L1V. I, CIÏAP. VIF, ACIDE SULFURIQUE
provenant de la concentration du mélange et de la réaction de l'acide sulfureux sur les produits nitreux, tombe à la partie inférieure de la tour, et il en sort à une température de 120°-150°.
Les gaz qui vont aux cliambres de plomb sortent de la partie supérieure du Glover avec une température de 60° à 80° au plus environ.
Le seul inconvénient de cet appareil est de donner un acide ferrugineux, qui est impropre à la préparation du sulfate de soude destiné à la fabrication des glaces et de la verrerie fine. On le concentre dans la platine si l’on veut l’amener à 66°.
292. Impuretés «le l’acide «lu commerce. — Ce produit contient jusqu’à 2 ou 3 pour 100 d’impuretés, qui sont du sulfate de plomb, provenant des chambres où il a été préparé, ou des vases de plomb dans lesquels il a été évaporé, et des vapeurs nitreuses. Ajoutons que si l’on a préparé l’acide sulfureux par le grillage des pyrites, on trouvera dans l’acide sulfurique de l’acide arsénique, parce que les pyrites, toujours arsenicales, produisant, dans le grillage, de l’acide arsénieux qui est entraîné dans les chambres, où il se transforme, partiellement au moins, en acide arsénique, au contact des vapeurs nitreuses. Il renferme également de l’acide sélénieux. On reconnaît la présence de ces matières dans l’acide sulfurique du commerce par les essais suivanls. L’acide sulfurique étendu d’eau donne un précipité noir de sulfure de plomb, quand on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré; l’arsenic se reconnaît au moyen de l’appareil de Marsh (255); les produits nitrés, toujours en petite quantité dans l’acide ordinaire, se reconnaissent sûrement au moyen du sulfate de fer en poudre que l’on ajoute à l’acide. Le mélange, d’abord incolore, prend une teinte rose pouvant même passer au brun, s’il y a la moindre trace de produits mirés. On suppose que ces matières, partiellement réduites par le sulfate de fer, donnent du bioxyde d’azole; ce gaz, absorbé par la portion du sulfate non oxydée, lui communique la coloration observée. Si l’acide renferme du sélénium, ou reconnaîtra sa présence, en faisant passer un courant d’acide sulfureux dans l'acide étendu et portant à l’ébullition; il se déposera du sélénium rouge pulvérulent.
295. Purification et distillation. — En faisant chauffer au-dessus de 100° de l’acide ordinaire avec quelques millièmes de sulfate d’aminoniaque, on détruit les produits azotés. L’ammoniaque du sulfate, réagissant sur eux, donne de l’eau et de l’azote ou du protoxyde d’azote. En distillant ensuite l’acide, on le séparerait de l’excès de sulfate d’ammoniaque, du sulfate de plomb et de l’acide arsénique,
CHIMIE INORGANIQUE
mais il est préférable d’éliminer d’abord le plomb et l’arsenic, afin d’éviter leur entraînement dans la distillation. On étend l’acide sulfurique de son poids d’eau et on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’à refus. On bouche ensuite le flacon et on laisse reposer pendant vingt-quatre heures. Les sulfures de plomb et d’arsenic se déposent et permettent de décanter le liquide. Il ne reste plus qu’à le chauffer pour éliminer l’excès d’acide sulfhydrique et l’acide sulfureux (325) qui peut se former, et pour le concentrer. La distillation le donnera pur et aussi concentré que possible.
On peut également dépouiller l’acide sulfurique de l’arsenic qu’il contient en le chauffant dans le voisinage de son point d’ébullition pendant qu’on y fait passer un courant d’acide chlorhydrique qui donne naissance à du chlorure d’arsenic:
AsO5 -f 5HCI = AsCl3 + 5IIO,
AsO8 -f 5HC1 = AsCl3 + Cl2 + 5110.
Mais le moyen le plus simple consiste à distiller l’acide sulfurique arsenical avec 5 grammes de bioxyde de manganèse par kilogramme. Le bioxyde de manganèse a pour effet de transformer l’acide arsénieux contenu dans l’acide sulfurique en acide arsénique, qui est fixe à la température de 320°. Tout autre procédé permettant de transformer l’acide arsénieux en l’acide arsénique conduirait au même résultat.
La distillation de l’acide sulfurique n’est pas sans danger; sa viscosité et l’adhérence qu’il a pour le verre font que le dégagement des vapeurs qui se forment au fond de la cornue ne peut avoir lieu qu’ autant que leur tension dépasse notablement celle de l’atmosphère ; une fois détachées du fond en vertu de cet excès de pression, elles projettent violemment le liquide qu’elles traversent pour s’échapper au dehors. Le liquide retombe ensuite sur les parois de la cornue, en produisant un choc qui peut la briser. On évite la production de ces soubresauts en mettant quelques fds de platine dans la cornue; l'ébullition a lieu régulièrement autour d’eux. A défaut de platine, on peut employer quelques morceaux de ponce, ou même se borner à chauffer la cornue latéralement, au moyen d’une grille en fil de fer ayant la forme d’une gouttière circulaire dans laquelle on met le combustible (fig. 94). On recouvre en outre la cornue d’un dôme en tôle qui empêche les vapeurs de se refroidir. On devra employer cette grille pour plus de sûreté, même quand on ajouterait de la ponce ou du platine ; la rupture d’une