LIV. 1, CH AP. II, AIR
quantité. Pour mesurer le volume du gaz restant on se sert d’un mesureur.
C’est un tube étroit et assez long, divisé en 200 parties d’égale capacité; 100 de ces parties équivalent au volume de la jauge. Il porte à sa partie inférieure une virole en cuivre qui permet de le visser sur le fond de la garniture supérieure de l’eudiomètre. Après l’avoir vissé, rempli d’eau, sur l’entonnoir supérieur, on ferme le robinet inférieur et l’on ouvre le robinet supérieur de l’eudiomètre ; le résidu gazeux gagne le haut du tube gradué ; on dévisse alors ce tube, en ayant soin d’ajouter un peu d’eau dans l’entonnoir pour remplacer celle qui monte dans le tube, on ferme l’ouverture du tube avec le pouce, et tenant la virole entre les deux premiers doigts de la même main, on le porte sur la cuve à eau. On l’enfonce jusqu’au moment où le niveau de l’eau est le même dans le tube et dans la cuvette et on mesure le volume du gaz.
Cette méthode présente quelques inconvénients particuliers. Au moment où l’explosion du mélange a lieu, les robinets de l'eudiomètre sont fermés. Comme la condensation rapide de la vapeur d’eau formée détermine un vide partiel, une portion de l’air dissous dans l’eau se dégage et vient s’ajouter au volume du résidu. Cet inconvénient ne peut être complètement évité, même en laissant le robinet inférieur ouvert, car l’eau ne peut rentrer assez vite par l’ouverture du robinet pour remplir le vide qui se fait instantanément, et déplus on a à craindre dans ce cas de voir une portion de gaz s’échapper au moment même de l’explosion, par suite de l’expansion subite qui accompagne l’élévation de température produite par la combustion de l’hydrogène.
Il est donc préférable d’opérer sur le mercure, avec un eudiomètre de Mitscherlich, dont nous avons déjà parlé (54) et que représente la figure 9.
108. Inconvénients des méthodes précédentes. — Toutes les méthodes précédentes ont le même inconvénient : la composition de l’air se déduit de la mesure de volumes d’air très petits ; par conséquent, la moindre erreur sur l’évaluation de ces volumes ou sur les corrections relatives à la température, à la pression et à l’état hygrométrique du gaz, influe d’une manière très notable sur le résultat définitif. Aussi doit-on préférer aux méthodes en volumes les méthodes où l’on pèse l’oxygène et l’azote qui sont contenus dans un volume notable d’air, les erreurs dépendant des pesées pouvant être singulièrement réduites.
109. méthodes en poids. - — 1 0 Procédé de M. Brunner. — M. Brunner
CHIMIE INORGANIQUE
a eu le premier l’idée d’appliquer la méthode des pesées ; il faisait passer lentement de l’air dépouillé de son acide carbonique et de sa vapeur d’eau sur du phosphore froid ; l’air perdait son oxygène; on recueillait l’azote dont le poids se déduisait de la mesure du volume; l'augmenta tation de poids du tube contenant le phosphore donnait le poids de l’oxygène. Le procédé de M. Brunner présente donc encore en partie l’inconvénient attaché à la mesure des volumes, mais le procédé suivant, employé par MM. Dumas et Boussingault, permet de résoudre complètement le problème de l’analyse exacte de l’air.
2() Procédé de MM. Dumas et Boussingault. — On fait passer de l’air dépouillé de vapeur d’eau et d’acide carbonique sur de la tournure de cuivre chauffée ; l’oxvgène est complètement absorbé, et l’azote va se rendre dans un ballon vide d’une capacité de 12 à 15 litres, qui se remplit pendant l’expérience.
L’augmentation de poids du cuivre donne l’oxygène, l’augmentation de poids du ballon donne l’azote.
La figure 1 (planche 1) représente l’appareil employé par ces éminents chimistes. Le tube de Liebig et les tubes p contiennent : le premier une dissolution concentrée de potasse, les autres de la ponce imbibée de potasse concentrée. Le second tube de Liebig s contient de l’acide sulfurique concentré, un autre tube s' est rempli de ponce sulfurique, enfin le tube t contient également de la ponce sulfurique; l’acide carbonique est absorbé dans les tubes à potasse, l’eau dans les tubes à acide sulfurique. Le tube /, par l’invariabilité de son poids pendant toute l’expérience, montre que la dessiccation du gaz a été complète.
Le tube T est un tube en verre dur, muni de deux robinets r, qui permettent d'y faire le vide ; il contient de la tournure de cuivre que Ton a d’abord oxydée, puis réduite par l’hydrogène. On donne ainsi au métal une porosité qui lui permet d’ahsorber plus facilement l’oxygène de l’air, en môme temps qu’on a détruit par l’oxydation toutes les matières organiques qui pouvaient se trouvera sa surface.
Enfin B est le ballon; il porte un robinet à cadran qui permet de régler à volonté l’arrivée de l’air dans son intérieur.
On fait d’abord le vide dans le ballon et dans le tube à cuivre, et on les pèse; puis, l’appareil étant ajusté, on chauffe le cuivre, et on ouvre légèrement le robinet à cadran du ballon en meme temps que les robinets r. L’air extérieur, amené au tube de Liebig, par un long tube de verre qui sort du laboratoire le traverse, ainsi que les tubes qui suivent,