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LIV. 1, CHAI». XVIII, SULFURE DE CARBONE

tube est muni d’une allonge recourbée qui va plonger dans le fond d’un vase rempli d’eau et portant un tube de dégagement ; l’autre extrémité du tube est fermée par un bouchon de liège. Quand le charbon est porté au rouge, on introduit de temps en temps quelques morceaux de soufre en bâtons et on bouche l’appareil. Le soufre fond, coule vers la partie incandescente du tube et se réduit en vapeurs qui se combinent au charbon. Le sulfure de carbone formé va se condenser en grande partie dans l’eau du flacon refroidi; une petite portion se dégage en vapeurs avec des gaz acide sulfhydrique, oxyde dé carbone et hydrogène carboné ou libre. Le soufre échappé à la combinaison se condense dans l’allonge. On explique la production des divers gaz qui accompagnent le sulfure de carbone de la manière suivante : le charbon contient toujours de l’hydrogène (496), de là le carbure d’hydrogène et l’hydrogène sulfuré produits ; quant à l’oxyde de carbone, il provient ainsi que l’hydrogène libre, de l’eau du bouchon, qui se trouve décomposée par le charbon en excès (507).

Le sulfure de carbone, plus dense que l’eau, se sépare facilement de l’eau. 11 suffit de le mettre dans un entonnoir effilé que l’on bouche avec le doigt; il se rassemble à la partie inférieure. Quand il est devenu transparent, on débouche un peu le bec de l’entonnoir et on le recueille dans un Bacon. On bouche de nouveau le bec dès que l’eau s’en approche. En ajoutant au sulfure quelques fragments de chlorure de calcium, on lui enlève le peu d’eau qu’il peut encore contenir ; il ne reste plus qu a le distiller. Cette dernière opération a pour but de séparer le sulfure de carbone du soufre qu’il dissout. On devra distiller au bain-marie, dans un appareil composé d’une cornue, d’une allonge et d’un ballon tubulé, muni d’un tube qui conduira les vapeurs loin du fourneau qui sert à chauffer l’eau. La vapeur de sulfure de carbone est, en effet, très inflammable, et elle forme en se mélangeant à l’air un gaz très explosif.

On produit le sulfure de carbone en grand dans l’appareil représenté ci-après (fig. 155). Y est un vase en fonte, surmonté d’un tube T par lequel on introduit le charbon ; ce tube porte une tubulure latérale t qui conduit la vapeur dans les appareils de condensation. Le vase V porte à sa partie inférieure un ajutage incliné qu’on peut fermer par une porte à charnière. C’est par là qu’on introduit le soufre quand la cornue «st chaude.

L’appareil de condensation se compose d’un vase intermédiaire H, où se condensera le soufre en excès, et d’un réfrigérant composé de trois

CHIMIE INORGANIQUE

vases cylindriques superposés, entourés d’eau froide. L’inférieur porte un tube vertical descendant, par lequel on peut faire écouler le sulfure de carbone liquide, à un moment donné. Lorsqu’on vide l’appareil de sulfure de carbone, on évite la rentrée de l’air dans le condensateur, et les explosions qui pourraient en résulter à cause du voisinage du fourneau, en bouchant l’extrémité de * la tubulure t avec un tampon de linge que l’on introduit par une porte à charnière G.

• Avec une cornue en fonte, de 2 mètres de hauteur et d’une section

Fig. 155.

elliptique de 1 mètre sur 40 centimètres, on prépare journellement 200 litres de sulfure de carbone.

Le sulfure de carbone du commerce contient toujours un peu d’eau et de soufre ; on le dessèche et on le distille comme il a été dit plus haut. Ainsi préparé, il contient encore certains produits sulfurés peu connus qui lui communiquent son odeur pénétrante et fétide. On les détruit en ajoutant au sulfure de carbone 1/2 p. 100 de sublimé corrosif qui se combine à la matère fétide (Cloez). On décante après vingtquatre heures. Le mercure produit le même effet (Sidot).

56G. Propriétés physiques. — C’est un liquide incolore, d’une

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