‹ Eléments de chimie (volume 2)Chapitre 65 sur 379 · LIV. I, C1IAP. III, EAU · texte numérisé non relu

LIV. I, C1IAP. III, EAU

la cornue au commencement et à la fin de l’expérience, la différence du poids, diminuée du poids de l’eau condensée dans le serpentin, donnera la quantité d’eau décomposée. En retranchant de cette dernière le poids de l’hydrogène recueilli, on aura le poids de l’oxygène qui était combiné avec cet hydrogène.

137. Expérience synthétique de Lavoisier et Meusnier. — Lavoisier et Meusnier tentèrent de lever tous les doutes qui restaient encore dans l’esprit des chimistes, en formant de l’eau avec de l’hydrogène et de l’oxygène, et en montrant que son poids est égal à la somme des poids de ces éléments. Sans donner ici la description de l’appareil assez compliqué qu’ils employèrent et qui n’a plus aujourd’hui qu’un intérêt historique, nous dirons seulement qu’ils faisaient arriver de l’hydrogène et de l’oxygène dans un grand ballon de verre, au moyen d’appareils qui permettaient d’en régler l’écoulement ; le ballon étant préalablement rempli d’oxygène, l’hydrogène était enflammé à la sortie même du tube qui l’amenait dans le ballon au moyen d’un excitateur électrique donnant une étincelle à volonté- Pendant la combustion, l’eau ruissela continuellement sur les parois du ballon et vint se condenser au fond. Ils obtinrent ainsi 160 grammes d’eau environ. Cette expérience fut répétée par Eourcroy, Vauquelin et Séguin, et leur permit d’obtenir jusqu’à 400 grammes d’eau pure. Tous constatèrent que le volume de l’hydrogène employé était sensiblement double de celui de l’oxygène1, et que le poids de l’eau était égal à la somme des poids des gaz employés.

138. Résultats — Mais ces expériences ne conduisirent pas toutefois

celui qui résulte de la combustion du fer dans l’oxygène (68). L’eau est donc nécessairement formée de ce gaz, fixé par le fer, et d’hydrogène qui se dégage.

1 La conclusion de ces diverses expériences fut que l’eau contenait de 192 à 205 d’hydrogène pour 100 d’oxygène. « Malgré l’approximation de ce résultat, la pensée d’admettre un rapport simple ne se présenta pas à l’esprit de ces chimistes.

« Enfin, en 1805, de Humboldt, voulant rectifier quelques erreurs qu’il craignait « d’avoir commises dans ses précédentes recherches d’eudiométrie, exécuta avec Gay- « Lussac leur travail si connu sur l’analyse de l’air ; la détermination du rapport exact « des éléments de l’eau dont la connaissance était indispensable pour leurs recherches « eudiométriques, les occupa d’abord. Ils constatèrent que 100 volumes d’oxygène en « exigeaient exactement 200 d’hydrogène pour leur conversion en eau... Ce n’est que « trois années plus tard cependant, et après que Dalton, dans l’intervalle, eut publié « son Nouveau système, que Gay-Lussac étendit à tous les gaz l’observation faite « d’abord sur l’oxygène. Il établit alors la composition exacte des sels ammoniacaux, « des oxydes d’azote, de l’ammoniaque, des acides du soufre, de l’acide carbonique et « de l’oxyde de carbone. »

Dumas, Leçons sur la philosophie chimique , p. 250;

CHIMIE INORGANIQUE

à la composition exacte de l’eau en poids. 11 était difficile de mesurer très exactement le volume des gaz employés, de plus, on ne savait pas les dessécher à celte époque ; or, l’hydrogène humide a une densité . bien plus considérable que lorsqu’il est sec; l’oxygène humide a, au contraire, une densité plus faible; par conséquent, le poids de l’hydrogène calculé était beaucoup trop fort et celui de l’oxygène était un peu trop faible. 11 ne faut donc pas s’étonner que ces expériences aient conduit à admettre que l’eau était formée en poids de 6 parties d’oxygène pour 1 d’hydrogène. Il n’en est pas de même de la composition en volumes, car, si on suppose les deux gaz également humides à la même température, le rapport de leurs volumes est le même que lorsqu’ils sont secs.

139, Analyse de l’eau par la pile. — En 1800, Carlysle et Nicholson décomposèrent l’eau sous l’influence du courant voltaïque, et lui trouvèrent la composition en volumes qui lui avait été précédemment assignée. Pour faire l’expérience, on se sert (/ icj . 47) d’un verre dont le

contenu dans l’éprouvette qui entoure le pôle positif.

Le gaz le plus abondant est de l’hydrogène : on le reconnaît à sa combustibilité; l’autre est de l’oxygène : il rallume, en effet, les corps qui ne présentent plus que quelques points en ignition.

140. Analyse eudiométritiiic. — Gay-Lussac et de Humboldt déterminèrent exactement la composition de l’eau en volumes par la méthode eudiométrique dont nous avons déjà parlé à propos de l’analyse de l’air. On peut répéter leur expérience au moyen de l’eudiomètre de Gay-Lussac (107), il suffit d’y introduire 1 volume d’oxygène et 2 volumes d’hydrogène au moyen de la jauge et de faire passer l’étincelle

fond, recouvert d’une matière isolante, est traversé par deux lames de platine. On remplit le verre d’eau légèrement acidulée, afin de la rendre plus conductrice, et l’on recouvre les lames de deux éprouvettes graduées. Si l’on met les fils de platine qui terminent les lames en communication avec les pôles d’une pile, on voit alors des bulles de gaz se dégager autour de chacune d’elles et gagner le haut des éprouvettes. Celle qui est audessus du pôle négatif contient un volume de gaz double du volume du gaz

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