LIV. I, CHAP. XIV, CARBONE
Chauffé à l’air, il commence à brûler vers la température de fusion de l’argent, mais il est nécessaire de le maintenir à cette température pour qu’il continue à brûler. Sa combustion s’effectue plus facilement dans l’oxygène, il laisse de 0,05 à 0,2 pour 100 de cendres, tantôt rougeâtres, tantôt sous forme de poussière cristalline.
488. Taille du «Biamaut. — Les diamants qui servent pour la parure n’ont pas la forme des cristaux naturels, il sont taillés de manière à produire le plus d’effet possible lorsqu’ils sont exposés à la lumière. Il n’est pas inutile d’indiquer rapidement comment se pratique celte taille. On commence d’abord par dégrossir le diamant, en lui enlevant, par éclats, la plus grande partie de ce que ce travail doit supprimer. Cette opération très délicate repose sur la propriété que le diamant a d’être clivable, suivant des directions qui sont parallèles aux faces de l’octaèdre1 ; quand le dégrossissage est terminé, il ne reste plus qu’à user le diamant sur des meules d’acier couvertes d ’égrisée ou de poudre de diamant délayée dans un peu d’huile. Pour obtenir celte poudre, on pulvérise dans un mortier les diamants noirs qui sont les plus durs, et les fragments de diamants provenant du premier travail.
489. Prix du diamant. — Le prix du diamant est très élevé ; quand il est propre à la taille et d’une belle eau, il se vend 48 francs et plus le carat (0sr,212). Le prix augmente comme le carré du nombre des carats. Si l’on remarque que la taille enlève à peu près la moitié du poids des diamants, en verra qu’un diamant taillé du poids de 1 carat a nécessairement une valeur de plus de 192 francs, puisqu’il faut tenir compte du prix de la taille.
Au-dessus de 1 carat jusqu’à 100 carats, le prix varie proportionnellement au carré du nombre de carats. Cependant, quand il s’agit d’un diamant de poids considérable, le prix ne dépend plus que de sa beauté, et peut atteindre un chiffre plus élevé que celui qui résulte de cette règle. Ainsi le Régent, qui pèse actuellement 157 carats, est estimé environ à 6 millions de francs, tandis que son prix, calculé d’après la règle précédente, est de 3 750 000 francs.
Les plus beaux diamants connus sont :
Le Régent, appartenant à la France, qui pèse 137 carats. Avant la taille, il en pesait 410; il fut acheté sous la Régence, au prix de 2 500 000 francs ;
1 On dit qu’un cristal est clivable quand on peut le diviser en lames parallèles entre elles.
CHIMIE INORGANIQUE
Le Kohi-Noor, appartenant à l’Angleterre, qui pèse 105 carats;
L’Étoile du Sud, du poids de 125 carats, qui figurait à l’Exposition universelle de 1855.
Les deux premiers viennent de l’Inde, où l’on a trouvé les plus gros diamants ; l’Etoile du Sud vient du Brésil, où l’on n’avait rencontré jusqu’ici que des diamants beaucoup plus petits. Citons encore le diamant du rajah de Bornéo, le plus gros des diamants connus, il pèse 500 carats; le diamant de l’empereur du Mogol, qui pèse 279 carats; celui de Russie, pesant 195 carats; et le diamant du grand-duc de Toscane, du poids de 159 carats J [2.
490. État naturel et usages. — Le diamant se trouve disséminé dans des sables d’alluvion qu’on n'a rencontrés jusqu’ici que dans l’Inde (Golconde), dans l’île de Bornéo et au Brésil et plus récemment, mais en quantité insignifiante, sur les pentes occidentales de l’Oural et en assez grande quantité au cap de Bonne-Espérance. On les en extrait par des lavages et des triages prolongés qui sont fort coûteux, puisque le prix d’extraction peut être calculé, terme moyen, â 58 francs le carat.
La production du diamant jusque dans ces dernières années, était très restreinte : le Brésil n’en fournit que 5 à 6 kilogrammes par année, sur lesquels il ne faut compler que 200 grammes propres à la taille, et entrant par conséquent dans le commerce de la bijouterie. Ce cemmerce s’alimente surtout avec les diamants du Cap beaucoup plus gros que ceux de l’Inde ou du Brésil. Malheureusement, leur teinte jaune caractéristique en déprécie beaucoup la valeur.
Les autres usages du diamant sont très limités. Il sert à faire les pivots de certaines pièces d’horlogerie, les pointes des outils avec lesquels on perce les rubis et on sculpte les camées, etc., à couper le verre1; sa poudre sert à polir les pierres fines. On a même appliqué le diamant noir au forage des roches d’une grande dureté : c’est avec des forets garnis de pointes en diamant que certaines roches du Mont-Cenis et d’autres tunnels ont pu être entamées.
1 Ce n’est pas seulement la dureté du diamant qui lui permet de couper le verre, mais c’est surtout la forme arrondie de ses arêtes. Un diamant à arête rectiligne pourrait rayer le verre, mais ne le couperait pas; il produirait l’effet d’une scie dont les dents ne font qu’une rainure dans une substance, sans en séparer les parties. Qu’on appuie avec une hache sur un corps, le tranchant n’y pénétrera qu’à la condition d’écarter l’une de l’autre les deux parties du corps qui se trouvent de chaque côté du tranchant. C’est ce que fait le diamant à arête courbe. Cela est tellement vrai, qu’avec des corps bien moins durs que le diamant, comme le cristal de roche, l’acier trempé, on peut couper du verre, si on donne à leur arête la forme courbe de la hache.