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LIV. I, Cil AP. XI, ACIDE BROMIIYDRIQUE

Mais il est plus simple de dire, sans qu’il soit nécessaire d’admettre la formation d’un bromure de phosphore, et sa décomposition simultanée par l’eau, que le brome, en présence du phosphore, décompose l’eau :

Ph -f Br3 + 6110 = 311 Br + Ph03,5H0.

L’emploi du phosphore ordinaire, dans cette réaction, n’était pas sans

-danger. L’emploi du phosphore rouge, proposé par Personne, rend l’opération plus facile.

Dans une cornue tubulée, à laquelle on a soudé un tube de dégagement, on introduit de l’eau et du phosphore rouge (fig. 118). Par un entonnoir à robinet, adapté à la tubulure de la cornue au moyen d’un bouchon de verre rodé, on fait arriver du brome, par petites portions. Le liquide se sature peu à peu d’acide bromhydrique, et, en chauffant la cornue, on obtient un dégagement de gaz que l’on peut recueillir sur la cuve à mercure, ou plus simplement, par déplacement, dans un flacon sec. On desséchera le gaz en le faisant passer dans un petit tube

CHIMIE INORGANIQUE

en U renfermant du bromure de calcium fondu. Le gaz étant très soluble, pour préparer la dissolution, le tube de dégagement devra être muni d’une boule et ne plongera dans l’eau que d’une petite quantité, de façon à éviter une absorption.

L’aclion du brome sur les carbures d’hydrogène, qui donne naissance à de l’acide bromhvdrique et à un produit de substitution bromé, peut aussi être avantageusement utilisée pour la préparation du gaz :

C'nHn + 2Br = HBr+C'nHn-1Br.

On fera tomber du brome, goutte à goutte, dans une grande cornue tubulée renfermant de la naphtaline cristallisée ou de la paraffine. Avec la naphtaline, la réaction a lieu à la température ordinaire et, en réglant convenablement l’arrivée du brome, on aura un dégagement régulier de gaz bromhydrique. Si l’on emploie la paraffine, on chauffera au bain d’huile, a 180°. Dans l’un et l’autre cas, il sera nécessaire d’arrêter un peu de vapeurs de brome entraînées en faisant passer le gaz dans un tube en U renfermant quelques fragments de phosphore humide et du verre pilé.

On obtiendrait une solution étendue d’acide bromhydrique en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans de l’eau bromée

IIS + Br + Aq = S -f IIBr + Aq.

408. Propriétés physiques. — Gaz incolore donnant d’épaisses fumées blanches à l’air. 11 se liquéfie à — 69° et se solidifie à — 75°. Sa densité est 2,798. 11 est plus soluble dans l’eau que l’acide chlorhydrique ; à 10°, l’eau en dissout environ 600 fois son volume et donne un liquide très fumant. La dissolution du gaz bromhydrique dans un grand excès d’eau èst accompagnée d’un dégagement de chaleur de — f- !20cal,0 ; dans un poids d’eau correspondant à 4H202 le phénomène thermique serait d’environ -j-17cal,5.

La solubilité de l’acide bromhydrique, dans l’eau, présente d’ailleurs les mêmes particularités qui ont été signalées déjà pour l’acide chlorhydrique, par MM. Roscoë et Dittmar (591).

408 bis. Hydrates. — Lorsqu’on sature de gaz bromhydrique, dans un mélange de glace et de sel, une solution concentrée de cet acide, on voit le liquide se prendre en une masse cristalline blanche d’un hydrate HBr-+-2H202 fusible à — 11° (Berthelot).

Une dissolution étendue se concentre par l’ébullition, et, à la tem-

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