‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 43 sur 379 · L1V. I, CHAP. II, AIR · texte numérisé non relu

L1V. I, CHAP. II, AIR

toujours le même : l’air contient toujours 79 volumes d’azote pour 21 volumes d’oxygène.

106. méthode oudi omet ri que. — Cette méthode est fondée sur le fait suivant : l’oxygène se combine avec un volume d’hydrogène double du sien pour donner de l’eau, dont le volume à l’état liquide est négligeable par rapport à celui des gaz qui la constituent.

Supposons donc qu’on fasse passer une étincelle électrique à travers un mélange de 100 parties d’air (en volume) et de 100 parties d’bvdrogène; il se produira une explosion, et le volume du mélange se trouvera réduit à 137 parties. Il en est donc disparu 63 parties, qui ont formé de l’eau; ces 65 parties étaient composées de 21 parties d’oxygène et de 42 d’hydrogène. Donc l’air contient, pour 100 volumes. 21 parties d’oxygène et partant 79 d’azote.

L’expérience se prête ici à plusieurs vérifications que n’offraient pas les méthodes précédentes. Si 42 volumes d’hydrogène ont disparu pendant l’explosion, il doit en rester 38 volumes dans le résidu. Nous le prouverons en ajoutant à ce résidu 50 volumes d’oxygène, et faisant de nouveau détoner le mélange. Après le passage de l’étincelle, on constate une diminution de volume de 87 parties, qui correspond à la disparition de 58 d’hydrogène et de 29 d’oxygène. Il y avait donc bien dans le résidu 58 d’hydrogène, et par conséquent 100 volumes d’air contiennent 21 volumes d’oxygène et 79 d’azote. Dans les méthodes par les absorbants, on admet que le volume de l’air est égal à la somme des volumes d’azote et d’oxygène qu’il contient, mais sans pouvoir le démontrer dans l’expérience même ; elles sont donc inférieures sous ce rapport à la méthode eudiométrique ; leurs résultats sont tout aussi exacts, parce que le fait qu’elles supposent est rigoureusement démontré par les expériences de Lavoisier sur l’analyse et la synthèse de l’air (100) et par l’analyse eudiométrique.

1 07 . Eudiomètre de Gay-Lnssac. — L’appareil dans lequel on fait l’expérience est connu sous le nom à' eudiomètre de Gay-Lussac.

Il se compose d’un tube en cristal épais, mastiqué à ses extrémités dans deux garnitures en cuivre munies de robinets et se terminant par des entonnoirs arrondis. L’appareil repose sur l’un de ses entonnoirs ; la garniture supérieure porte un excitateur électrique composé d’une tige de cuivre terminée par deux boules, et isolée de la garniture par un tube de verre qui entoure la tige (fig. 29). L’une des boules est extérieure à l’appareil, l’autre se trouve à l’intérieur, à une petite distance de la paroi métallique. Une petite règle en métal réunit les deux gar-

CHIMIE INORGANIQUE

nitures, entre lesquelles elle établit une communication métallique. Cette partie constitue Feudiomètre proprement dit.

Voici comment on s’en sert. On le remplit complètement d’eau, en le plongeant verticalement dans une cuve à eau profonde; les robinets étant ouverts, l’air intérieur est chassé complètement par l’eau; on ferme alors les robinets et l’on place l’instrument sur la tablette de la cuve, sans sortir son extrémité inférieure de l’eau, On introduit alors l’air et l’hydrogène. Pour rendre cette opération plus facile et plus exacte à la fois, on se sert d’une jauge contenant, par exemple, 100 divisions du tube mesureur. Cette jauge se compose d’un tube de verre monté sur une garniture de cuivre, portant une coulisse dans laquelle glisse une lame métallique percée à une extrémité d’une ouverture circulaire de même diamètre que le tube. On peut, par cette disposition, fermer le tube si l’on amène la partie pleine de la lame devant son ouverture, ou l’ouvrir en faisant glisser la lame de manière à faire coïncider les deux ouvertures. La jauge étant remplie d’air, on pousse la lame pour fermer l’ouverture, on emprisonne ainsi un volume d’air déterminé. On le fait passer dans l’eudiomètre de la manière suivante : la jauge, fermée, est plongée verticalement dans la cuve à eau, on la retourne pour permettre à l’air contenu dans la garniture de cuivre au-dessous de la lame de s’échapper, puis on la porte ainsi retournée sous l’entonnoir inférieur de Feudiomètre, et, en poussant la lame avec le doigt, on ouvre la jauge, qui se remplit d’eau ; l’air, plus léger, monte dans Feudiomètre, si le robinet de la garniture inférieure est ouvert.

Pour l’hydrogène, on se sert de la jauge ouverte comme d’une éprouvette ordinaire ; quand elle est complètement remplie, on pousse la lame pour fermer la jauge. On se débarrasse comme précédemment de l’excès d’hydrogène avant de le transvaser dans Feudiomètre.

Le mélange introduit, on y fait passer une étincelle en approchant de la boule de l’excitateur électrique le plateau d’un électrophore chargé d’électricité* Il se produit une vive lueur dans le tube, et, quand on rouvre le robinet inférieur, l’eau monte rapidement d une certaine

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