LIV. I, CIIAP. XII, CHLORURE D’AZOTE
Les formules de ces réactions sont les suivantes :
AzIlMlCl + CCI = 4IICI + AzCl3.
AzIlMICl + 4C10 = A/. CP H- 4110 + 2C1.
450. Propriétés. — Liquide oléagineux, jaune, volatil, dont l’odeur particulière est analogue à celle du chlore, il irrite vivement les yeux. Sa densité est 1,055. On ne l’a pas solidifié, mais on a pu le distiller en vase clos à 71°. Vers 100°, il détone avec une violence extrême et brise les vases qui le contiennent, même lorsqu’ils sont ouverts1.
L’explosion du chlorure d’azote est toujours accompagnée d’un vif dégagement de chaleur et de lumière. D’après les recherches de H. Deville et de M. llautefeuille, un équivalent de chlorure d’azote dégage 58 calories environ en se décomposant.
Il est peu soluble dans l’eau pure, le sulfure de carbone le dissout en grande quantité sans l’altérer.
Le chlorure d’azote fait explosion en présence d’un grand nombre de corps, qu’il est important de connaître. Ce sont particulièrement le phosphore, le phosphure de calcium, l’hydrogène phosphoré, le sélénium, l’arsenic, le bioxyde d’azote, la potasse caustique, l’ammoniaque concentrée, la plupart des huiles, l’essence de térébenthine, le caoutchouc et plusieurs composés stéariques2.
On peut mettre en évidence la faculté que possède l’essence de térébenthine de décomposer instantanément le chlorure, sans courir aucun danger, en opérant de la manière suivante :
On recouvre d’essence de térébenthine une solution concentrée de sel ammoniac, que l’on fait traverser par le courant d’une pile puissante (10 éléments de Bunsen). Au pôle positif, où se dégage le chlore, il se forme du chlorure d’azote entraîné en gouttelettes par le courant de gaz qui accompagne leur formation à la surface du liquide; ces gouttelettes se décomposent dès qu’elles touchent l’essence, en produisant de petites explosions.
Les dissolutions étendues de potasse, de soude, d’ammoniaque,
1 D’après M. Abel, le chlorure d’azote détone dans un verre démontré sans le briser, lorsqu’il n’est séparé de l’air par aucun corps, mais s’il est recouvert d’une mince couche d’eau, le verre de montre et le corps qui le supporte sont brisés avec une extrême violence. Nous reviendrons sur ces phénomènes à propos de la poudre.
2 Plusieurs liquides qui font explosion avec le chlorure d’azote, perdent cette pro-
priété quand ils contiennent du chlore; le chlore donne, en effet, beaucoup de stabilité à ce corps.
le soufre, le charbon, le sulfure de carbone, la plupart des métaux, beaucoup de sulfures métalliques, les acides concentrés, l’azotate d’argent, le sel marin, l’alcool, l’éther, le camphre, les résines, la cire, le blanc de baleine, etc., ne font pas détoner le chlorure d’azote.
Il nous reste maintenant à indiquer ses réactions principales. Abandonné au contact de l’eau dans un flacon bouché, il se décompose lentement en acide chlorhydrique et acide azoteux, que l’eau transforme en acide azotique et bioxyde d’azote. L’acide chlorhydrique concentré le décompose en donnant du chlorhydrate d’ammoniaque et du chlore, c’est la réaction inverse de celle que l’on utilise dans la préparation du chlorure d’azote
AzCl3 -f 4HCI = AzHMICl + 6C1.
L’ammoniaque en dissolution étendue le transforme en chlorhydrate d’ammoniaque avec dégagement d’azote
4AzH5 + AzCl5 = 3(AzH3,lICl) -h 2Az.
Avec l’hydrogène sulfuré et l’hydrogène arsénié, il donne de l’acide chlorhydrique, un dépôt de soufre ou d’arsenic, et il se dégage de l’azote. Il donne un précipité de chlorure d’argent avec l’azotate d’argent.
457. Composition. — Dulong représentait sa composition par la formule AzCl5, mais sans avoir pu la déterminer d’une manière directe. Il dut renoncer à s’occuper de ce corps, dont les vapeurs avaient déjà gravement compromis sa vue, à la suite d’une explosion qui lui mutila les doigts. Plus tard, Davy ne fut pas plus heureux, il fut grièvement blessé à l’œil en étudiant ce composé dangereux. Ce n’est qu’en 1869 que H. Sainte-Claire Deville etM. Hautefeuiïle ont vérifié la formule assignée à ce corps par Dulong, en déterminant la quantité de chlore et d’ammoniaque qui prennent naissance dans la réaction de l’acide chlorhydrique concentré sur le chlorure d’azote.
EAU RÉGALE OXYCHLORURES d’aZOTE
458. Eau régale. — L’acide azotique et l’acide chlorhydrique sont sans action sur l’or, mais leur mélange dissout facilement ce métal.