LIV. I, CHAP. .VII, ACIDE SULFURIQUE
donnons (pl. II) la coupe de ces appareils qui fournissent de' l’acide d’une manière continue.
288. Chambres de plomb. — F et F sont deux fourneaux accouplés; on voit la face de l’un et l’intérieur de l’autre; on y brûle du soufre sur une large plaque de tôle ; l’entrée de l’air est réglée en soulevant plus ou moins la porte P, et la chaleur dégagée par la combustion est utilisée à chauffer deux chaudières G et G, qui fournissent de la vapeur aux diverses parties de l’appareil. Le gaz acide sulfureux mélangé avec de l’air se rend par de larges tuyaux dans une petite chambre en plomb T, appelée tambour , où sont disposées des tablettes de plomb sur lesquelles coule l’acide sulfurique chargé de produits nitreux dont la provenance sera indiquée' tout à l’heure ; les gaz vont ensuite dans la chambre D, appelée dénilrificateur , où arrive également un jet de vapeur: puis, par un large tube, dans la chambre H, où ils rencontrent de l’acide azotique qui s’écoule continuellement ou par intermittences d’une série de vases en grès M sur des étagères ee', d’où il tombe en cascade des plateaux supérieurs sur les plateaux inférieurs plus larges, de manière à présenter une grande surface de contact à l’acide sulfureux. L’acide azotique produit alors de l’acide sulfurique et de l’acide hypoazotique qui donnera lieu aux réactions indiquées plus haut (287).
L’acide sulfurique formé dissout des vapeurs d’acide' hypoazotique et l’acide azotique non décomposé ; il s’écoule par un tube a a' dans lu chambre D, où les produits azotés subiront l’action désoxydante de l’acide sulfureux; de là le nom de dénitrificateur donné à cette chambre. Les gaz résultant de cette réaction retournent à la chambre II, et ils vont ensuite dans la grande chambre H^; là des jets de vapeur les mélangent, les échauffent et déterminent les réactions. Un tuyau qui part de la partie inférieure de la grande chambre les mène à la partie supérieure d’une autre chambre II2, où des jets de vapeur continuent à produire l’effet des précédents. Les gaz et les vapeurs qui restent encore descendent dans un réservoir clos RR, où ils déposent la plus grande partie des matières condensables, et de là traversent une petite chambre H-, où n’arrivent plus de jets de vapeur, et un second réservoir condensateur R4Rlf d’où ils vont dans un dernier appareil destiné à arrêter les vapeurs d’acide hypoazotique. C’est une colonne en plomb P, remplie de coke sur lequel on fait couler de l’acide sulfurique de 62 à 64° de Baumé au moyen d’un réservoir N à niveau constant. Get acide, en contact avec les gaz sortis des chambres par une grande surface, ne laisse échapper que des traces d’acide hypoazotique; l’azote, un peu de
CHIMIE INORGANIQUE
protoxyde d’azote et l’oxygène en excès s’en vont par une cheminée qui surmonte la colonne P. Cette colonne porte le nom de Cay-Lussac son inventeur. Pour utiliser les vapeurs nitreuses condensées par l’acide sulfurique, on fait d’abord écouler ce liquide dans un réservoir V, d’où on le fait remonter dans un réservoir supérieur Y'; c’est delà qu’il tombe sur les tablettes de plomb du tambour T pour aller ensuite dans le dénitrificateur par le tube b b'.
Nous avons dit qu’il pouvait s’échapper des chambres un peu de protoxyde d’azote; cela tient à ce que l’acide sulfureux en excès peut réduire partiellement le bioxyde d’azote, surtout quand la température des chambres s’élève ; il faut donc, pour éviter cette perte de produits nitrés, éviter cet échauffement et maintenir constamment l’oxygène en excès dans les chambres en soulevant convenablement la porte P1.
289. Concentration de l'acide sulfurique. — L’acide qui SOl’t des chambres n’est pas suffisamment concentré pour être livré au commerce ; il marque seulement 52° à l’aréomètre de Baumé. On le concentre dans de larges bassines de plomb jusqu’à ce qu’il marque 60° à l’aréomètre ; on ne peut continuer la concentration dans le plomb, car l’acide l’attaquerait trop vivement ; il faut alors le chauffer dans des vases de platine ou dans des ballons de verre, où il peut perdre encore 15 pour 100 d’eau quand on le porte à une température voisine de celle à laquelle il entre en ébullition (325°).
290. Perfectionnements récents apportés à la fabrication de l’acide sulfurique. — L’acide sulfureux, qui est transformé en acide sulfurique dans les chambres de plomb, n’est plus obtenu aujourd’hui par la combustion du soufre. À l’exception de quelques fabriques qui préparent de l’acide sulfurique au soufre, parce qu’il est alors exempt d’arsenic et, par conséquent, propre à tous les usages pharmaceutiques, les grandes usines préparent leur acide sulfureux par le grillage des pyrites (Fe S2), qui le fournissent à meilleur marché.
On grille la pyrite dans des fours appropriés. Nous donnons ici le dessin d’un four à tablettes pour le grillage des pyrites en poudre, employé dans un grand nombre d’usines. Les fig. 91 et 92 représentent deux coupes rectangulaires du four de M. Michel P-erret.
L’acide sulfureux, produit dans ces fours, entraîne avec lui des vapeurs d’acide arsénieux et des poussières de sulfure ou d’oxyde de fer qui pénétrent dans les chambres et vont se dissoudre dans l’acide sulfurique. On condense la majeure partie des poussières en faisant arriver le gaz sulfureux qui sort des fours dans des chambres ou