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LIV. I, CIIAP. XX, CLASSIFICATION DES MÉTALLOÏDES

Mais c’est surtout dans les propriétés physiques qu’on trouve les analogies les plus grandes entre ces divers corps. Ils sont beaucoup plus fixes que les autres métalloïdes, qui sont tous facilement réductibles à l’état de vapeurs quand ils ne sont pas gazeux ; on ne volatilise le silicium, qu’aux plus hautes températures de nos fournaux, et ce n’est même que sous l’influence d’une pile de 500 éléments que Despretz a réduit le charbon en vapeurs. On peut considérer le bore et le carbone comme infusibles, le silicium seul passe à l’état liquide à la température de fusion de la fonte.

Nous avons vu que le bore, le silicium et le carbone pouvaient exister à l’état amorphe sous lequel ils sont altérables, et à l’état cristallisé sous lequel ils opposent, au contraire, une très grande résistance à la plupart des agents chimiques. Leur dureté est alors extrêmement considérable.

Le charbon, le bore et le silicium n’ont qu’une seule espèce de dissolvants, ce sont les métaux fondus; encore faut-il ajouter que le charbon ne se dissout que dans la fonte de fer, qui le laisse déposer sous forme de graphite par refroidissement ; les deux autres se dissolvent dans plusieurs métaux, et notamment dans l’aluminium.

Les ressemblances chimiques du carbone, du bore et du silicium sont peu nombreuses. On peut remarquer néanmoins que ce sont, de tous les métalloïdes, ceux qui se combinent le plus facilement à l’azote et qui forment avec lui les composés les plus stables; le bore amorphe s’unit même directement à ce gaz, en dégageant de la chaleur et de la lumière. Ces azotures sont également remarquables par leur résistance à la chaleur. Le cyanogène ne se décompose qu’à une température très élevée, les azotures de bore et de silicium sont indécomposables.

Les acides borique et silicique sont les deux seuls acides vitrifiables connus, c’est-à-dire capables de fournir, en s’unissant aux bases, des matières dures, transparentes, que les agents atmosphériques ne modifient pas. Le fluor forme avec ces deux métalloïdes des gaz remarquables, très fumants à l’air et que l’eau décompose d’une manière analogue [fluorure de silicium (629), fluorure de bore (484)]. Il en est de même dans leur manière d’agir vis-à-vis du chlore et du soufre ; cependant, on ne peut, attribuer à ces acides et à leurs composés correspondants la même formule. La densité de vapeurs des composés volatils du bore conduit à attribuer à l’acide borique la formule BoO5, celle des composés du silicium conduit à la formule SiO2 ou Si20* analogue à celle de l’acide carbonique. Ajoutons que l’existence de

CHIMIE INORGANIQUE

l’hydrogène silicié (633) et de ses dérivés rapproche notablement le silicium du carbone et l’éloigne du bore. Ce sont des analogies de propriétés physiques qui ont fait placer le bore à côté du carbone et du silicium. Mais l’ensemble de ses propriétés chimiques conduit à le séparer de ces éléments et à en faire un sous-groupe. Il ne peut d’ailleurs être rapproché nettement d’aucun élémént connu.

642. Remarque. — Les corps que nous avons dû ranger un peu à part, dans les familles qui les comprennent, le carbone, l’azote, l’oxygène et l’hydrogène, sont les éléments essentiels de toute matière organisée ; ils constituent, par leur mélange ou leur combinaison, l’air, l’eau, l’ammoniaque, l’acide carbonique, qui servent à l’accomplissement des phénomènes naturels les plus importants. Il n’est donc pas étonnant qu’ils diffèrent par quelques caractères saillants des autres corps qui s’en rapprochent le plus. On doit donc plutôt s’étonner qu’il ait été possible de trouver, entre ces corps et les métalloïdes que nous rapprochons d’eux, une communauté de propriétés chimiques de l’importance de celles qui ont servi de base à la classification.

643. De l’atomicité des métalloïdes. — Si l’on admet l’existence des atomes, on est naturellement conduit à supposer que les gaz simples contiennent le même nombre d’atomes sous le même volume (50). De celte hypothèse et des faits précédemment établis, il résulte que les atomes de chlore, d’oxygène et d’azote ne s’unissent pas à un même nombre d’atomes d'hydrogène pour former l’acide chlorhydrique, l’eau et l’ammoniaque. Un atome de chlore prenant un seul atome d’hydrogène, un atome d’oxygène en prend deux; un atome d’azote, trois. C’est ce que l’on exprime, en disant que le chlore est un élément monoatomique, l’oxygène un élément diatomique et l’azote un élément Diatomique.

Nous ne connaissons pas la densité de vapeur du carbone, la composition en volume des carbures nous est donc inconnue; mais si nous remarquons que l’hydrogène protocarboné contient le double de son volume d’hydrogène, tandis que l’ammoniaque, qui renferme un élément triatomique, en contient une fois et demie son volume ; l’eau formée d’un élément diatomique, son volume, et l’acide chlorhydrique formé de deux éléments monoatomiques en contient seulement la moitié, nous serons naturellement conduits à supposer que le carbone est tétratomique. On pourra écrire alors la formule de l’hydrogène carboné €H\€ ayant une valeur double de celle que nous avons attribuée à C. La substitution du nouvel équivalent du carbone 0 = 20 = 12

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