LIV. I, CIIAP. XIX, SILICIURE D’HYDROGÈNE
L’hydrogène silicié pur n’est pas spontanément inflammable, comme celui que l’on obtient par le procédé de Wohler, mais il le devient quand on diminue sa pression, ou, ce qui revient au même, quand on le mélange à un autre gaz1. Il brûle alors dans un excès d’air en donnant une belle couronne blanche d’acide silicique ; il réduit les dissolutions métalliques de cuivre, d’argent et de palladium ; mais il est sans action sur les dissolutions d’acétate de plomb et de chlorure de platine. La chaleur le décompose en hydrogène et en silicium qui se dépose, sous forme d’anneau miroitant, sur les parois du tube de porcelaine où l’on fait l’expérience. Cette expérience permet de démontrer la présence de ce corps dans l’hydrogène préparé avec le zinc ou le fer impurs.
655. Composition. — Le siliciure d’hydrogène contient le double de son volume d’hydrogène comme le protocarbure d’hydrogène. On trouve en effet, lorsqu’on met ce gaz au contact d’une dissolution concentrée de potasse, qu’il donne un volume d’hydrogène quadruple du sien, avec production de silicate de potasse
Si2 *H4 + 2KO + 4H0 = Si204,2KQ + 811 .
Mais l’oxydation du silicium aux dépens de l’oxygène de l’eau donne la moitié de l’hydrogène recueilli.
La facilité avec laquelle l’hydrogène silicié est décomposé par la potasse est utilisée dans la purification de l’hydrogène.
1 . Ce fait est comparable à celui que nous avons constaté pour la vapeur de phos-
phore (209) qui ne s’oxyde pas à la température ordinaire dans l’oxygène, quand la
pression de ce gaz est voisine de celle de l’atmosphère et qui s’enflamme dans
l’oxygène suffisamment raréfié.