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LIV. I, CIIAP. I, OZONE

expériences. Ils remplissaient des tubes de verre d’oxygène pur, et après les avoir fermés à la lampe, ils y faisaient passer une série d’étincelles au moyen de fils de platine qui traversaient leurs parois (fig. 19). Au bout d’un certain temps, la pointe des tubes étant ouverte sur une dissolution d’iodure de potassium, la diminution de volume de l’oxygène donnait le volume d’ozone produit. Ils constatèrent ainsi que la quantité d’ozone formé croissait pendant un certain temps (dix ou douze heures), au bout duquel l’électricité semblait détruire ce qu’elle avait produit d’abord.

La proportion d’ozone ainsi produit est toujours minime, mais on peut transformer presque intégralement l’oxygène en ozone, en opérant sur de l’oxygène contenu dans une éprouvette qui repose sur un bain

Fig- 18. Fig. 19.

d’iodure de potassium de manière à absorber l’ozone à mesure qu’il se forme [fig. 18). Afin d’éviter l’influence de l’azote de l’air, MM. Fremy et Becquerel ont encore fait l’expérience de la manière suivante : l’iodure de potassium était remplacé par une lame d’argent, le tube était placé sur de l’eau bouillie, recouverte d’huile, pour empêcher la dissolution de l’air.

L’expérience de la production de l’ozone par le passage de l’étincelle dans l’oxygène fut faite pour la première fois par Van Marmn, en 1786. Il avait reconnu l’odeur particulière que prend alors l’oxygène et la propriété qu’il a d’être absorbé par le mercure, à ce point que, dans quelques-unes de ses expériences, l’oxygène contenu dans une éprouvette sur la cuve à mercure avait diminué du tiers de son volume. On attribua à cette époque l’odeur particulière à la matière électrique , et

CHIMIE INORGANIQUE

l’oxydation de mercure à l’acide azolique formé dans l’expérience par l’azote que l’oxygène, préparé sans précaution particulière, pouvait contenir; ces faits tombèrent dans l’oubli le plus complet jusqu’à l’époque où la découverte de M. Schœnbein rappela sur eux l’attention des savants.

5° Par l'effluve. — L’effluve est cette forme particulière de la décharge qui se produit entre les deux lames d’un condensateur. Cette décharge se produit sans élévation sensible de température et sans étincelle; elle se manifeste dans l’obscurité, par une lueur dont la couleur dépend de la nature du gaz interposé.

L’appareil à effluves, le plus commode à employer pour préparer l’ozone, est celui de M. Berthelot.

Il se compose de deux tubes de verre concentriques soudés en c. Dans l’espace annulaire compris entre ces deux tubes on fait circuler bulle à bulle, un courant d’oxygène qui arrive en a et sort en b. Dans le tube intérieur d, rempli d’eau acidulée par l’acide sulfurique, on fait plonger un fil de platine. L’appareil est disposé dans une large éprouvette remplie d’eau acidulée dans laquelle on immerge un second fil de platine. Les deux fils de platine sont reliés aux deux pôles d’une bobine de Ruhmkorff (fig. 20).

C’est avec cet appareil qu’on obtient la plus forte proportion d’ozone; elle atteint Fig. 20. facilement 10 0/0 du poids total quand

on opère à la température ordinaire.

Mais, comme l’ont montré récemment MM. Ilautefeuille et Chappuis dans un beau travail sur l’ozone, on peut facilement augmenter encore la quantité d’ozone obtenue par l’effluve en opérant avec un appareil convenablement refroidi L

1 En remplaçant, par exemple, l’acide sulfurique étendu par du chlorure de méthyle

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