FLUOR
Fl — 19. '
On trouve dans la nature des cristaux cubiques d’une substance appelée spath fluor , que l’on considère aujourd’hui comme formée d’un radical hypothétique, le fluor, et de calcium. Les raisons qui ont conduit Ampère, et après lui tous les chimistes, à admettre l’existence de ce radical, sont les suivantes. L’acide sulfurique dégage du fluorure de calcium un acide fumant à l’air comme les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique, qui attaque la plupart des métaux avec dégagement d’hydrogène. Un assez grand nombre de minéraux renferment de petites quantités de fluor, sans qu’il soit possible de préciser le rôle que joue cet élément dans des composés souvent fort complexes. Cependant, dans l’apatite (chlorofluophosphate de chaux), le fluor et le chlore peuvent se remplacer en toute proportion
3(5Ca0,Ph03),Ca j
et l’on a pu obtenir artificiellement des apatites renfermant soit du chlore seul, soit à la fois du fluor et du chlore sans que la forme cristalline soit altérée.
Le fluor a été plutôt entrevu qu’isolé. La facilité avec laquelle ce corps décompose l’eau pour former de l’acide fluorhydrique, corps des plus dangereux à respirer, rend très difficiles les expériences qui ont pour but de le préparer. Plusieurs chimistes, les frères Knox, entre autres, sont morts des pernicieux effets exercés par cet acide sur les organes de la respiration.
CHIMIE INORGANIQUE
ACIDE FLUORHYDRIQUE II Fl = 20
431. Fr4*j»îan-îï45«BB. — On décompose, dans une cornue de plomb ou de platine, le fluorure de calcium par l’acide sulfurique concentré
2CaFI + Sa0'6,H®0s = 2Ca0,S206 + 2IIF1.
On se sert ordinairement d’un appareil en plomb, composé de trois parties s’emboîtant exactement l’une dans l’autre (fig. 122). Une d’elles forme la panse d’une cornue, l’autre, qui est en forme le dôme, porte un col, qui s’engage dans la troisième, sorte de tube en U formant le ré-
Fig. m.
cipient. On met dans la panse de la cornue un mélange de 1 partie de spath fluor exempt de silice et de 3 parties 1/2 d’acide sulfurique concentré ; on agite alors avec une spatule de bois ou mieux de platine ou d’argent, et on ajuste l’appareil, en ayant soin de recouvrir les jointures d’un lut fait avec de la pâte d’amandes. Le récipient étant entouré d’eau glacée, on chauffe doucement la cornue : on y entend bientôt le bruit d’une ébullition causée par la distillation de l’acide fluorhydrique.
On transvase ensuite l’acide dans une petite bouteille d’argent bien fermée par un bouchon de même métal; on peut également employer des vases en gutta-percha pour le conserver.
La préparation précédente fournit, en général, un acide hydraté et presque toujours impur; il est en effet bien difficile de se procurer du fluorure de calcium exempt de silice et le liquide recueilli renferme alors de l’acide hydrofluosilicique (630). L’acide fluorhydrique que l’on trouve dans le commerce est dans ce cas. Pour obtenir l’acide anhydre,