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LIV. I, CHAI». I, OZONE

Le permanganate de potasse et l’acide sulfurique donnent également de l’ozone.

91. Propriétés physiques. — L’ozone a une odeur pénétrante; il

suffit que l’air en renferme iqqqqqq Pour que ce^e odeur soit nettement

perçue. C’est celle qui se répand autour des machines électriques en activité, autour des bâtons de phosphore qui s’oxydent lentement.

L’ozone est bleu ; ce fait important a été mis en évidence par MM. Ilautefeuille et Chappuis de la façon suivanle :

En comprimant dans l’appareil Cailletet, dont le tube était refroidi par l’évaporation du chlorure de méthyle ( — 23°), de l’oxygène ozonisé préparé lui-même à — 23°, ils ont vu le tube capillaire devenir bleu d’azur dès les premiers coups de piston; la coloration s’accentue à me-

Fig. 22.

sure que la pression s’élève et passe au bleu indigo. La teinte devient plus foncée si on refroidit le gaz à — 88° (évaporation du protoxyde d’azote liquide).

Mais il suffit, pour rendre visible la couleur bleue de l’ozone, de faire arriver l’oxygène ozonisé au sortir de l’appareil à effluves, fonctionnant à la température ordinaire, dans un tube étroit de 1 m,50 à 2 mètres de longueuret.de regarder suivant l’axe du tube en plaçant à l’autre extrémité une surface blanche éclairée. Le tube, entouré de papier noir, est fermé à ses deux extrémités par deux lames de verre mince fixées à la cire ; le gaz arrive par un petit tube soudé latéralement et s’échappe dans l’atmosphère par une seconde ouverture pratiquée à l’extrémité opposée {fig. 22).

Avec l’ozone préparé à — 23°, la compression de l’ozone à 75 atmos-

CHIMIE INORGANIQUE

phères, suivie d'une détente brusque, suffit à déterminer l’apparition d’un brouillard blanc suivant l’axe du tube. L’ozone est donc plus facile à liquéfier que l’oxygène.

Cette liquéfaction a, d’ailleurs, été obtenue par MM. Hautefeuille et Chappuis, en comprimant à 125 atmosphères un mélange d’oxygène et d’ozone refroidi à — 100° environ, par l’évaporation de l’éthylène liquéfié. Par la détente, le tube devient instantanément incolore et il contient dans la partie effilée et recourbée du tube une goutte liquide d’un bleu foncé ; le liquide disparaît lentement en reproduisant un gaz bleu d’azur.

92. Propriétés chimiques. — L’ozone perd toutes ses propriétés quand on le fait passer à travers un tube chauffé à 240° ; il se détruit même peu à peu quand on le chauffe dans un tube fermé vers 100°, et instantanément, quand on le met en contact avec de la vapeur d’eau bouillante qui peut l’échauffer à 100° en tous ses points. On peut donc admettre que l’ozone est détruit par une élévation de température ne dépassant pas 100°. La destruction se produit d’ailleurs lentement lorsqu’on abandonne l’ozone à lui-même, à la température ordinaire. On peut conserver plus d’une année de l’oxygène ozonisé dans des tlacons maintenus à basse température. Le charbon en poudre, le bioxyde de manganèse, le noir de platine et la potasse détruisent l’ozone par simple contact. L’éther anhydre absorbe l’ozone avec lequel il contracte une combinaison stable qui est un oxydant énergique ; agitée avec une petite quantité d’eau, elle forme immédiatement de l’eau oxygénée.

L’oxygène odorant.se comporte, dans la plupart des cas, comme le chlore et le brome. Il décompose, en effet, l’iodure de potassium en mettant l’iode en liberté et formant de la potasse :

Kl -f O = KO -j- I ;

si la solution d’iodure est additionnée d’empois d’amidon, le liquide bleuira. Un papier amidonné, imprégné d’iodure, deviendra bleu au contact de l’ozone et pourra servir de réactif à ce corps. Si l’ozone es*t en excès, l’iodure de potassium dissous sera transformé en iodate et la coloration bleue disparaîtra :

Kl + 60 = KO,IO\

Quand l’ozone est humide , il oxyde la plupart des métaux et les amène à leur maximum d’oxydation. On fait l’expérience sur l’argent

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