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LIV. I, CIIÀP. XI, ACIDE FLUORIIYDRIQUE

on décompose le fluorure d’argent par l’hydrogène bien desséché ou, plus simplement, par la chaleur, le fluorhydrate de fluorure de potassium KF1,11F1 ^Frémy).

Pour obtenir le fluorhydrate de fluorure de potassium à l’état de pureté, on sature l’acide impur du commerce avec du carbonate de potasse; il se forme ainsi du fluorure neutre de potassium et du fluosilieate insoluble ; on ajoute à la dissolution de ce sel ainsi obtenue, autant d’acide que l’on en avait primitivement employé. Il se dépose du fluosilicate de potasse gélatineux; on filtre dans un entonnoir en platine et, par évaporation de la liqueur, le fluorhydrate de fluorure de potassium se dépose en beaux cristaux cubiques. On purifie ce sel par de nouvelles cristallisations, on le dessèche avec du papier à filtre, puis dans le vide sec et enfin à l’étuve.

La décomposition du fluorhydrate de fluorure de potassium s’effectue dans un vase en platine, et l’on recueille l’acide dans un récipient également en platiné, entouré d’un mélange réfrigérant.

452. Propriétés. — L’acide fluorhydrique anhydre est un liquide incolore, limpide, mobile, dont la densité à 12°, 8 est 0,988. Il est très volatil, car il bout à 19°, 4 (Gore), et ne se congèle à aucune température. Il répand d’épaisses fumées à l’air, en se combinant avec la vapeur d’eau ; la chaleur dégagée, quand on le mêle à l’eau, va jusqu’à produire l’ébullition.

On ne doit le manier qu’avec la plus grande précaution; il produit sur la peau des ampoules qui se remplissent de pus et qui deviennent pendant plusieurs jours la source de douleurs très intenses. Sa vapeur est tout aussi dangereuse, et encore plus, si elle s’introduit dans les organes de la respiration. Étendu de beaucoup d’eau, il cesse d’être fumant et devient d’un maniement facile; il est même sans action sur la peau.

Lorsqu’on distille cette dissolution, le point d’ébullition s’élève jusqu’à 120°; l’acide qui passe alors dans le récipient est, d’après Bineau, un hydrate HFI -+- 2H20? dont la densité est 1,15.

Il est sans action sur les métalloïdes, excepté le bore et le silicium qui n’ont pas été calcinés et sur les métaux précieux, or, platine, argent; mais il attaque tous les autres. Il a la propriété caractéristique d’attaquer et même de dissoudre la silice, avec laquelle il peut former du fluorure de silicium et de l’eau :

4IIF1 -f Si-04 = Si -Fl4 + 2H*02.

CHIMIE INORGANIQUE

Toutefois, il faut remarquer que cette propriété n’appartient pas à l’acide anhydre. Les recherches de Louyet, confirmées plus récemment par celles de Gore, établissent en effet que l’acide fluorhydrique bien exempt d’eau peut rester en contact avec le verre pendant plusieurs semaines sans l’attaquer.

455. Appili4*atSoDD à lïi gravure sair verre. — Oll utilise cette propriété pour graver sur les verres, qui sont toujours composés de silicates. On fait fondre ensemble 5 parties de cire et 1 partie d’essence de térébenthine ; on en coule sur le verre que l’on veut graver une couche de 1/2 millimètre d’épaisseur environ. Cette couche solidifiée et refroidie, on grave avec un stylet le dessin que l’on veut avoir, en mettant le verre à nu sous l’extrémité de la pointe. On expose alors le verre à la vapeur d’acide fluorhydrique. À cet effet, on met dans une caisse de plomb du spath fluor pulvérisé et de l’acide sulfurique concentré, et, après l’avoir recouverte du verre à graver, on chauffe doucement la caisse; la vapeur se dégage, l’opération est terminée quelques minutes après. On retire le verre, on le chauffe doucement et on enlève le vernis fondu en le frottant avec un iinge fin.

On obtient de cette manière des traits opaques et très visibles; les traits seraient plus transparents si, au lieu d’exposer le verre à l’action des vapeurs, on le couvrait un instant d’acide fluorhydrique étendu de 5 ou 6 volumes d’eau. Dans ce cas, il vaut mieux recouvrir le verre de vernis copal que de cire.

Les chimistes se servent également de l’acide fluorhydrique dans leurs analyses ; il sert à dissoudre l’acide silicique et l’acide titanique. Mélangé à l’acide azotique, il constitue une espèce d’eau régale sans action sur le platine, mais qui dissout le silicium cristallisé (606).

434. Composition. — On n’a pas déterminé directement la composition en volume de l’acide fluorhydrique, le fluor n’ayant pas encore été isolé ; cependant, M. Gore a observé qu’en décomposant du fluorure d’argent bien sec par de l’hydrogène, dans un vase de platine, sur le mercure, il se formait un volume de gaz fluorhydrique double du volume de l'hydrogène employé. Or les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique renferment la moitié de leur volume d’hvdrogène. On admet que, comme eux, l’acide fluorhydrique renferme aussi la moitié de son volume de fluor.

Pour obtenir la composition en poids de cet acide, il faut remarquer

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