‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 151 sur 379 · L1Y. I, CHAP. VIII, ACIDE SULFHYDRIQUE · texte numérisé non relu

L1Y. I, CHAP. VIII, ACIDE SULFHYDRIQUE

à l’état de pureté en employant le procédé suivant : On introduit de sulfure d’antimoine naturel bien pulvérisé dans un petit matras avec cinq ou six fois son poids d’acide chlorhydrique concentré (fig. 96). On chauffe légèrement : le gaz sulfhydrique se dégage bientôt, il traverse un tlacon laveur, contenant de l’eau ou mieux une dissolution d’un sulfure alcalin pour absorber l’acide chlorhydrique entraîné ; on le recueille ensuite sur l’eau ou sur le mercure.

Il se produit dans cette opération du chlorure d’antimoine (beurre d’antimoine) qui reste dans le ballon, et de l’acide sulfhydrique qui se dégage ; c’est ce qu’on indique par la formule :

SbS3 + 3HC1 = SbCi5 + 5HS.

Dans cette opération, il se forme toujours une matière jaune rougeâtre sur les parois du ballon qui ne sont pas en contact avec l’acide chlorhydrique concentré; cette matière est du sulfure d’antimoine, qui prend naissance au contact du chlorure d’antimoine projeté pendant l’ébullition, et du gaz sulfhydrique en excès.

521. Propriétés physiques. — Gaz incolore ayant l’odeur et la saveur des œufs pourris, éminemment délétère : 1/1500 suffit en effet pour tuer un oiseau. On doit tenir compte de cette propriété toutes les fois qu’on le manie ou qu’on le prépare.

Sa densité est 1,1912 ; un litre de ce gaz pèse donc 1 ,1912x1,295 = lsr,55 ; il est soluble dans l’eau, qui en dissout environ trois fois son volume à la température ordinaire (13). On prépare la dissolution en faisant passer le gaz préparé au moyen du sulfure de fer dans de l’eau récemment bouillie. On la conserve dans des flacons bien bouchés, pour éviter l’action oxydante de l’air. L’acide sulfhydrique peut être liquéfié à la température ordinaire, sous l’influence d’une pression assez considérable (16 atmosphères à 0°). On l’obtient plus facilement à l’état liquide, en introduisant dans un tube, que l’on ferme ensuite à la lampe, du bisulfure d’hydrogène, (327), qui se décompose spontanément en soufre et hydrogène sulfuré :

HS2 = S + HS.

Cette décomposition s’opérant dans un espace limité, le gaz sulfhydrique finit par acquérir la pression qui convient à l’acide liquide à la

CHIMIE INORGANIQUE

température ambiante ; à partir de ce moment, tout le gaz qui se dégage doit nécessairement se liquéfier. Il se dépose en même temps dans le tube des cristaux octaédriques de soufre.

En refroidissant l’acide sulfhydrique à — 80° (dans un mélange d’acide carbonique solide et d’éther), on le transforme en une masse cristalline transparente.

La chaleur rouge et l’électricité décomposent ce gaz en soufre et hydrogène.

322. Propriétés chimiques. Action de l’oxygène. — L hydrogène sulfuré, formé de deux éléments combustibles, est nécessairement combustible ; il s’enflamme en effet au contact d’une bougie, en donnant une flamme bleue. Les produits de la combustion sont de l’eau et de l’acide sulfureux; il se dépose en outre un peu de soufre sur les parois de l’éprouvette, parce que la combustion est incomplète. Ce dépôt ne se produirait pas, si l’oxygène était en quantité suffisante. On le démontre en enflammant un mélange formé avec t volume d’acide sulfhydrique et 1 volume 1/2 d’oxygène; il se produit une détonation, mais sans dépôt de soufre :

2HS + 60 = S204 + 2HO.

A la température ordinaire, l’acide sulfhydrique et l’oxygène secs sont sans action Lun sur l’autre; il n’en est pas de même s’ils sont humides. Aussi voit-on la dissolution d’acide sulfhydrique se décomposer au contact de l’air, en donnant de l’eau et un dépôt laiteux de soufre :

HS + O = S + HO.

Cette oxydation est beaucoup plus complète en présence des corps poreux, surtout si la température s’élève à 40° ou 50° ; le soufre se transforme alors en acide sulfurique :

2HS + 80 = S206,H202.

Ce phénomène se produit constamment dans les établissements d’eaux sulfureuses; c’est à l’acide sulfurique formé dans les pores des tissus au contact do l’acide sulfhydrique humide et de l’oxygène de l’air, qu’il faut attribuer la carbonisation rapide des rideaux des chambres de bains (Dumas).

Citons encore l’expérience suivante, due à Thénard. Si l’on introduit

Page 1