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LIV. I, CHAP. IX, HYDROGÈNE SÉLÉNlf

L’hyposulflte sélénié se dépose de ses dissolutions concentrées en tablettes hexagonales brillantes et déliquescentes. Les acides décomposent ce sel en mettant du sélénium et de l’acide sulfureux en liberté; l’eau de baryte détermine dans sa dissolution un précipité de sulfite de baryte et de sélénium. L’azotate ammoniacal d'argent le transforme en sulfate et séléniure d’argent.

Sous l’influence de la chaleur, il se transforme, en brunissant, en séléniure et en acide sulfureux.

Le tritliionate sélénié KO, S2Se03 forme de petits cristaux incolores, brillants et inaltérables à l’air. 11 est bien moins soluble que le précédent, il n’est pas détruit par la baryte. Les acides le détruisent à l’ébullition, en dégageant de l’acide sulfureux avec dépôt de sélénium. L’azotate d’argent ammoniacal le décompose comme l’hyposulfite sélénié; il se forme, en outre, de l’acide sulfurique, qui s’unit à l’excès d’ammoniaque :

2(KO,S2SeQ3) + 2AgO + 2IIO = 2AgSe + 2K0,Sa08 + 2110, Sa08.

HYDROGÈNE SÉLÉNIÉ

HSe = 40, 75 2to1-

II2Se = 81,50

546. Propriétés. — Ce gaz a une odeur analogue à celle de l’acide sulfhydrique, mais il est encore plus désagréable et plus dangereux à respirer; son odeur émousse ou détruit pendant plusieurs heures le sens de l’odorat. Sa solution dans l’eau est un acide très faible que le contact de l’air décompose en précipitant du sélénium rouge cinabre, ü est combustible.

On le prépare en traitant le séléniure de fer par l’acide sulfurique étendu ou l’acide chlorhydrique. La combinaison de l’hydrogène et de la vapeur de sélénium a lieu directement lorsqu’on fait passer leur mélange sur de la pierre ponce chauffée à 460°. Mais la présence d’un corps poreux n’est pas indispensable à la réaction ; lorsqu’on chauffe en tube scellé, à des températures supérieures à 200°, du sélénium et de l’hydrogène, il se forme de l’acide sélénhydrique ; toutefois la réaction est incomplète; elle est limitée par la décomposition parla chaleur de l’acide sélénhydrique.

M. A. Üitte, en étudiant ces deux réactions inverses, a constaté un fait

CHIMIE INORGANIQUE

que nous n’avons pas encore eu l’occasion de signaler, l’existence d’un maximum de tension de dissociation1.

547. n>3KK<K*ia4i<m de l'hydrogène sèlènîè. — Si, après avoir chauffé un tube scellé renfermant du sélénium et de l’hydrogène, à des températures comprises entre 200° et 640°, jusqu’à ce que l’équilibre soit établi, on refroidit brusquement le tube, et si l’on détermine la proportion d’hydrogène sélénié formé, on trouve ;

Températures 205°

GiO

C’est donc vers 520° que la proportion d’hydrogène sélénié formé est maxima. Si au lieu de déterminer un refroidissement brusque, on laisse le tube revenir lentement à la température ordinaire, on trouve, en comparant la tension de l’hydrogène sélénié à la tension de ce gaz observée dans un tube porté à la même température et refroidi brusquement, que cette tension a diminué. Chauffons, en effet, un tube à 520°, de façon qu’il renferme la quantité maxima d’hydrogène sélénié, c’est-à-dire 65,9 pour 100, puis maintenons-le pendant longtemps à des températures comprises entre 150° et 440°, nous trouverons pour la proportion d’acide non décomposé les nombres suivants :

Tous ces nombres sont inférieurs à la tension la plus élevée 65,9 ; l'hydrogène sélénié s’est donc dissocié par abaissement de température et la dissociation est maxima vers 270°.

1 L’existence d’un maximum de dissociation a été mise en évidence pour la première , lois par MM. Troost et Ilautefeuille en étudiant le scsqui-clilorure de silicium (621).

Températures.

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