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LIV. I, ClIAP. IIÏ, HYDROGÈNE

de l’hydrogène parce que son action sur l’acide sulfurique étendu est d’une lenteur extrême à moins que ce métal ne soit très divisé. On se sert d’ordinaire du zinc du commerce, qui contient, entre autres impuretés, une notable quantité de plomb. C’est ce métal très divisé qui forme le dépôt noirâtre plus ou moins abondant que l’on trouve toujours au fond des appareils à hydrogène.

Une lame de zinc pur plongée dans l’acide sulfurique étendu y est immédiatement attaquée, mais cette action cesse bientôt parce que la surface du métal se recouvre d’une multitude de bulles d’hydrogène, d’autant plus adhérentes que la surface est plus polie, qui la séparent du liquide, comme le ferait une couche continue de vernis. En faisant dégager ces bulles par un moyen quelconque, on permet à l’action chimique de recommencer.

On détermine facilement un dégagement continu d’hydrogène en ajoutant à l’acide qui mouille le zinc pur quelques gouttes d’une dissolution d’or, de platine ou de cuivre. Ces métaux sont précipités par le zinc et forment à sa surface un dépôt d'une matière extrêmement divisée ; de plus, ils forment avec le zinc un véritable élément de pile dans lequel ce métal est attaqué par l’acide en donnant de l’hydrogène qui se dégage à la surface du cuivre, du platine ou de l’or. À cet état de division, les métaux n’ont pour ainsi dire aucune adhérence pour les bulles d’hydrogène, si petites qu’elles soient , le dégagement de gaz doit donc être continu, c’est aussi pour cela que le zinc très divisé s’attaque beaucoup plus rapidement que le zinc en lames. Avec le zinc du commerce on est dans les mêmes conditions qu’avec le zinc recouvert de métal divisé; le plomb qui.y est contenu apparaît sous forme de cristaux lamellaires très petits, aussitôt que l’attaque du zinc a commencé. Les arêtes de ces cristaux favorisent le dégagement des bulles d’hydrogène qui viennent se déposer à leur surface, puisque le plomb est, comme le cuivre, l’or et le platine, l'élément inattaquable du couple voltaïque formé par ce métal et le zinc.

L’influence de l’état de la surface du métal sur la rapidité du dégagement de l’hydrogène, signalée par d’Almeida, n’est pas la seule cause qui fasse varier ce dégagement dans la préparation habituelle de l’hydrogène; la conductibilité électrique du liquide employé y joue aussi un rôle important, puisqu’en réalité le zinc du commerce se * comporte comme une multitude de petits éléments, plomb et zinc, plongés dans l’acide sulfurique étendu. De la Rive a démontré, en effet, que la dissolution acide qui fournit le dégagement le plus rapide

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d’hydrogène est celle qui possède la conductibilité électrique la plus grande.

121. Appareil continu. — Il est commode d’avoir dans les laboratoires un appareil fournissant un courant continu d’hydrogène, facile à régler ; les applications de l’hydrogène, quenous développerons plus loin, rendent cet appareil indispensable.

Deux flacons de même capacité Sont réunis par un gros tube de

caoutchouc fixé à une tubulure inférieure. L’un contient une couche de verre en fragments, puis du zinc en grenaille ou en lamelles ; le goulot du flacon est muni d’un robinet métallique. Le second flacon est rempli d’acide chlorhydrique du commerce étendu de son volume d’eau. Le robinet de l’ap- Fig. 33. pareil étant ouvert, le liquide

tend à s’élever au même niveau dans les deux vases, il arrive au contact du zinc et de l’hydrogène se dégage (fig. 35). Si l’on forme le robinet, l hydrogène produit refoule le liquide dans l’autre flacon et lorsque le niveau a atteint la couche de verre le dégagement s’arrête. Le flacon reste rempli d’hydrogène prêt à se dégager à l’ouverture du robinet. On peut régler le dégagement gazeux soit à l’aide du robinet, soit en établissant une différence de niveau entre les deux flacons. Pour arrêter l’acide chlorhydrique entraîné, on fera passer le gaz dans une dissolution alcaline.

122. Impuretés et purification de l’hydrogène ordinaire. — L’hy—

drogène préparé avec le zinc du commerce contient toujours des impuretés qui lui communiquent son odeur désagréable. Ces impuretés sont de l’acide sulfhydrique, de l’arséniure, du phosphure et du siliciure d’hydrogène1; elles sont dues à ce que le zinc du commerce contient des traces de soufre, d’arsenic, de phosphore et de silicium à l’état de sulfure, d’arséniure, de phosphure et de siliciure, que l’acide sulfurique étendu et l’acide chlorhydrique décomposent en donnant des

1 Wühler a démontré la présence de l'hydrogène siliciô dans l’hydrogène ordinaire en faisant passer ce gaz dans un tube de porcelaine fortement chauffé, il se dépose sur les parois chaudes du tube un anneau miroitant et fixe, de silicium d’apparence métallique.

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