‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 210 sur 379 · LIV\ I, CHAP. XI, ACIDE IODIQUE · texte numérisé non relu

LIV\ I, CHAP. XI, ACIDE IODIQUE

renfermant de l’oxygène et de l’iode, que l’on chauffe dans le liquide acidulé qui sert d’électrode, on voit se former dans les diverses régions du tube, à la base où la vapeur d’iode est en excès, l’acide iodeux, au sommet où l’oxygène au contraire domine, l'acide hyperiodique et enfin intermédiairement les acides hypoiodique et iodique anhydre.

L'acide iodeux , que M. Ogier a obtenu d’ailleurs directement en faisant passer un courant rapide d’oxygène ozonisé dans un ballon renfermant de l’iode maintenu à 40° ou 50°, est une poudre jaune clair, extrêmement légère, déliquescente. L’eau en excès décompose ce corps en acide iodique et iode libre :

Chauffé vers 125-130 degrés, il se détruit brusquement avec dégagement d’iode et d’oxvgène.

L'acide hypoiodique a été obtenu par Millon en réduisant l’acide iodique par l’acide sulfurique et chauffant le résidu de l’opération à 130-150°. — C’est une poudre amorphe jaune citron, non déliquescente, que l’eau bouillante et une température de 170-180° décomposent en acide iodique et iode.

ACIDE IODIQUE IOMIO — I05H.

420. Préparation. — On extrait l’acide iodique de l’iodate de potasse.

Si l’on ajoute à la dissolution de ce sel une dissolution d’azotate de baryte, on donne naissance à de l’iodate de baryte très peu soluble dans l’eau, qu’on décompose ensuite par l’acide sulfurique étendu.

L’iodate de potasse s’obtient, comme le chlorate de potasse, quand on traite l’iode par la potasse

6I + 6KO = 5KÏ + KO,I05;

mais il vaut mieux le préparer de la manière suivante :

On fait chauffer dans un petit ballon 80 grammes d’iode, 75 grammes de chlorate de potasse et 400 grammes d’eau distillée, on y ajoute quelques gouttes d’acide azotique; peu à peu l’iode se dissout, en même temps qu’il se dégage du chlore; il reste dans la liqueur de

CHIMIE INORGANIQUE

l’iodate de potasse. La théorie de la réaction est simple. L’acide azotique décompose le chlorate de potasse et met .l’acide chlorique en liberté ; celui-ci cède son oxygène à l’iode, et le chlore se dégage :

CIO3 + I = IO3 + Cl.

L’acide iodique formé chasse à son tour l’acide chlorique, qui se trouve détruit par l’iode, de sorte que peu à peu le chlorate de potasse est transformé en iodate. L’acide azotique n’est donc utile que pour commencer la réaction, qui se continue d’elle-même.

Avec les doses que nous venons d’indiquer, il faudra employer 90 grammes d’azotate de baryte pour décomposer l’iodate de potasse formé, puis 40 grammes d’acide sulfurique concentré pour prendre la baryte de l’iodate ainsi produit.

On peut encore obtenir l'acide iodique en faisant chauffer de l’iode avec de l’acide azotique concentré.

421. Propriétés. — L’acide iodique en dissolution donne, quand on l’évapore, des cristaux incolores d’acide monohydraté 103,II0. A 170°, cet hydrate perd son eau de cristallisation; une plus forle chaleur le décompose en iode et en oxygène; il est facilement réductible par les substances avides d’oxygène. Ainsi l’acide sulfureux le réduit complètement et met l’iode en liberté. On utilise cette propriété pour reconnaître la présence de petites quantités d’acide sulfureux ; en faisant agir ce gaz ou sa dissolution sur de l’empois d’amidon additionné d’iodate de potasse, on voit se manifester la couleur bleue caractéristique qui sert à reconnaître l'iode.

ACIDE 1IYPER10DIQUE IOMIO — 164H.

422. Magnus et Ammermüller ont constaté, en 1853, la formation d’un hyperiodate de soude en faisant passer un courant de chlore dans une solution d’iodate de soude, en présence d’un excès d’alcali :

2C1 + I03,NaO + 5(NaO,HO) = 2Na0,51I0,I07 + 2NaCl.

L’hyperiodate de soude, 2Na0,5II0,107, peu soluble dans l’eau se dépose. On le dissout dans l’acide nitrique étendu et en ajoutant à la liqueur une solution d’azotate de plomb, il se précipite un sel de

Page 1