OZONE
89. L’oxygène peut acquérir dans certaines circonstances une odeur particulière et un pouvoir oxydant plus considérable que celui qu’il possède d’ordinaire. A cet état, on lui donne le nom à'ozone(6'C,-rh odeur).
CHIMIE INORGANIQUE
La découverte importante de l’ozone est due à Schœnbein, Ce savant constata, en 1 840 , que l’oxygène dégagé au pôle positif de la pile pendant la décomposition de l’eau sous l’influence du courant voltaïque, possédait les propriétés nouvelles que nous venons d’indiquer; il les attribua d’abord à un corps particulier mélangé à l’oxygène, mais une étude plus approfondie des propriétés et des circonstances de la production de l’ozone a fait abandonner cette hypothèse.
La transformation en ozone de l’oxygène pur ne peut laisser aucun doute : l’ozone est une modification allotropique de l’oxygène.
90. Formation de l’ozone. — L’oxygène est partiellement transformé en ozone par les actions électriques (électrolyse, étincelles, effluve); par l’action de la chaleur; enfin par réaction chimique.
1° Par électrolyse de l'eau. — D’après M. Schœnbein, l’ozone ne se produit dans la décomposition de l’eau par la pile que si les électrodes sont formées d’un métal inoxydable, et si l’eau est rendue conduclrice par Lun des acides sulfurique, azotique, phosphorique, ou par quelques sels oxygénés. Les dissolutions des chlorures, bromures et iodures ne donnent pas d’ozone. M. Marignac, pour éliminer l’influence de l’azote que M. Schœnbein croyait nécessaire à la production de l’ozone, a opéré la décomposition de l’eau dans le vide. L’expérience a été continuée pendant plusieurs jours, et le quart de l’eau du voltamètre décomposé; à la fin de l’opération, l’oxygène était aussi odorant qu’au commencement. Ces résultats ont été vérifiés depuis par MM. Fremy et Ed. Becquerel. D’après M. Soret, en décomposant de l'eau additionnée de 1/5 d’acide sulfurique, dans un grand voltamètre refroidi à 5 ou 6° au-dessus de zéro, et dont les électrodes sont séparées par un diaphragme poreux, on peut obtenir un gaz odorant mais dont le pouvoir oxydant ne dépasse pas 1/100 du poids de l’oxygène recueilli.
2° Par les étincelles électriques. — L’ozone prend également naissance quand on fait passer une série d’étincelles dans de l’oxygène sec. C’est ce que M. A. de la Pdve a démontré en 1846. Il faisait passer un courant lent d’oxygène sec, obtenu au moyen du chlorate fondu, à travers un tube de verre très étroit dans lequel il avait scellé deux fils de platine dont les extrémités étaient très rapprochées. L’un des fils étant mis en communication avec une machine électrique et l’autre avec le sol, il se produisait une série d’étincelles électriques dans le tube. L’oxygène qui se dégageait alors contenait une quantité très appréciable d’ozone, ce qui prouve bien que l’ozone n’est qu’un état particulier de l’oxygène. En 1851 MM. Becquerel et Fremy ont repris ces