l’insolubilité de l’arséniate dans l’acide acétique.

257. Caractères de l’anneau et des taches d’antiinoine. — On emploie souvent l’antimoine à l’état d’émétiqüe, comme médicament ; or les dissolutions de ce métal, introduites dans l’appareil de Marsh, donnent un anneau et des taches assez semblables à ceux de l’arsenic. Il est donc essentiel de connaître les caractères qui permettent de distinguer ces deux corps. L’anneau d’antimoine se déplace bien plus difficilement par la chaleur que l’anneau d’arsenic; par la même raison, on le voit se déposer plus près de la partie chauffée du tube. Si, après avoir détaché du tube, en coupant le verre, la partie qui contient l’anneau, on soumet celui-ci au grillage que nous avons indiqué au paragraphe précédent pour l’anneau d’arsenic, on voit encore l'anneau disparaître et se transformer en cristaux blancs d’acide antimonieux qui vont se déposer sur les parties froides du tube; mais l’oxydation se fait sans dégagement d’odeur d'ail. L’acide antimonieux est peu soluble dans l’acide chlorhydrique, à moins qu’il ne soit très concentré; il se dissout au contraire avec facilité dans l’acide tartrique ou dans le bitartrate de potasse, et la dissolution ainsi obtenue, traitée par l’hydrogène sulfuré, donne un précipité rougeâtre caractéristique du sulfure

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