C4H4 + 12 0 = 4II0 + 2C
Avec 4 volumes d’acétylène, il faudrait employer, pour obtenir une combustion complète, 10 volumes d’oxygène, et il se formerait 8 volumes d’acide carbonique :
D’une façon générale, soient V le volume d’oxygène nécessaire pour brûler 1 volume d’un carbure d’hydrogène et Y' le volume d’acide carbonique formé. Puisque 4 volumes d’acide carbonique renferment 2 équivalents de carbone et 4 équivalents ou 4 volumes d’oxygène, le nombre d’équivalents de carbone contenu dans 1 volume du carbure V'
sera = ; le volume d’oxygène qui a servi à brûler ce carbure sera V',
le volume d’oxygène employé à brûler l’hydrogène sera Y-Y', et par conséquent Y-Y' représentera le nombre d’équivalents d’hydrogène du carbure.
du gaz de l’éclairage
549. Historique. — Lebon, ingénieur français, est l’inventeur de cette importante industrie. On lui doit, en effet, un thermolampe , sorte
1. Nous rapportons immédiatement la réaction à 4 volumes pour éviter les fractions. Le raisonnement se ferait d’ailleurs aussi facilement en prenant comme point de départ 1 volume de carbure.
CHIMIE INORGANIQUE
de poêle avec lequel il distillait du bois ou de la houille, produisant ainsi, en même temps que la chaleur nécessaire au chauffage d’un appartement, un gaz combustible propre à l’éclairer (1776). Murdoch appliqua ce procédé en Angleterre, et, en 1802, il éclaira avec ce gaz les ateliers de construction de machines à vapeur de Watt et Boulton, à Soho.
En 1812, des essais furent tentés à Paris ; c’est de cette époque que date l’éclairage au gaz de l’hôpital Saint-Louis ; mais ce n’est qu’en 1820 que la ville commença à être éclairée par le gaz de la houille. Aujourd’hui, la ville de Paris consomme annuellement 100 millions de mètres cubes de gaz, dont plus de 10 millions alimentent les 27 000 lanternes destinées à éclairer la voie publique.
550. Produits de distillation de la houille. — La houille, distillée en vase clos, donne comme résidu un charbon plus ou moins poreux, connu sous le nom de coke, et un volume considérable de gaz hydrogène, carbures d’hydrogène, azote, oxyde de carbone, avec des quantités variables de vapeur d’eau, acide sulfhydrique, sulfure de carbone, sulfhydrate et sulfocyanhydrate d’ammoniaque, qui donnent au gaz une odeur désagréable et des propriétés fâcheuses qu’on ne peut lui enlever que par une opération assez dispendieuse.
On se rendra facilement compte de la production de ces divers corps, si l’on remarque que la houille contient, outre son charbon, de l’hydrogène et de l’oxygène, une faible proportion d’azote et de soufre provenant du bisulfure de fer (pyrite) disséminé, sous forme de petites veines d’un jaune d’or, dans toute la masse de ce combustible.
Les houilles à longue flamme sont celles qui conviennent le mieux pour la préparation du gaz de l’éclairage. 100 kilogrammes de houille de Mons en donnent environ 25 mètres cubes ; les houilles anglaises, plus riches en hydrogène, en peuvent donner jusqu’à 27 mètres.
551. Fabrication du gaz de la houille. — L’opération de la fabrication du gaz comprend trois parties distinctes, qui sont : 1° la distillation de la houille; 2° l’épuration physique du gaz; 5° l’épuration chimique. C’est au sortir des appareils épurateurs que le gaz se rend dans le gazomètre, où il est recueilli (pl. III).
Distillation de la houille. — Elle s’effectue dans des cornues en terre ou en fonte qu’il faut seulement porter au rouge cerise, si l’on veut avoir un gaz éclairant ; à une température élevée, le gaz dépose en effet sur les parois de la cornue une partie de son carbone (495), et perd alors de son pouvoir éclairant. La houille est introduite par la