LIV. I, CIIAP. XII, OXYCIILORURES D’AZOTE
De là, le nom d’eau régale donné à ce mélange par les anciens chimistes, qui considéraient l’or comme le roi des métaux.
En condensant dans un tube entouré d’un mélange réfrigérant les vapeurs colorées en rouge qui se dégagent de l’eau régale chauffée, M. Baudrimont obtint un liquide rouge très volatil, qu’il reconnut pour un composé chloré et oxygéné de l’azote. D’après Gay-Lussac, c’était un mélange de deux combinaisons du chlore et du bioxyde d’azote Az02Cl et Az02Cl2, que l’on peut, d’ailleurs, obtenir par l’action directe du chlore sur le bioxyde d’azote à une basse température.
L’eau régale, au contact de l’or et du platine , fournit à chaud les mêmes composés, plus du chlore qui s’unit au métal et de l’eau.
Il ne serait pas impossible qu’à une basse température, l’action réciproque des deux acides donnât naissance au composé Az02Cl3, peu stable, qui se décomposerait en chlore et dans les deux produits dont nous venons de signaler l’existence. On aurait donc :
AzO-MlO + 3HC1 = Az02CI3 + 4IIO.
On n’a pas isolé jusqu’ici le composé Az02Cl3 correspondant à l’acide azotique, mais on connaît son correspondant dans la série du brome Az02Br3.
459. Acide chiorazoteux (Az02Cl. — AzOCl.) — C’est un gaz rougeâtre, qui se liquéfie à — 5° en un liquide rouge dont l’odeur rappelle celle de l’eau régale ; il est très soluble dans l’eau et donne une solution fortement colorée, d’où on peut le dégager en y ajoutant du chlorure de calcium desséché qui s’empare de l’eau. Mis en présence des oxydes, il se transforme en chlorure et en azotite.
Il forme avec l’acide sulfurique une combinaison cristallisée, volatile, facilement décomposable par l’eau.
440. Acide hypochloraz<»ti<fuc (Àz02Cl2. — AzOCl2.) — C’est Ull iquide rouge, fumant, bouillant à — 7°, dont la vapeur est jaune citron; les alcalis le décomposent en donnant un mélange de chlorure, d’azotate et d’azotite. C’est le produit qui se dégage de l’eau régale faiblement chauffée; l’acide chlorazoteux, qui paraît résulter de la décomposition de ce corps, ne se produit surtout qu’à la fin de l’opération, quand la température s’élève.
441. Acide chiorazotique (AzOCl. — Az02Cl — D’après B. Muller l’acide chiorazotique prendrait naissance en même temps que l’acide
CHIMIE INORGANIQUE
chlorazoteux dans la réaction de l’acide chlorhydrique gazeux sur l'acide hypoazotique refroidi à — 22°
4Az04 + 3IIC1 = 2Az02Cl 4- Az04Cl + Az05,5II0.
On obtient encore le même produit en faisant réagir l’oxychlorure de phosphore (452) sur les azotates de plomb et d’argent, ou l’acide chlorhydrosulfurique S20SC1,H0 sur l’azotate de soude.
C’est un liquide peu coloré qui bout à + 5°, dont la densité est 1 ,52 ; l’eau le décompose en acide chlorhydrique et azotique. Il forme avec les chlorures liquides d’étain et de titane, lessesquichlorures de fer et d’aluminium des composés cristallisés volatils et facilement décomposables par l’eau. Les composés d’étain et d’aluminium ont pour formule :
ShCl2 -J- Az04’Cl. AI2CF + Az04Cl.
En faisant agir l’acide chlorazotique sur l’azotate d’argent bien secr chauffé à une température de 60 à 70°, on obtient du chlorure d’argent, et de l’acide azotique anhydre (Odet et Vignon.)
Az04Cl + AgOjAzO5 = AgCl -h 2Az03.
C’est d’ailleurs un cas particulier d’un mode général de préparation des acides monobasiques anhydres découvert par Gerhardt et qui est fondé sur l’action réciproque des sels de cet acide sur le chlorure dérivé de l’acide anhydre par la substitution d’un équivalent de chlore à un équivalent d’oxygène. Ainsi l’acide acétique anhydre s’obtient facilement par l’action du chlorure d’acétyle (450) sur l’acétate de soude
C4H'J02C1 + NaO, C4H503 = NaCl + 2(C4IF03).
OXYBROMURES D’AZOTE
442. Le brome agit sur l’ammoniaque comme le chlore ; il se forme de l’azote et du bromhydrate d’ammoniaque. Mais l’action du brome bur les sels ammoniacaux ne donne pas de bromure d’azote correspondant au chlorure.