LIV. I, CIIAP. VII, SOUFRE
niques, comme en Sicile, leur formation est indépendante des phénomènes volcaniques.
Le procédé d’extraction le plus simple consiste à séparer le soufre des matières terreuses par simple fusion. — On fait une espèce de meule (calcaroni) avec des morceaux de terre imprégnés de soufre, et on y met le feu en modérant la combustion avec de la terre; une partie du soufre brûle, une autre partie 'fond et s’écoule dans une cavité pratiquée au-dessous de la meule (fig. 84). Mais quelquefois aussi on fait subir à ces matières terreuses une véritable distillation en les chauffant dans de grands pots en terre qui portent à leur partie supérieure une tubulure qui se rend dans un autre pot de même forme. Le
Fig. 84.
soufre chauffé distille et va se condenser dans le second pot. Celui-ci est muni, à sa partie inférieure, d’une tubulure, par laquelle on fait couler le soufre fondu qui provient de la condensation des vapeurs. Ordinairement on range sur deux files les pots contenant le soufre dans un long fourneau appelé fourneau de galère; on les chauffe à la flamme à l’aide d’un même foyer.
Ces procédés d’extraction sont fort primitifs. On a adopté dans ces dernières années des méthodes plus perfectionnées, fusion du soufre par la vapeur d’eau surchauffée, dissolution du soufre dans le sulfure de carbone en vase clos^
Le soufre ainsi obtenu doit être distillé de nouveau, car il contient encore de 1 à 10 pour 100 d’impuretés entraînées en même temps.
CHIMIE INORGANIQUE
la vapeur de soufre, et l’on arrête l’opération avant que la chambre soit chauffée à la température de fusion du soufre. La vapeur, au sortir de la cornue C, se trouvant subitement condensée par l’air froid de' l’espace D, se dépose sous forme de poussière ténue. On ouvre alors la porte et l’ouverture supérieure pour refroidir de nouveau la chambre, et l’on recommence une nouvelle opération. Si l’on veut obtenir du soufre en bâtons, on continue la distillation assez longtemps pour échauffer vers 114° les parois de la chambre; le soufre fondu coule dans les parties déclives, et on le fait sortir de temps en temps par les ouvertures latérales, pour le couler dans des moules en bois où il prend sa forme.
On exécute ce raffinage à Marseille, sur une grande échelle, dans l’appareil représenté par la figure 85. C’est une cornue en fonte chauffée directement par la flamme d’un foyer où l’on fait arriver le soufre fondu contenu dans une marmite en fonte M chauffée par les gaz de la combustion qui se rendent dans la cheminée. D est une vaste chambre en maçonnerie, dont le sol est un peu incliné. Cette chambre est munie d’une ouverture à sa partie supérieure et d’une porte latérale P, et enfin de petites ouvertures pratiquées à la partie inférieure de la chambre. Si l’on veut avoir du soufre en fleurs, on y fait arriver peu à peu
Fig. 85.
LIY. I, CI1ÀP. VII, COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU SOUFRE.