LIV. I, CIIAP. III, HYDROGÈNE
neau long à réverbère un tube de fer ou de porcelaine contenant quelques paquets de fils de fer fins. On adapte une cornue de verre, à moitié remplie d’eau, à l’une des extrémités de l’appareil, et à l’autre un tube abducteur qui se rend dans la cuve à eau. Le tube étant porté au rouge, on fait bouillir l’eau ; elle passe à l’état de vapeur et arrive au contact du fer incandescent, où elle est décomposée, en oxygène qui s’unit au fer, et en hydrogène qui se dégage. On remarque que l’oxyde de fer formé dans cette circonstance est identique à celui qui se produit dans l’expérience d'Ingenhousz (combustion du fer dans l’oxygène); c’est de l’oxyde salin Fe304. La formule qui exprime la réaction est donc la suivante :
4HO + 5Fe -= Fe504 + 4H.
L’hydrogène obtenu par ce procédé est toujours accompagné d’une trace d’oxyde de carbone provenant de la décomposition de l’eau par le carbone contenu dans le fer
2° Par le zinc et V acide sulfurique. — Dans la réaction précédente l’eau n’a été décomposée par le fer que sous l’influence de la chaleur; on peut produire la même décomposition à froid, en présence d’un acide étendu, mais alors il est préférable de remplacer le fer par le zinc, l’opération marche plus rapidement.
On prend un flacon de verre v à deux tubulures, d’une capacité de 1 litre ; on y introduit 3 décilitres d’eau environ et 50 grammes de zinc en grenaille. L’une des tubulures est munie d’un tube abducteur qui conduira le gaz dans une éprouvette placée sur la cuve à eau, l’autre tubulure est fermée par un bouchon traversé par un tube droit en verre, surmonté d’un petit entonnoir et plongeant de quelques centimètres dans le liquide par sa partie inférieure (fig. 32). On verse peu à peu, par l’entonnoir, de l’acide sulfurique du commerce; bientôt de l’hydrogène se dégage de tous les points du zinc, sous formes de petites bulles qui viennent crever à la surface du liquide; on ajoute de nouveau de l’acide quand le dégagement se ralentit; 75 à 80 grammes suffiront pour dissoudre tout le zinc et produire 15 litres de gaz. L’hydrogène qui se dégage au commencement de 1’opération est mélangé d’air; il doit être rejeté. On commencera à le recueillir quand il se sera dégagé de l’appareil 1 litre ou 1 litre 1/2 de gaz.
La réaction qui donne naissance à l’hydrogène n’est point particulière à ce corps : lorsqu’on plonge une lame de zinc dans une dissolution d’un sel d’argent ou de cuivre, elle se recouvre d’un dépôt plus ou
CHIMIE INORGANIQUE
moins cohérent de ces métaux, de plus une certaine quantité de zinc entre en dissolution et prend dans le composé salin la place du cuivre ou de l’argent précipités.
2 Ag0,S206 4- 2 Zn *= 2 Zn0,S206 + 2 Ag 2Cu0,S206 + 2 Zn = 2 Zn0,S206 -f 2 Cu ‘
L hydrogène possédant, comme nous le verrons, toutes les propriétés chimiques des métaux, on peut considérer l’acide sulfurique étendu comme une dissolution de sulfate d’hydrogène dans l’eau. Le zinc décompose ce corps comme les sulfates de cuivre et d’argent, seule-
ment l’hydrogène étant gazeux se dégage sous forme de bulles de tous les points de la surface du métal qui le déplace.
H202, S206 + 2 Zn = 2 ZnO, S206-f 2 H.
3° Par le zinc et l'acide chlorhydrique. — Le zinc, le fer déplacent également l’hydrogène des hydraeides. On emploie fréquemment la dissolution de gaz chlorhydrique que l’on trouve abondamment dans le commerce sous le nom d’acide chlorhydrique. La réaction est très vive, elle se produit dès qu’on met les deux corps en présence :
Zn-j-HCl = H+ZnCl.
Le chlorure de zinc, très soluble, reste en dissolution.
120. Remarque. — On n’emploie pas le zinc pur dans la préparation