LIV. I, CIIÀP. XIX, SESQUICHLORURE DE SILICIUM
chloroxyde de carbone et d’un peu de chlorure de silicium se dégage. Ce mélange est extrêmement suffocant ; on devra le faire dégager par un tube de plomb ou de verre en dehors du laboratoire.
Si l’on opère avec une cornue de 5 à 4 litres de capacité, on peut facilement obtenir en une journée un litre de ce chlorure. On prépare alors le chlore dans une petite bonbonne en grès chauffée au bainmarie.
Le chlorure de silicium ainsi obtenu est impur; il contient un excès de chlore dissous, du chlorure de fer, etc. On le purifie en le mettant d’abord en digestion avec du mercure, puis en le distillant.
618. Propriétés . — C’est un liquide incolore, très limpide, fumant à l’air, dont la densité est 1,525 ; il bout à 59° ; sa densité de vapeur est 5,94; la densité théorique pour l’équivalent 170 et le volume 4 serait 5,87 ; on en conclut qu’un volume de cette vapeur contient 2 volumes de chlore. L’eau le décompose instantanément, avec dégagement de chaleur, en acide chlorhydrique et en silice gélatineuse; il contient :
On n’a utilisé jusqu’ici ce corps que dans les laboratoires. Nous avons dit plus haut comment on l’analysait (470).
SESQUICIILORURE DE SILICIUM Si4Cl6 = 2Ô9 . . 4T0>.
Si2Cl6 = 269.
Silicium Chlore. .
619. Préparation. — MM. Troost et Hautefeuille, en faisant passer un courant de bichlorure de silicium sur du silicium fondu, aune température d’environ 1500°, dans un tube de porcelaine, ont constaté que le silicium disparaissait peu à peu du milieu du tube, bien que ce ne soit pas un corps susceptible de se vaporiser à cette température ; le silicium s'était combiné au bichlorure de silicium pour former un sesquichlorure :
3Si-Cl4 -f 2Si = 2Si4Cl6.
Si le courant de vapeur de bichlorure est rapide, on condense en effet dans le récipient un mélange de bichlorure en excès et de sesquichlorure que l’on peut séparer par distillation fractionnée.
CHIMIE INORGANIQUE
620. Propriétés physiques et chimiques. — On obtient ainsi un liquide incolore dont la densité à 0° est 1,58. Il se solidifie à — 14° en larges lames cristallines et bout à 146°. La densité de sa vapeur est 9,7. Sa vapeur fortement chauffée s’enflamme spontanément au contact de l’air. Sous l’influence de la chaleur, il commence à se dissocier vers 350°. Sa tension de dissociation augmente rapidement avec la température, jusque vers 700°, où elle paraît avoir atteint son maximum, car au-dessus de cette température sa tension de dissociation diminue rapidement, et le sesquichlorure est très stable vers 1200 et 1300°, températures auxquelles nous l’avons vu se former.
621. maximum de tension de dissociation. Volatilisation apparente du silicium. — Le sesquichlorure de silicium est le premier exemple qui ait été signalé d’un corps susceptible de se produire à une température supérieure à celle où, sous la pression ordinaire, il peut subir une décomposition complète.
Lorsqu’on fait passer sur du silicium chauffé à 1300° des vapeurs de •bichlorure, on ne recueille que des traces de sesquichlorure ; ce corps, en passant lentement dans les parties du tube de porcelaine qui sont à une température d’environ 700°, se dissocie en reproduisant du bichlorure qui se dégage et du silicium qui se dépose en fines aiguilles qui s’enchevêtrent et ne tardent pas à former un bouchon compacte capable d’obstruer complètement le tube. Si au contraire le courant de bichlorure est rapide, le sesquichlorure formé à 1300° environ traverse très vite l’espace dont la température est comprise entre 1000° et 500°, n’y subit qu’un commencement de dissociation; il est brusquement ramené à une température inférieure à 300°, pour laquelle sa tension de dissociation est sensiblement nulle. On pourra donc le recueillir, le séparer ensuite par distillation de l’excès de bichlorure et en déterminer les propriétés.
Le transport du silicium a été obtenu également par MM. Troost et Hautefeuille en substituant le fluorure au chlorure de silicium (629).
Ainsi tandis que, pour la plupart des corps, la tension de dissociation croît avec la température, il existe des corps pour lesquels la tension de dissociation présente un maximum.
M. Ditte a constaté, postérieurement à ce travail, que les acides sélénhydrique et tellurhydrique sont dans ce cas, et obtenu le transport du sélénium et du tellure dans une atmosphère d’hydrogène (347).