‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 237 sur 379 · LIV. J, CIIAP. XIII, BORE · texte numérisé non relu

LIV. J, CIIAP. XIII, BORE

472. Préparation du bore adamantin. — Le bore Cristallisé OU adamantin s’obtient en chauffant dans un creuset de charbon 100 grammes d’acide borique fondu et concassé et 80 grammes d’aluminium1. Ce métal réduit l’acide borique à une haute température, et forme de l’alumine, qui se dissout dans l’acide borique et peut y cristalliser, et du bore dont la proportion augmente à mesure que celle du métal diminue ; aussi il arrive un moment où la proportion du bore est trop considérable pour qu’il soit dissous en entier par le métal restant, il se dépose alors en cristaux transparents. On a ainsi le bore adamantin.

On met le creuset de charbon dans un creuset de plombagine, en comblant l’intervalle avec de la brasque (charbon pulvérisé) ; on chauffe le tout dans un bon fourneau à vent avec du charbon de cornues (495), à la température la plus élevée possible et en maintenant celle-ci au maximum pendant cinq ou six heures ; on y arrive taeilement avec ce charbon qui ne donne pas de cendres, puisque la grille du foyer ne peut s’obstruer. Le creuset refroidi, on brise avec un ciseau la couche supérieure, formée d’acide borique et d’alumine ; on trouve au fond le métal hérissé de cristaux. On le fait bouillir dans une dissolution de soude moyennement concentrée, qui dissout l’aluminium, l'acide borique et l’alumine adhérente ; on traite ensuite par l’acide chlorhydrique pour enlever le fer contenu dans les matières employées, et enfin par un mélange d’acide fluorhydrique et d’acide azotique qui dissout le silicium sans toucher au bore.

473. Propriétés physiques. — Le bore amorphe est une poudre verdâtre qui ne présente rien de saillant au point de vue physique.

H. Sainte-Claire Deville et Wôhler ont obtenu deux espèces distinctes de cristaux de bore :

1° Des lames d’un éclat métallique au moins égal à celui du diamant, noires et opaques, transparentes seulement dans les portions les moins épaisses du cristal ; elles renferment

Carbone 2,4

Bore 97,6

2° Des cristaux d’une limpidité et d’une transparence parfaites. Leur

1 On ne peut se servir ni de creusets métalliques ni de creusets ordinaires dans cette préparation, car l’acide borique fondrait les creusets de terre les plus réfractaires, et l’aluminium s’unirait aux métaux peu fusibles qu’on essaierait d’employer. Le charbon est donc la seule substance qui puisse convenir dans cette préparation.

CHIMIE INORGANIQUE

forme cristalline est un prisme droit à base carrée. Ils renferment toujours de l’aluminium et l’analyse faite sur un très bel échantillon a donné :

Carbone 4, ‘2

Aluminium 0.7

Bore 89,1

Ces cristaux sont parfois incolores, mais le plus souvent colorés en rouge grenat ou en jaune de miel. Leur réfrangibilité est très grande, leur dureté ne peut être comparée qu’à celle du diamant. Ils rayent le diamant et peuvent servir à le polir bien qu’ils soient moins durs que lui. La densilé est 2,68; ils sont très réfractaires.

L’aluminium est, dans ces cristaux, en trop forte proportion pour qu’il n’y ait pas lieu de s’en préoccuper. Ou l’aluminium et le bore, comme le supposaient IL Sainte-Claire et Wohler, sont capables de se remplacer isomorphiquement, ou bien l’on a affaire à une combinaison des deux corps. La nature de ces cristaux n’est donc pas encore bien nettement établie.

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