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LIV. I, CHAP. X, ACIDE CHLORHYDRIQUE

On exprime que, dans le chlorate de potasse, la quantité d’oxygène contenue dans l’acide est quintuple de celle de la base en donnant au chlorate la formule KO, CIO3; la formule de l’acide chlorique anhydre serait donc CIO5.

La meme opération, exécutée sur le perchlorate, montre que la quantité d’oxygène de l’acide est 7 fois plus grande que celle de la base; ce qui conduit à la formule du perchlorate de potasse, KO, CIO7 et à celle de l’acide perchlorique supposé anhydre, CIO7. L’analyse montre, en outre, que le poids 35,5 de chlore est uni à 56 d’oxygène dans l’acide perchlorique ou en centièmes :

Chlore 38,79

Oxygène 61,21

Nous avons supposé connue la composition du chlorure, de potassium; ou la déduit facilement de celle du chlorure d’argent. Il suffit, en effet, de précipiter le chlorure de potassium par l’azotate d’argent; le poids du chlorure d’argent donne celui du chlore, et par différence celui du potassium.

La composition du chlorure d’argent est donnée avec beaucoup d’exactitude par un grand nombre d’expériences. Nous ne citerons ici que celles de M. Dumas, dans lesquelles on faisait passer un courant de chlore sec sur de l’argent chauffé dans un tube de verre. Le métal se transformait en chlorure, dont la composition se déduisait du poids d’argent employé et de l’augmentation de poids subie par le tube après le passage du chlore.

ACIDE CHLORHYDRIQUE HCl = 36,5 4™'.

386. Historique. — Cet acide parait avoir été découvert par Glauber, mais sa composition a été mise en évidence par Gay-Lussac et Thénard. On croyait avant eux que l’acide chlorhydrique contenait de l’oxygène, parce qu’on avait conclu des expériences de Lavoisier que l’oxygène était le seul corps capable d’engendrer des acides. Quelques années plus tard, la découverte du cyanogène leva toute incertitude. Gay- Lussac démontra d’une manière incontestable que l’acide prussique (cyanhydrique), analogue à l’acide chlorhydrique, ne contient pas d’oxygène.

CHIMIE INORGANIQUE

587. Préparation. — On prend un ballon en verre muni d’un tube abducteur (fuj. 109), on y introduit du sel marin fondu, puis de l’acide sulfurique concentré ; il se produit aussitôt un abondant dégagement de gaz, que l’on recueille sur le mercure. On peut employer du sel ordinaire, mais il se produit alors un boursouflement considérable de

Fig. 109.

la matière, qui peut obstruer le tube. On évitera cet inconvénient, si l’on emploie le sel ordinaire, en adaptant au bouchon qui ferme le ballon un tube en S, par lequel on versera peu à peu l’acide. Dans tous les cas, il faudra chauffer le mélange à la fin de l’opération. La formule suivante rend compte de la réaction :

NaCl + S206,H202 = HCl + Na0,H0,S206

L’action de l’acide sulfurique sur le sel marin donne en effet du bisulfate de soude et de l’acide chlorhydrique; mais si l'on pouvait chauffer vers le rouge, le bisulfate réagirait sur le sel marin, et donnerait du sulfate neutre de soude

NaCl H- Na0,II0,S206 = 2Na0,S206 + HCl.

C’est ce que l’on fait dans l’industrie; dans les laboratoires où l’on opère dans des vases de verre l’opération s’arrête à la première phase.

588. Propriétés physiques. — Gaz incolore, d'une odeur piquante et suffocante, rougissant fortement la teinture de tournesol et éteignant les corps en combustion; sa densité est 1,247; un litre de ce gaz pèse donc 1,247 X lgr,3 = lgr,621. Il est excessivement soluble dans l’eau. Ce liquide à 0° en dissout environ 500 fois son volume et à — 12° une quantité égale ou supérieure à 6G0 volumes, ce qui correspond à 48,2

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