LIV. I, CHAP. XVII, COMBUSTIONS
Ce chalumeau se compose d’un tuyau recourbé A, ouvert d’un côté et de l’autre fermé par une partie sphérique B dans laquelle s’engage un tube d’un petit diamètre C, terminé par une tuyère et qui amène dans l’appareil de l'air comprimé à une atmosphère et demie. Autour de ce tube, la partie sphérique porte de petites ouvertures D par lesquelles l’air extérieur pénètre sous l’influence de l’aspiration produite dans le tuyau par l’air comprimé; latéralement, le tuyau est muni d’une tubulure E par laquelle arrive le gaz de l’éclairage à la pression ordinaire (fig. 147). Ce gaz se mêle à l’air et ce mélange est, à la sortie du tube,
par suite des mouvements produits dans le tuyau par la détente de l’air comprimé, aussi homogène que possible.
Si l’on remplace le gaz de l’éclairage par l’hydrogène, la vitesse d’inflammation se trouvant augmentée, il faut donner au mélange une vitesse de sortie encore plus grande. Dans le cas du mélange d’hydrogène et d’oxygène, cette vitesse de sortie doit être énorme, si l’on veut empêcher la flamme de se propager à l’intérieur. On peut à la rigueur empêcher ce grave inconvénient au moyen de toiles métalliques placées vers l’extrémité du tube que traverse le mélange (560), mais il est prudent de ne se servir du gaz oxhydrique que dans un chalumeau à gaz séparés.
559. Lampe sans flamme. — Il est à remarquer que l’étincelle électrique ne peut déterminer la combustion des mélanges que la chaleur n’enflamme plus, mais il est toujours possible de déterminer la combinaison en faisant passer le mélange sur de la mousse de platine chauffée. Dans ce cas, la moindre trace d’oxygène dans l’hydrogène, mé-
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langé ou non d’autres gaz, est accusée par la production d’une quantité correspondante d’eau.
Il arrive même qu’un fil de platine mis au rouge en contact de mélanges explosifs se maintient à cette température élevée, par suite d’une combustion qui s’effectue dans les pores de ce métal, sans cependant enflammer le mélange, si celui-ci n’est que difficilement combustible. On fait d’habitude cette expérience-, connue sous le nom d 'expérience de la lampe sans flamme , de la manière suivante : On met un peu d’éther dans un verre à pied que l’on ferme imparfaitement au moyen d’une carte portant en son centre un fil de platine enroulé en spirale (fig. 148). On commence d’abord par rougir le fil à l’aide d’une lampe à alcool, et on le plonge rapidement dans le mélange inflammable d’air et de vapeur d’éther, où il redevient parfaitement rouge. Il reste très longtemps à cet état sans que l’on ait à craindre
f inflammation de l’éther. On peut aussi mettre une spirale de platine au-dessus de la mèche d’une petite lampe alimentée par un mélange d’éther et d’alcool. La mèche doit à peine sortir, afin qu’on puisse très facilement l’éteindre en soufflant dessus. On l’enflamme d’abord, et quand le platine est rouge, on l’éteint. La volatilisation du liquide aspiré par la mèche suffit pour fournir au platine les principes comburants qui brûlent dans ses pores. On peut aussi chauffer la spirale de platine avec le dard du chalumeau (564), afin de la rougir plus vite et d’accélérer l’expérience.
Davy, à qui nous devons cette découverte, a constaté que dans un mélange d’air et d’hydrogène carboné, contenant 1/5 de ce dernier gaz, le platine conservait indéfiniment son état d’incandescence sans enflammer le mélange. Si le mélange est plus riche en air, le platine peut en déterminer l’explosion. La spirale de platine se refroidirait rapidement, si le mélange contenait plus du tiers de son volume d’hydrogène carboné.
560. Moyens d’éteindre les eorps enflammés. — Toiles métalliques. — Il est évident que toutes les causes qui amèneront le corps à une température inférieure à celle de son inflammation auront pour effet d’éteindre ce corps.