‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 50 sur 379 · LIV. I, CHAP. II, AIR · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. II, AIR

fondeur de la terre, la combustion, la respiration, etc., déterminent la production incessante de matières gazeuses, telles que l’acide carbonique et l’oxyde de carbone, l’ammoniaque, l’acide sulfhydrique, l’acide sulfureux *, des carbures d’hydrogène et d’autres encore qui doivent se répandre dans l’air. On devrait donc plutôt s’étonner de n’y trouver qu’un aussi petit nombre de matières gazeuses. Mais nous verrons, par la suite, par quelles lois admirables toutes les matières contenues dans l’air retournent à la terre, et reviennent de nouveau dans l’atmosphère, après avoir concouru à entretenir la vie des êtres innombrables disséminés à la surface de notre globe.

118. L’air est un mélange. — On admet que l’air est un mélange d’oxygène et d’azote, et non une combinaison de deux corps. On en donne un certain nombre de preuves convaincantes.

1° Les volumes d’oxygène et d’azote qui constituent l'air ne sont pas dans des rapports simples, comme cela a lieu dans toutes les combinaisons des gaz.

On a bien fait remarquer que le rapport 20,8 et 79,2 différait peu de t/4, rapport simple ; mais les analyses de l’air sont trop nombreuses et sont faites par des méthodes trop précises pour qu’on puisse admettre une erreur aussi considérable à ce sujet. Mais, quand bien même l’analyse démontrerait que l’air se compose de 20 parties d’oxygène et de 80 d’azote, cela ne suffirait pas pour admettre que ce fluide résulte de la combinaison des deux corps. L’air serait, en effet, la seule combinaison formée de volumes inégaux de gaz unis sans condensation.

2° L’air mis en présence de l’eau se comporte comme un mélange de gaz, c’est-à-dire qu’au lieu de s’v dissoudre dans la proportion où ils existent dans l’air, l’oxygène et l’azote s’y dissolvent suivant leur degré de solubilité particulière. Nous avons développé ce fait, comme application des lois de la solubilité des gaz (14).

5° La variation de composition de l’air, si faible qu’elle soit, est une preuve importante à ajouter à celles qui militent contre l’hypothèse d’une composition définie.

1 L’air des grandes villes manufacturières renferme souvent des traces d’acide sulfureux provenant de la combustion du charbon de terre qui contient du soufre ; les eaux de pluie de Londres et de Manchester auraient parfois une réaction acide due à cette cause.

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