L1V. I, CHAP. J, OZONE
e-n a conclu à l’existence de l’ozone dans l’atmosphère. Cette conclusion est exacte, mais le réactif employé par Schœnbein est incertain. Il résulte, en effet, des expériences de M. Cloez que les exhalaisons qui se dégagent des végétaux, fournissant des huiles essentielles, bleuissent le papier ioduré ; il en est de même des traces de vapeurs nitreuses, plus fréquentes dans l’atmosphère qu’on ne l’avait cru jusqu’alors ; une vive insolation peut même bleuir le papier ioduré et amidonné. Si l’on suspend, en effet, une éprouvette transparente et une éprouvette rendue opaque par une feuille de papier noir, et contenant toutes deux des feuilles de ce papier, sous une cloche renfermant de l’air humide et exposée aux rayons solaires, on verra le papier bleuir dans l’éprouvette transparente et rester blanc dans l’autre. M. Houzeau a proposé, avec beaucoup de raison, de substituer au réactif de M. Schœnbein un papier de tournesol rouge vineux, dont la moitié seulement a été imprégnée d’iodure de potassium. L’ozone, en décomposant ce corps, donne de la potasse qui ramène au bleu le papier rougi ; la partie non iodurée doit conserver sa teinte normale; on est ainsi mis en garde contre les causes d’erreurs qui pourraient résulter de l’action de vapeurs* alcalines ou acides accidentellement contenues dans l’air essayé.