LIV. I, CI1ÀP. III, HYDROGÈNE
produits hydrogènes correspondants. Le plus ordinairement l’arséniure d’hydrogène provient de l’acide sulfurique du commerce qui contient des composés arsenicaux (acide arsénieux, arsénique) transformables en arséniure d’hydrogène quand on les met en présence de l’acide sulfurique étendu et du zinc.
On peut purifier l’hydrogène en le faisant passer à travers une série de tubes en U contenant de la ponce imbibée de dissolution d’azotate de plomb, de sulfate d’argent et de potasse. L’acide sulfhydrique est absorbé par les sels de plomb ; le sulfate d’argent retient l’hydrogène arsénié et phosphoré ; la potasse décompose l’hydrogène silicié. Le gaz ainsi purifié est absolument dépouillé d’odeur, et brûle avec une flamme presque invisible.
Mais on enlève plus facilement à l’hydrogène les diverses impuretés dont nous venons de parler en faisant passer le gaz sur du cuivre chauffé au rouge ; ce métal absorbe avec la plus grande facilité, à cette température, le soufre, le phosphore, l’arsenic et le silicium. L’oxyde de cuivre précipité à chaud du sulfate de cuivre par la potasse, et séché à 100°, absorbe à froid toutes ces impuretés (Lionet).
Lorsqu’on remplace dans la préparation de l’hydrogène le zinc par du fer ou mieux par de la fonte, il y a production de nombreux carbures d’hydrogène, parce que le fer ordinaire et surtout la fonte contiennent du carbone combiné au métal. On ne peut songer à débarrasser le gaz de ces carbures, et on ne doit pas employer le fer si l’on veut obtenir de l’hydrogène pur.
123. Propriétés physiques. — L’hydrogène est un gaz incolore, inodore, insipide lorsqu’il est pur. C’est le plus léger de tous les corps connus, il pèse 14 fois l/2 moins que l’air. Sa densité estreprésentéeparle nombre 0,06926; 1 litre de ce gaz pèse donc 0,089; aussi peut-il servir à gonfler les ballons à l’aide desquels on s’élève dans l’air. Cette légè- ^ reté spécifique de l’hydrogène peut être mise en évidence par quelques expériences. l°On prend deux éprouvettes (fig. 34), on les place verticalement en mettant leur ouverture en bas. L’une d’elles contient de l’air; l’autre, plus petite, est remplie d’hydrogène; laissant la première immobile, on fait tourner l’autre, en tenant le bord de son orifice contre celui de l’éprouvette fixe, jusqu’à ce que les deux ouvertures soient au contact ; tout l'hydrogène passe alors dans l’éprouvette supérieure. En effet, une bougie allumée plongée dans cette éprouvette enflamme le gaz avec une légère détonation, tandis qu’elle continue à brûler dans l’éprouvette inférieure, qui ne contient plus que de l’air.
CHIMIE INORGANIQUE
2.° On adapte un tube de verre effilé à un tube en caoutchouc fixé à l’appareil continu. Onlaisse dégager lentement l’hydrogène puis, pressant le caoutchouc avec les doigts de façon à arrêter le dégagement gazeux, on plonge le tube effilé dans de l’eau de savon assez épaisse ; on retire le tube et il reste assez de liquide, pour que, laissant échapper un peu de gaz, on obtienne des bulles de savon gonflées avec de l’hydrogène ; elles s’élèvent rapidement dans l’air, où elles peuvent être enflammées à l’aide d’une bougie.
L’hydrogène est très peu soluble dans l’eau ; c’est de tous les gaz le
plus difficile à liquéfier. D’après les expériences récentes de M. Magnus, l’hydrogène est le seul gaz doué de conductibilité appréciable pour la chaleur ; à l’inverse des autres gaz, sa conductibilité augmente avec sa tension.
En détendant brusquement l’hydrogène comprimé à 280 atmosphères, dans son appareil, M. Cailietet a vu se produire suivant l’axe du tube un brouillard très fin, indice de la liquéfaction ou même de la solidification du gaz; le brouillard disparaissait très rapidement (30 décembre 1877).
Presque simultanément (9 janvier 1878), M. R. Pictet liquéfiait l’hydrogène en le comprimant à 650 atmosphères à la température de — 140 degrés1. En ouvrant le tube, le gaz s’est échappé, et solidifié par évaporation. « Au même moment on entendit sur le sol un crépitement semblable au bruit que fait de la grenaille qui tombe à terre. » Le jet avait une couleur bleu d’acier et était complètement opaque sur une longueur d’environ 12 centimètres.
124. Propriétés endosmotiques. — Graliam, étudiant le passage des gaz à travers des orifices étroits, pratiqués en mince paroi, et sous pres^ sion constante, a formulé la loi suivante :
Les vitesses de passage, c’est-à-dire les volumes de gaz qui s’écoulent
1 M. R. Pictet préparait de l’hydrogène sec et pur en décomposant par la chaleur* dn vase clos, du formiate de potasse par la potasse caustique
K0,C2H0s + KO, HO = 2K0,C204 + 2H.