LIV. I, CIIAP. X, CHLORE
lut ion de chlore dans lin tube fermé par un bout, de manière à le remplir au moins aux neuf dixièmes; on achève de le remplir avec une dissolution d’ammoniaque. Cela fait, on bouche le tube avec le doigt et on le renverse sur la cuve à eau. La dissolution d’ammoniaque, plus légère que la solulion de chlore, tend à monter à la partie supérieure et se mélange avec cette dernière. Il se dégage alors une multitude de petites bulles de gaz qui viennent gagner le haut de l’éprouvette. On reconnaît que ce gaz est de l’azote à la propriété qu’il a d’éteindre les corps en combustion. La réaction est facile à comprendre. Le chlore met l’azote en liberté, en produisant de l’acide chlorhydrique, qui s’unit naturellement, à mesure qu’il se forme, à une portion de l’ammoniaque, pour former du chlorhydrate d'ammoniaque.
L’azote que l’on recueille par ce procédé a souvent une odeur piquante due à la présence d’une petite quantité de chlorure d’azote qui prend naissance quand l’ammoniaque n’est pas en excès. 11 est important d’éviter la production de ce corps, car il possède, comme nous le verrons (436), des propriétés explosives qui le rendent très dangereux.
On a cru longtemps que la formule de la réaction était la suivante : 4Azfl3 + 5 Cl — 3(AzIl3,IICl) -f- Az.
Mais le volume d’azote recueilli dans cette réaction est notablement inférieur au volume que l’on calculerait d’après cette formule.
11 se forme, en effet, comme l’a constaté M. Berthelot, de l’hypochlorite d’ammoniaque
2AzH3 + 2110 + 2C1 = AzH4Cl + AzII40,C10.
L’hypochlorite d’ammoniaque est instable, et sa dissolution laisse dégager de l’azote, il suffit d’agiter le liquide, de le transvaser, pour déterminer un dégagement gazeux comme s’il s’agissait d’une solution gazeuse sursaturée :
5(Az!l40,Cl0) + 2AzH5 = 2Az + 3(AzII4Cl) + GIIO.
û62. Action du elilore sur l’acide sialflaydi’iajiaBe. — Le chlore décompose aussi l’acide sulfhydrique en s’emparant de son hydrogène et mettant le soufre en liberté; mais il est bien évident que si l’on chauffait légèrement un mélange d’acide sulfhydrique et de chlore en
excès, on obtiendrait, en outre de l’acide chlorhydrique, du chlorure de soufre. D’après ce que nous venons de dire de l’action du chlore sur l’ammoniaque et sur l’acide sullhydrique, il est facile de comprendre l’emploi du chlore pour combattre les effets fâcheux produits par le sulfhvdrale d’ammoniaque qui se dégage constamment des fosses d’aisances.
363. Action «iu chlore sur les pli os pli as re et arséniure d’hydrogène. — On fait arriver du chlore bulle à bulle dans de l’hydrogène phosphoré gazeux; chacune d’elles y produit une vive inflammation; il se forme de l’acide chlorhydrique, un peu de chlorure de phosphore et du phosphore libre. L’expérience doit être faite avec précaution : il peut arriver que les premières bulles ne produisent pas immédiatement d'inflammation; il faut néanmoins attendre, avant d’en introduire de nouvelles, car si la réaction s’opérait sur une notable quantité du mélange, il en résulterait une explosion violente qui déterminerait la rupture du vase. C’est ordinairement ce qui arrive quand on fait arriver le phosphure dans le chlore, parce que la réaction est plus vive. On obtient nécessairement, dans ce cas, de l'acide chlorhydrique et du chlorure de phosphore, puisque le chlore est en excès.
Le chlore décompose également l’arséniure d’hydrogène ; l’arsenic est mis en liberté. Si le chlore était en excès, il se formerait du chlorure d’arsenic.
364. itcDBiiîaB-iiBH*. — Il est intéressant de rapprocher des données thermiques ces réactions exercées par le chlore sur les composés hydrogénés des métalloïdes.
On a, les composés formés étant gazeux et les éléments dans leur état actuel,
1I + CI = IIC1 + 22-', 0